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La postière s'affranchissait des tarifs du courrier

À Fontvieille, cette employée fraudait l'administration en ne collant pas la bonne valeur faciale du timbre sur les lettres. Elle a détourné quelque 5 500 euros entre 2013 et 2016

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 22/11/2016 à 05:13, mis à jour le 22/11/2016 à 05:13
La prévenue a été condamnée à deux mois de prison avec sursis et à une amende de mille euros.	
	(Archives Nice-Matin)
La prévenue a été condamnée à deux mois de prison avec sursis et à une amende de mille euros. (Archives Nice-Matin)

La postière de Fontvieille avait trouvé un artifice assez sommaire pour arrondir ses fins de mois. Elle fraudait l'administration postale par le biais de l'affranchissement du courrier. En clair, l'employée indiquait la bonne tarification au client pour faire parvenir sa lettre au destinataire. Mais la fonctionnaire ne collait pas la valeur faciale correspondante en timbre sur la lettre. Quelque 5 500 euros ont été détournés de cette manière entre les années 2013 et 2016. Conséquences ?

À l'heure de sa comparution devant le tribunal correctionnel, cette femme quadragénaire a écopé d'une peine de deux mois avec sursis et 1 000 euros d'amende.

« Le client n'était pas lésé »

 

Le procédé est finalement découvert le 1er avril 2016. Au cours d'un contrôle à l'agence de Fontvieille apparaît une lettre recommandée affranchie sans timbre. On en recherche la cause et l'agent qui a manipulé le courrier. La coupable reconnaît les faits.

Par la suite, l'enquête démontrera qu'une partie des timbres était revendue « au noir ». Sans oublier de substantiels gains par le truchement des surcharges sur les timbres étiquettes et les produits pré-affranchis.

« Avez-vous une estimation du nombre d'opérations frauduleuses ? », demande le président Jérôme Fougeras Lavergnolle.

« Non, répond la prévenue à la barre en s'excusant. Beaucoup… Je n'ai pas calculé… Le client n'était pas lésé. La Poste oui… J'avais besoin d'argent… »

Le magistrat évoque alors le montant du préjudice.

« À combien vous l'évaluez ? Et que faites-vous maintenant ? » Un bref silence.

 

« La revente a permis de gagner entre 3 000 euros et 3 500 euros , annonce la fautive… Aujourd'hui, j'ai retrouvé un travail précaire… »

Aux intérêts de la Poste, Me Alexis Mancilla, du barreau de Nice, décrit « une partie civile terriblement affectée. Cette dame, sortie des clous, a été licenciée avec des indemnités afin de prendre en compte sa situation familiale. Aujourd'hui, la défense m'a remis, avant l'audience, un chèque de 5 518 euros. Nos écritures, font état de 9 918 euros. Nous demandons la différence plus 1 000 euros des frais de justice. »

« Accident de parcours »

Le premier substitut Olivier Zamphiroff n'a pas la même considération pour la prévenue.

« Ce dossier d'abus de confiance où l'on va détourner des timbres pour les revendre et se constituer une petite cagnotte, doit être sanctionné. Je propose deux mois d'emprisonnement assortis du sursis et une amende. »

La défense va alors exceller dans la sensibilité et l'émotivité pour attendrir les juges. « Ma cliente avait vingt-cinq ans d'ancienneté et un salaire confortable, avise Me Déborah Lorenzi-Martarello. Pourquoi a-t-elle déraillé ? À la suite de l'incarcération de son fils ! Il fallait envoyer de l'argent ! Payer les trajets ! Voilà les raisons de son accident de parcours. Aujourd'hui, elle jongle avec des CDD de trois mois. Faites qu'elle puisse bénéficier du statut de délinquant primaire… »

Le tribunal s'en tiendra aux réquisitions du ministère public.

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