Rubriques




Se connecter à

Lancés dans le grand bain de la Palermo-Monte-Carlo

Dix jeunes du Yacht-club de Monaco et de la Circolo della Vela Sicilia ont participé à la régate entre Palerme et Monaco (500 miles), terminant 18e sur 53 parmi des marins plus expérimentés

Thibaut Parat Publié le 26/08/2018 à 05:02, mis à jour le 26/08/2018 à 05:02
Les dix jeunes du Freedom accompagnés de leurs mentors durant la course.
Les dix jeunes du Freedom accompagnés de leurs mentors durant la course. J-S.G-A.

Au compte-gouttes, les voiliers monocoques débarquent dans le port Hercule. Se glissant parmi ceux déjà arrivés. Ici et là, on range les voiles. On remballe les cordages mis sens dessus dessous. Les équipages profitent d'un brin de répit après deux jours - plus de quatre pour les derniers - de régate en partance du golfe de Mondello à Palerme (1).

Sur le quai, face au navire amiral du Yacht-club, des marins expérimentés tchatchent dans toutes les langues. Et, plus étonnant, on aperçoit des mines juvéniles. Sur le bateau Freedom, petit bébé de 50 pieds de l'armateur italien Roberto Pucitta, dix jeunes de 14 à 22 ans. La moitié sous la bannière du Yacht-club. La seconde sous l'étendard de la Circolo della Vela Sicilia, organisateur de la Palermo-Monte-Carlo (2). Une première au grand large pour certains, davantage rodés au maniement du dériveur.

Deux univers aux antipodes. « On leur a appris que leur priorité, c'était le bateau et la performance. Pas leur confort. Que ce n'était pas d'aller manger ou dormir qui était primordial, mais de faire tourner leur bateau », explique Thierry Leret, membre du Yacht-club et coach durant la course.

 

« Un respect mutuel »

De ce côté-là, la leçon était déjà bien ancrée dans les esprits. Comment papillonner sur un bateau de course quand on prend le départ sur la même ligne qu'un Brad Butterworth, quadruple vainqueur de l'America's Cup ? Mais, forcément, ne jouant pas dans la même cour que cette légende du milieu, la jeune génération ne verra que l'arrière du monocoque du skipper néozélandais.

Lequel, à la barre de Rambler 88, finira premier de la régate (55 h, 34 min et 30 secondes en temps réel, arrivée jeudi soir). « L'éducation à la mer est complètement différente entre la régate au large et le dériveur. On ne joue pas avec les éléments, c'est un respect mutuel », tient à préciser Roberto Pucitta.

« L'école de la vie »

Ces dix jeunes l'auront appris quand, pointant à la 15e place à la « porte » de Porto Cervo en Sardaigne, deux mauvaises manœuvres leur font perdre de précieuses places en longeant la Corse. « Une première fois, on s'est un peu trop précipité. La seconde fois, la voile s'est emmêlée », se remémore Thierry Leret. Une erreur de jeunesse dira-t-on.

Pas de quoi noyer un résultat final plus que prometteur. Une honorable 18e place sur 53 équipages (80h, 20 min et 11 sec). Et de l'expérience au large engrangée. 500 miles dans la besace pour être exact. « Comme école de la vie, il n'y a rien de mieux que l'école du large », philosophe le coach.

 

Les jeunes confirment. « Il a fallu gérer le sommeil, faire face aux éléments parfois de nuit. Et là, il faut savoir régler la voile, sourit Nicolas Bouchet, 21 printemps. À 13 compétiteurs sur un bateau, on avait tendance à vouloir tout faire et se marcher dessus au début de la course. Puis, lorsque les quarts se sont mis en place, chacun savait ce qu'il avait à faire. » Avec la langue de Dante et de Molière pour causer technique et stratégie. Visiblement pas un frein aux bons résultats.

Offre numérique MM+

...

commentaires

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.