Rubriques




Se connecter à

Le colonel Luc Fringant a "eu la chance d'établir un rapport de confiance" avec le prince Albert II

Le commandant supérieur de la Force publique quitte ses fonctions après trois décennies au service de la famille princière et avec une valise pleine de souvenirs dans les coulisses du pouvoir. Il raconte...

CEDRIC VERANY Publié le 14/09/2018 à 16:30, mis à jour le 14/09/2018 à 15:43
LE COLONEL LUC FRINGANT COMMANDANT DE LA FORCE PUBLIQUE MONEGASQUE A PREPARE LE BAPTEME DES JUMEAUX PRINCIERSLe commandant supérieur de la Force publique quitte ses fonctions après trois décennies au service de la famille princière et avec une valise pleine de souvenirs dans les coulisses du pouvoir Photo Frédéric NEBINGER/Palais princier

Sa première mission pour la famille princière

"J’ai fait une sorte de stage probatoire en septembre 1987. Je m’en souviens très bien car c’est la date de naissance de Pierre Casiraghi, pour lequel j’ai, depuis, une affection particulière. J’ai accompagné au CHPG le prince Rainier et le prince Albert pour la présentation du nouveau-né aux photographes. Et je me suis retrouvé dans un tout petit ascenseur avec la princesse Caroline qui avait son enfant dans les bras, Stefano Casiraghi, le prince Rainier et le prince Albert. Je me demandais si je n’hallucinais pas. Par la suite, j’ai pris mes fonctions en janvier 1988, selon la volonté du prince Rainier qui m’avait choisi sur dossier, au départ."

Ses fonctions auprès du prince héréditaire comme aide de camp de 1988 à 1992

"Au cours de ces années, j’ai organisé les emplois du temps du souverain. Mais le plus important n’était pas la logistique. Le prince Rainier m’avait demandé de donner du sens à tout ce que faisait le prince Albert. À l’époque, l’axe principal de sa vie se situait autour du bobsleigh, l’entraînement physique, l’organisation des voyages, les compétitions. Nous allions partout où il y avait des pistes. Mais le prince héréditaire représentait également son père dans des grandes cérémonies. C’est à cette époque que j’ai fait la connaissance de toutes les têtes couronnées du monde entier. Je dois dire que j’ai été souvent impressionné par la simplicité de ces gens-là. Une anecdote? Lors de ma première visite à la Zarzuela, le roi Juan Carlos s’est adressé à moi en français, pour m’inviter à rejoindre sa table lors du déjeuner officiel. Ce sont des gestes que l’on n’oublie pas."

sa relation avec le prince Albert-II

"Tout le secret est de trouver le bon équilibre. Il n’y a pas de règle. Il faut ressentir à chaque circonstance officielle ou non officielle, s’il faut être là ou se faire discret. J’ai eu la chance d’établir, avec le prince, ce rapport de confiance qui va au-delà encore car on entre dans l’intimité des personnages."

 
En 1988, détaché de l’Armée française, Luc Fringant prête serment et entre au service des princes de Monaco. Photo Gaetan Luci/ Archives Palais de Monaco.

Son souvenir le plus marquant auprès des princes


"Il y en a beaucoup: la rencontre du pape Jean Paul II, la participation à une séance de l’Académie française. Mais aussi une anecdote à Paris au début des années 2000. Le prince Rainier III était reçu à l’Élysée. Je patientais à la sortie du bureau du président Chirac. Le Prince et le Président arrivent, ce dernier le raccompagne jusque sur le perron de l’Élysée. Le prince Rainier se tourne alors vers moi et dit: "Dites au président ce que vous pensez de la suppression du service militaire." J’ai été surpris mais j’ai réussi à dire à Jacques Chirac qu’il n’aurait pas dû supprimer le service militaire, qui était, à mon sens, une des meilleures manières de réduire la fracture sociale. Et j’en parlais en connaissance de cause pour avoir formé des générations d’appelés. Après cet épisode, le prince Rainier, dans la voiture, a admis qu’il m’avait surpris en me posant cette question devant le président, mais que j’avais bien répondu."

Sa naturalisation monégasque en 2014

"Aucun militaire n’avait été naturalisé avant moi. Au cours d’une conversation avec le souverain à Roc Agel, au moment de mon soixantième anniversaire, nous évoquions mon avenir et le prince m’a dit très simplement, de manière inattendue, que si je le souhaitais, je pouvais aspirer à devenir monégasque. Même dans mes rêves les plus fous je n’avais pas imaginé ça. Le passeport ne renforce pas mon attachement déjà vif pour ce pays mais mon rapport avec la Principauté est devenu encore plus concret. J’ai pris cela comme une belle décoration et j’ai compris que le prince avait apprécié mon investissement au cours de toutes ces années."

 

Offre numérique MM+

...

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.