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Le gouvernement dévoile son plan national pour la gestion des seniors dépendants à Monaco

Mis à jour le 20/06/2019 à 08:24 Publié le 20/06/2019 à 08:24
La prise en charge du vieillissement est une urgence à Monaco face à une population de plus en plus vieillissante en Principauté

La prise en charge du vieillissement est une urgence à Monaco face à une population de plus en plus vieillissante en Principauté Photo Franck Fernandes

Le gouvernement dévoile son plan national pour la gestion des seniors dépendants à Monaco

Le conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la santé a dévoilé, lundi, le plan national d’accompagnement du vieillissement et de la prise en charge de la dépendance.

À Monaco, c’est un fait, la population est vieillissante. Selon l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques, plus de 27,5% de la population monégasque a plus de 65 ans.

C’est deux fois plus qu’en France. À ce constat sont venues se greffer des projections chiffrées* sur au moins deux décennies: le nombre de dépendants à domicile va considérablement augmenter, à l’instar du degré de dépendance.

"Il faut prévoir et accompagner la mise en place de solutions ambitieuses et adaptées, explique Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé. Notre Département a conduit une réflexion sur les politiques publiques à mettre en œuvre dans le domaine de l’accompagnement du vieillissement et la prise en charge de la dépendance."

Lundi, lors d’une conférence de presse au Ministère d’État, le conseiller-ministre a dévoilé son plan national. Comme ce fut le cas pour celui du logement, il s’agit là d’un plan d’actions, pour certaines déjà mises en œuvres dans le cadre du maintien à domicile.

Le tout en s’appuyant, à court terme, sur la santé connectée. A ensuite été abordée la dépendance en établissement – l’âge moyen d’entrée est de 87 ans en Principauté.

L’explosion du nombre de bénéficiaire dans les décennies à venir a amené le gouvernement à dénicher urgemment des solutions: cela passe par le foncier et la construction de nouvelles structures.

Mais aussi par une annonce fracassante: pour bénéficier d’une prise en charge dans un établissement public monégasque, il faudra avoir passé 30 ans de sa vie enPrincipauté.

Et non plus 5 ans, comme avant…

*Grâce à une étude actualisée de 2011, corroborée par l’Imsee.


Améliorer le service des sociétés privées d’aide à domicile: une priorité

À Monaco, 27,5 % de la population a plus de 65 ans.C’est deux fois plus qu’enFrance.
À Monaco, 27,5 % de la population a plus de 65 ans.C’est deux fois plus qu’enFrance. Photo archives Nice-Matin

"Aujourd’hui, 600 personnes sont maintenues à domicile. Le ressenti est positif car elles évoluent dans leur environnement, avec leur mobilier, leurs voisins.Cela participe à la sociabilisation et évite la rupture. Cela permet aussi de reculer de dix années l’accueil en institution et d’éviter de peser sur la filière gériatrique", explique Didier Gamerdinger.

Problème, ce chiffre a vocation à enfler au regard du vieillissement de la population monégasque, tout comme le degré de dépendance. Et, de fait, le coût de cette dépendance pour l’État. Si la mairie a été saluée pour son travail sur le volet social, le gouvernement a travaillé avec les sociétés privées de maintien à domicile dans l’optique d’améliorer la qualité du service.

Voilà ce qu’il faut en retenir.

Une convention signée avec les prestataires privés
"Une convention a été signée entre les sociétés, leur syndicat et le gouvernement dans laquelle elles s’engagent à avoir un personnel mieux formé et une référence téléphonique 24h sur 24h, ainsi qu’un cadre de santé dans chaque société", commente Didier Gamerdinger. Pour cela, l’IFSI a dispensé des cours au personnel concerné. De plus, des personnes en recherche d’emploi ont bénéficié de formations, payées par le service monégasque de l’emploi, pour acquérir le savoir-faire nécessaire et être placé auprès des sociétés prestataires.

Un agrément pour pouvoir exercer
Désormais, ordonnance souveraine oblige, les sociétés souhaitant exercer dans le domaine du maintien à domicile devront décrocher un agrément. Un dossier lourd récemment déposé par six sociétés avec un certain nombre d’impératifs et de critères à respecter: des diplômes, une expérience de trois ans, le casier judiciaire du personnel… "Si elles ne jouent pas le jeu ou ne respectent pas la réglementation, l’agrément est retiré", prévient Didier Gamerdinger.

La dénonciation de faits
En parallèle, une procédure de signalement d’événements indésirables a été mise en œuvre par la Direction de l’Action sanitaire. "Jusqu’alors, la personne s’adressait à la société qui délivrait la prestation.L’idée était donc de proposer une démarche objective et impartiale, portée par une autre entité", souligne Didier Gamerdinger.

La justice a été associée à cette démarche.Car si des faits comme un repas froid ou un ménage mal fait peuvent paraître anodins, d’autres sont clairement des infractions pénales: le vol, la surfacturation, la maltraitance, qu’elle soit psychologique ou physique. "Les pensionnaires et leurs familles étaient désorientés et ne savaient pas à qui s’adresser, complète Alexandre Bordero, directeur de l’Action sanitaire (Dasa). Ils peuvent désormais appeler un numéro en cas d’événements indésirables.C’est répertorié auCentre de coordination gérontologique de Monaco puis signalé à la Dasa.Un médecin inspecteur de la santé publique peut intervenir."

