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Labeur du passé d'un paysan mentonnais

Mis à jour le 02/06/2018 à 05:01 Publié le 02/06/2018 à 05:01
Un paysan mentonnais. 	(DR)

Labeur du passé d'un paysan mentonnais

Retrouvez comme chaque samedi, la rubrique d'art et d'histoire du pays Mentonnais

L'aube pointe à peine sur le cap de la Mortola, de la fenêtre de son logement, sous le toit d'une maison-mirador de la traverse du Vieux-Château, il regarde la magie, toujours émouvante, de la naissance d'un jour nouveau dans le rougeoiement du levant.

Il a revêtu son robuste pantalon de futaine et la chemise de coton à rayures, tenus à la taille par la large ceinture de flanelle, qui maintiendra une chaleur salutaire de la région rénale sollicitée par les efforts à venir. Sur la table qu'éclaire la flamme dansante d'une lampe romaine, Angelì a préparé sa collation matinale, une assiette de soupe épaisse, dans laquelle il ajoutera du pain pour la rendre plus consistante encore, un verre de vin promptement avalé, et il part.

Son vieux bonnet noir vissé sur la tête, en travers de la poitrine la sangle de sa musette garnie par son épouse du repas de midi, une large tranche de pain, un peu de fromage et du vin clair de marunvern(1) l'eau est sur place, elle jaillit d'une source fraîche.

Ses pas, rythmés par le son des semelles cloutées de ses chaussures mi-hautes qui frappent le sol, résonnent dans la rue du Vieux-Château qu'il remonte d'une démarche lente mais régulière, par le sentier de la Colle inférieure il rejoint le Val de Menton où l'attend son labeur.

Antò est un paysan journalier, son outil il le porte pendu sur son épaule droite, une bêche tri-dents, qui pénètre profond dans la terre, la retourne, l'aère. Il loue sa force de travail à qui le demande, pour labourer quelques ares, des potagers, ainsi gagne-t-il son pain, en plus des soins apportés à son propre lopin de terre, qui lui fournit des légumes et des fruits. Ainsi va sa vie pour faire vivre sa famille.

Le soleil déjà décline, il se cachera bientôt derrière nos collines, ce jour-là, Antò ne rejoint pas la demeure selon l'heure habituelle, Angelì s'en étonne, s'inquiète même, il n'est pas homme à traîner en cantine en bavardages et libations. La nuit ! Angelì n'y tient plus, elle sait où son époux avait ce jour sa tâche, alors elle part d'un pas rapide, sous la lueur lunaire qui éclaire un peu le chemin. Elle trouvera Antò, couché sur sa bêche plantée dans la terre…. Mort ! C'était le 12 prairial 1806. Il avait 46 ans.


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