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La vie en rose des Barelier

Mis à jour le 05/09/2018 à 05:04 Publié le 05/09/2018 à 05:04

La vie en rose des Barelier

Réputé à l'international sous l'enseigne « Roni Fleurs », l'horticulteur vient de concrétiser son rêve d'ouvrir une boutique en Principauté. Il voit maintenant les choses en grand pour ses quatre enfants

Un parfum de fraîcheur et une touche de couleurs enrobent le bas de la rue Princesse-Caroline depuis l'ouverture, au cœur de l'été, d'une enseigne « Roni Fleurs ». La première en Principauté et la sixième pour la dynastie Barelier, apôtre de l'art floral dans les Alpes-Maritimes depuis 1887.

Derrière la porte ce matin d'été, Robert Barelier. Un jeune homme de 78 ans au sourire avenant, coiffé d'un grand chapeau bleu et relevé d'une chemisette à fleurs. Autour de lui, des plantes épanouies, nourries du timbre apaisant de Norah Jones et bercées par les contes du volubile fleuriste. « Une composition ne doit pas être monotone. été comme automne, elle doit donner de la vie. Quand vous rentrez dans un appartement et que vous la regardez, vous devez vous sentir bien et protégé. Une maison sans fleurs, c'est une prison sans cœur. »

« J'ai les coudes qui touchent par terre »

Au milieu de quelques spécimens fraîchement transportés de ses ateliers d'Antibes Juan-les-Pins, Robert Barelier évoque les bienfaits de sa terre nourricière. « Quand on a un beau terrain, on a de bons reins ! Aujourd'hui, on dirait que c'est une corvée de se plier mais, moi, j'ai les coudes qui touchent par terre. »

Sportif accompli et nageur éperdu de la Méditerranée, Robert est allergique à la « gonflette ». Celle qui brise les corps et leur souplesse. Celle du poignet qui, combinée à un œil avisé, a fait de lui un artiste capable de miracles au débotté : « Je n'ai jamais mesuré une tige, je la coupe au millimètre sans la regarder ». Des qualités aff-(innées) en s'égratignant dans les rosiers en culottes courtes. « À 10 ans, j'arrivais chez moi, je posais mon cartable, et je ramassais 3 000 roses. »

Un sacré personnage que les Monégasques ont découvert dans leur petit écran au début des années 80. « J'ai été pratiquement le premier à composer devant les clients, sur une table extérieure, devant mon magasin de l'avenue Maréchal-Juin à Cagnes. » La légende voulant que cette originalité ne soit pas passée inaperçue sur le Rocher.

Résultat : Télé Monte-Carlo pose ses caméras à Cagnes en 1982. Une émission qui fera l'objet d'une rediffusion et dans laquelle Robert Barelier annonce l'ouverture prochaine d'une échoppe à Juan-les-Pins. Là où, chemin des Nielles, tout débuta un siècle plus tôt.

Charpentier de marine né en Grèce d'un père français, Constantin « Pépé » Barelier y est le pionnier de la dynastie.

« Barelier, t'as des mains en or ! »

« La France l'a appelé au service militaire à Marseille et son commandant lui a dit : "Barelier, t'as des mains d'or ! Tu vas rester chez moi, au Cap d'Antibes. J'ai acheté une propriété et tu vas faire des châssis en bois pour les roses." »

Sacré Meilleur ouvrier de France en 1887, Constantin deviendra une figure locale, notamment dans l'orthodoxie grecque, pour ses valeurs de partage et de générosité.

Son fils Joseph prendra le relais, transmettant le flambeau à Robert. « À cette époque, l'horticulture ne rapportait pas assez donc j'étais aussi caddie au golf de Biot », rembobine celui qui créera « Roni Fleurs », comme la contraction de Robert et Nicole, son épouse et mère de ses quatre enfants (lire ci-dessous).

Robert rajoute ensuite quelques lettres de noblesse à l'enseigne familiale. En 1981, il est primé au premier Concours international de roses de Monaco, organisé par la princesse Grace (lire ci-dessous). Une amoureuse des fleurs - comme la princesse Caroline - et compositrice de ses propres bouquets, pour laquelle il confectionne un hommage unique à l'annonce de sa disparition. « J'ai envoyé une raquette avec 720 roses Omega de plein air (...). Le prince m'a écrit une lettre de remerciement. »

Plus récemment, « Roni Fleurs » a reçu les félicitations de différentes Miss France : Sonia Roland, Mareva Galanter et Elodie Gossuin lors de son sacre monégasque en 2001. « Ce sont les plus beaux bouquets qu'on n'ait jamais reçus », aurait dit Mme de Fontenay.

Autre fierté, conservée sous cadre, une lettre du « Baron rouge », Michael Schumacher, alors résident de La Colle-sur-Loup et client.

« À Monaco, on m'a mis ça dans la tête… »

L'empire Barelier s'étend mais, au contraire de ses bouquets, s'arrête à la frontière. « On m'a toujours dit que je ne pourrai pas m'installer à Monaco car il fallait être Monégasque. On m'a mis ça dans la tête… » Difficile d'être prophète en dehors de son pays ?

Tel est le cas à Nice, en tout cas. « On nous interdit de faire des chars pour le Carnaval [priorité aux Niçois, NDLR]. Ce n'est pas grave mais ça ne passe pas quand on dit que seuls les fleuristes de Nice ont donné des fleurs après les attentats… ». Bref, « si tu fais des histoires, tu n'as que des déboires », coupe Robert.

En revanche, sur son idée de cérémonial, en amont des matchs internationaux de hand et de basket à Antibes, où des enfants apportent des fleurs aux sportifs, Robert est intarissable. « Prends des fleurs à la main, tu retrouveras ton chemin. Et un enfant te dirigera », avance le philosophe, qui aimerait « que Monaco donne l'exemple un jour. J'offrirai un bouquet rouge et blanc au capitaine, pas seulement en mémoire de la princesse Grace, mais aussi pour le respect de la fleur ».


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