Un meilleur lien entre la ville et l’hôpital.
Par ailleurs, un groupe de réflexion a récemment été constitué avec l’ensemble des professionnels concernés pour améliorer le lien entre la ville et l’hôpital.Objectif ? Éviter les réhospitalisations successives qui conduisent à une perte d’autonomie. "Parmi les axes d’amélioration, il y a notamment le développement de l’équipe mobile de gériatrie du Centre Rainier-III, l’amélioration dans le dépistage des patients à risque de réhospitalisation, liste le professeur AlainPesce, chef du département de gérontologie clinique au centre Rainier-III. Il faut aussi affiner l’évaluation médico-sociale.On s’est rendu compte que, parfois, ces réhospitalisations n’étaient pas liées à un problème d’ordre médical.La personne revient parce que l’organisation du maintien à domicile n’était pas au niveau espéré, tant sur la qualité que sur la réactivité. Enfin, il faut respecter les règles de transmission des informations au médecin traitant et l’impliquer dans cette problématique du retour à domicile."

La prestation autonomie relevée
Pour les personnes vivant à domicile, la prestation autonomie est affectée mensuellement au règlement des prestataires, notamment pour financer les auxiliaires de vie et les aides ménagères. Les taux horaires plafond des auxiliaires de vie n’avaient jamais été revalorisés depuis 2007, date de la création de la prestation. En 2017, le constat a été fait que celui-ci, fixé à 22 euros, ne permettait plus aux sociétés prestataires de services de rémunérer correctement l’ancienneté et l’expérience d’un personnel qualifié.
Ces prestations ont donc été réévaluées à deux reprises, le 1er mai 2017, d’abord, puis en novembre 2018. Passant, donc, de 22 à 24 euros.


Pour être accueilli en Ehpad, il faudra désormais avoir résidé 30 ans à Monaco

L’âge moyen de l’accueil en institution en Principauté est de 87 ans.
L’âge moyen de l’accueil en institution en Principauté est de 87 ans. Photo Stéphane Danna/DirCom

Une fois l’épisode du maintien à domicile révolu, la logique veut que la personne dépendante "bascule" en institution. "L’âge moyen de cet accueil se fait à 87 ans", note Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé.

À l’heure actuelle, entre l’A Qietüdine, le Cap Fleuri et le centre Rainier-III, la Principauté a une capacité d’accueil de 368 places. Or, les projections chiffrées laissent entendre que, comme pour le maintien à domicile, leur nombre ainsi que le degré de dépendance tendent à augmenter.

En 2030, c’est 611 pensionnaires, puis 852 en 2040 qu’il faudra accueillir. "Il faut reconnaître qu’on est dans une situation difficile.Nous sommes au creux de notre capacité d’accueil", reconnaît Didier Gamerdinger. Qu’a donc prévu le gouvernement pour pallier cette carence?

150 places de plus à l’horizon 2025
Avec la démolition reconstruction des résidences du Cap Fleuri, 1 et 2, et la réorganisation interne de la FondationHector-Otto – laquelle a réorienté sa mission sociale vers les personnes âgées plus dépendantes – ce devrait être 150 places supplémentaires gagnées à l’horizon 2025. "Si on croise les chiffres par rapport à nos besoins, on aura la capacité d’y répondre", affirme le conseiller de gouvernement.Quid de la suite ?

Une nouvelle implantation d’Ehpad
"Il nous faudra un bâtiment supplémentaire de 120 places à l’horizon 2025-2026, puis, plus tard, deux autres bâtiments avec la même capacité", annonce Didier Gamerdinger. Problème, et ce n’est un secret pour personne, le foncier s’avère rarissime en Principauté. Toutefois, un terrain – dont 90% de l’assiette foncière appartient à l’État – a été ciblé par le gouvernement pour le premier Ehpad à construire.Dans le quartier de Monte-Carlo, à proximité du boulevard du Larvotto. On n’en saura guère plus sur l’emplacement exact, le gouvernement ne souhaitant pas faire capoter les négociations autour des 10% restants à acquérir.
Pour les deux autres, "il y a plusieurs pistes : d’abord, continuer à chercher en ville car c’est intéressant que les structures d’accueil se situent dans les quartiers.Sinon, il y a une possibilité, quand le nouvel hôpital sera livré, d’utiliser la réserve foncière de l’actuel."

L’antériorité de résidence revue à la hausse
Avant, pour être admis en structure d’hébergement collectif à Monaco, il fallait avoir au moins cinq ans de résidence en Principauté.

"La question qu’on s’est posée, et elle peut faire débat, c’est: devons-nous avoir le même devoir de solidarité pour les personnes qui arrivent plus tard à Monaco et qui ont passé la majeure partie, voire l’exclusivité, de leur existence ailleurs ?", questionne Didier Gamerdinger, faisant allusion aux retraités venus chercher la tranquillité à Monaco et les résidents étrangers de 30 ou 40 ans qui font venir leurs ascendants.

Eh bien, la réponse du gouvernement, soutenue par le Conseil national, est "non". Le curseur a été considérablement augmenté : la règle désormais applicable sera de 30 ans.

"Toutefois, nous ne sommes pas des sans-cœur.Pour ces personnes âgées ayant résidé moins de 30 ans à Monaco, on ne les laissera pas sans solutions.Nous avons et allons développer des conventions avec des structures françaises, proches de Monaco", explique-t-il.

Ces personnes-là, en s’établissant hors des frontières de la Principauté, perdront, de fait, la résidence monégasque.


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