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Le chantier de l'hôpital devient galerie d'art

Mis à jour le 26/07/2017 à 05:30 Publié le 26/07/2017 à 05:30
Benoîte de Sevelinges est intarissable sur l'histoire du CHPG.

Benoîte de Sevelinges est intarissable sur l'histoire du CHPG. Jean-François Ottonello

Le chantier de l'hôpital devient galerie d'art

Engagé dans des travaux pour encore de nombreuses années, le CHPG a inauguré, lundi, deux installations artistiques destinées à camoufler l'inesthétisme des opérations en cours

Quiconque accède à la Principauté depuis l'ouest a eu l'occasion de le constater : le chantier du nouvel hôpital avance et se déploie.

Et autant se le dire franchement : un chantier, aussi intéressant que ça puisse être à regarder, ce n'est pas vraiment agréable à voir.

Pour cela, le Centre hospitalier Princesse-Grace a eu l'idée de mettre en place une exposition sur les palissades qui cachent le désordre. Lundi matin, en présence de Marie-Pierre Gramaglia, conseiller de gouvernement ministre de l'Équipement, de l'Environnement et de l'Urbanisme, et de Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement ministre des Affaires sociales et de la Santé, Benoîte de Sevelinges, la directrice adjointe du CHPG organisait une visite guidée.

Mémoire du lieu

Sur les panneaux d'un bleu intense se détachent des photos de ce qu'était l'hôpital depuis ses débuts. Une sorte de rétrospective : « L'idée de cette exposition c'est de faire le lien entre ce futur hôpital hypermoderne, les anciens habitants et surtout l'histoire de l'hôpital qui est sur le même site depuis son origine. Tout est une histoire de construction et de reconstruction », explique la directrice adjointe. Un processus très visible dans un livre, en vente à la boutique de l'hôpital, au profit des patients, et dont sont extraites ces photos.

Le choix de l'endroit est stratégique : « On voulait avoir un espace de respiration, de liberté à l'hôpital. Malgré le bruit, on veut montrer que l'endroit reste agréable. Cet endroit s'appelle la promenade, ce n'est pas par hasard. C'est là que les malades descendent prendre l'air », poursuit-elle.

Petites mains à l'honneur

Autre œuvre majeure : une grande mosaïque de portraits, comme celle qui habillait le chantier du Ni-Box, et qui cette fois recouvre la gaine d'ascenseur. Et pour la réaliser, c'est l'artiste local Anthony Alberti, alias M. OneTeas, qui a retroussé les manches : « C'est plus une aventure humaine que du street art. Comme sur le Ni-Box, ce projet institutionnel visait à mettre en lumière tous les acteurs qui tournent autour du CHPG : personnel médical, encadrant, riverains, et aussi les compagnons qui travaillent sur le chantier, car sans eux rien ne serait possible. Pour moi c'est important de les mettre en image » explique le « street-artiste ».

Une initiative qui a rencontré un succès inattendu : parti avec l'idée de 200 portraits, le voilà avec 586 clichés. « Au moment du montage final, on m'a suggéré de faire une sélection. Pour moi, c'était important de mettre chaque personne sur ce projet, car chacun compte. Il n'y en a pas un qui compte plus que l'autre » plaque-t-il.

Un signe fort pour Benoîte de Sevelinges : « L'idée d'Anthony Alberti a été très bien accueillie et est très bénéfique en interne. Le personnel subit les travaux depuis des années. C'est une grosse contrainte, mais ils adhèrent au projet pour lequel on les sollicite régulièrement. L'enthousiasme suscité montre leur attachement à la fois à l'hôpital actuel, et l'envie de voir le nouvel hôpital. »

Et ça tombe bien, puisque d'après Didier Gamerdinger, c'était aussi un peu l'idée derrière cet événement : « ça permet de montrer au personnel que la direction est à son écoute, et c'est une marque de reconnaissance de la part des institutions. Ça signifie aussi que tous ensemble, on est tournés vers les patients. »

M. OneTeas est connu pour sa pratique du « street art ». Faut-il voir là un geste de la Principauté envers cette forme d'art ? Possible, selon Marie-Pierre Gramaglia : « Cette exposition peut être les prémices. On essaie quand il y a un chantier un peu compliqué, comme ça avait déjà été le cas au Ni-Box, là aussi avec Anthony Alberti. Comme le chantier est parti pour durer huit ou dix ans, c'est bien de faire plusieurs respirations un peu artistiques. Et je pense qu'au niveau du gouvernement dans l'ensemble, on réfléchit au développement du street art. »

De son côté, Didier Gamerdinger renchérit : « Le street art trouve difficilement sa place car il y a peu de murs bruts. Il y a eu l'événement du port de Monaco (l'expo-vente UPAW, N.D.L.R.), mais c'était sur des toiles, et c'était préparé. C'est ce qu'il faut chercher à faire, je crois : dire aux artistes qu'ils peuvent venir et qu'on est prêt à les accueillir, mais ça suppose de préparer un support. C'est moins spontané, c'est vrai. Mais pour moi, l'art a sa place partout. Et c'est intéressant d'être en phase avec les formes les plus modernes, comme le street-art, sinon ça veut dire qu'on a 10 ans de retard. »

Et d'après M. OneTeas/Anthony Alberti, il y a ici un fort potentiel : « Je pense qu'aujourd'hui Monaco a le rayonnement nécessaire pour accueillir des artistes internationaux et leur proposer des habillages de façade et de futurs immeubles. Et surtout il y a pas mal de murs disponibles. » Banksy et JR peuvent préparer leur matériel !

M. OneTeas a insisté pour que chaque portrait apparaisse sur la gaine d'ascenseur, parce qu'aucune «personne ne compte plus qu'une autre.»
L'exposition est installée sur le lieu très justement baptisé « la Promenade ».

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