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Le Burundi, terrain de Jeux pour relancer la paix

Mis à jour le 11/08/2017 à 11:09 Publié le 11/08/2017 à 05:33
Le ballon constitué autour d'un préservatif et le classeur bientôt en version numérique.

Le ballon constitué autour d'un préservatif et le classeur bientôt en version numérique. Photo Michael Alesi

Le Burundi, terrain de Jeux pour relancer la paix

La fondation Peace and Sport organise la semaine prochaine la troisième édition des Jeux de l'amitié. Les jeunes, venus du Rwanda et du Congo, sont chapeautés par des stars du sport

Deux cents enfants d'origine burundaise, rwandaise et congolaise. Trois pays représentés, trois ambassadeurs du sport renommés. Un ancien champion de taekwondo, un athlète et un ex-joueur de rugby. Une compétition sportive organisée dans un pays en proie aux guerres civiles. L'édition 2 017 des Jeux de l'amitié organisée par l'organisation monégasque Peace and Sport a de quoi impressionner sur le papier. Neuf fédérations internationales, des diplomates et des représentants des autorités locales viennent parachever ce dispositif inédit.

Qui de mieux qu'un médaillé de bronze en saut en longueur aux championnats du monde handisport d'athlétisme de Londres, en juillet 2017, comme guide pour sublimer ce dispositif ? Le Franco-burundais Jean-Baptiste Alaize, régional de l'étape et victime du génocide en 1993, se distingue par sa rage de vivre.

Entrepreneur - il détient la société Fast Clean Luxury, spécialisé dans le lavage de voiture à domicile, l'athlète reçoit le soutien financier d'une filiale d'Aviva, notamment pour ses tenues d'entraînement.

Filet de pêche et bouts de bois

Après une longue période de convalescence, le natif du Burundi était impatient de revenir au "pays", après un premier retour en 2013. "Je me devais de revenir au Burundi avec une médaille autour du coup", prévient Jean-Baptiste Alaize. L'athlète quitte précipitamment le Burundi. La guerre civile éclate en octobre 1993. Il n'est alors âgé que deux ans et demi. Jean-Baptiste Alaize en garde des séquelles irréversibles. Orphelin de ses parents et amputé de la partie inférieure de la jambe gauche.

Vingt-quatre ans et deux participations aux Jeux paralympiques plus tard, le Drômois d'adoption consacre une partie de son temps libre aux événements organisés par Peace and Sport pour venir en aide aux enfants pauvres du monde entier à travers la promotion de l'activité sportive. La fondation joue le rôle d'intermédiaire entre les associations désireuses de proposer leurs services dans des zones de conflit ou de pauvreté et des enfants enthousiastes à l'idée de découvrir un moyen de s'échapper de leur quotidien moribond. L'association a, par exemple, mis au point un guide d'explication pour construire des équipements sportifs avec des objets trouvés sur place.

Planter deux bouts de bois et tendre un filet de pêche permet de se doter d'un terrain de volley-ball. Un préservatif gonflé et du tissu en guise de ballon parachèvent ce système D expliqué dans le classeur - bientôt en version numérique - dédié aux pratiques adaptés. Les réfugiés présents sur place et partants pour devenir des éducateurs locaux sont formés aux rudiments du coaching. Le même procédé sera appliqué au Burundi, où 64,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon les dernières données recueillies par les Nations Unies.

"La simplification de la fabrication des équipements sportifs est la clé de la réussite", explique Iris Vlachoutsicos, directrice des Relations internationales et des projets opérationnels pour Peace and Sport. La France n'échappe pas à l'intérêt de l'association qui s'efforce de réaliser des ateliers sportifs pour les jeunes en marge de la société, « afin de leur permettre de se réintégrer », ajoute l'ancienne championne d'escrime.

Hutu, avec Tutsi

"Ces jeunes vont démontrer à travers la pratique sportive que la vie en communauté est possible et dépasse les clivages entre nos ethnies - Hutu et Tutsi - issus des conflits débutés au début des années 1990", s'enthousiasme Jean-Baptiste Alaize, Tutsi, qui a comme petit frère adoptif… un Hutu.

"Mes parents adoptifs ont adopté un Rwandais et avaient un peu peur au début qu'on ne s'entende pas, évoque le sprinteur. Nous sommes définitivement très proches".

élevé à Montélimar à partir de 1998, date à laquelle un appareillage lui est posé, Jean-Baptiste a amélioré d'un centimètre son record personnel de saut en longueur à l'occasion des Mondiaux londoniens.

Un exploit supplémentaire qui pourrait montrer la voie à suivre aux enfants rwandais, congolais et burundais pour ouvrir définitivement les portes à un régime positif : la paix, à l'aise.


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