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La pole dance fait de plus en plus d'adeptes à Monaco (et mêmes chez les hommes)

Arrivée il y a presque dix ans en Principauté, la pole dance séduit de plus en plus et s’ouvre à un nouveau public: les hommes et les enfants. Un constat qui brise les préjugés.

Jessica Granato Publié le 23/06/2022 à 05:02, mis à jour le 24/06/2022 à 14:14
La danse sur barre est une discipline reprise dans le strip-tease dans les années 1960 Photo Jessica Granato

De plus en plus reconnue, la pole dance est un sport très diversifié. Qu’elle soit dansante, sportive, sur pole statique ou en mouvement, la pole dance plaît à un public qui ne fait que grandir. À Monaco, ce sport réunit plusieurs générations et brise les clichés qui lui sont rattachés.

À l’origine pratiquée dans les cirques, la danse sur barre est une discipline reprise dans le strip-tease dans les années 1960. Très sensuelle et gracieuse, la pole dance se démocratise et devient une discipline sportive à partir des années 1990.

"C’est un sport qui allie grâce, fluidité, acrobatie, flexibilité et force", explique Cassandra Carpinelli, qui a grandi dans la danse et les compétitions. Elle découvre la pole il y a six ans lors d’un enterrement de vie de jeune fille et se prend de passion pour la discipline jusqu’à devenir professeure de pole dance à Monaco.

Cassandra Carpinelli pratique la pole dance depuis six ans, elle a ouvert son propre club de pole en 2018. Photo Jessica Granato.

Des profils très variés osent s’essayer à la pole dance

En 2018, Cassandra crée son propre club, Coaching and Pole. Elle y propose de la pole dance, de la pole exotique sur talons, de la pole statique et du stretching. "Je voulais absolument faire découvrir la pole dance à Monaco, mais de la manière dont je la fais."

 

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde pour dire que la vision de la pole dance évolue. Pour Cassandra, il reste important de ne pas ignorer les origines du sport. "On ne peut pas le nier, la pole vient du strip-tease mais on entre dans le côté sportif".

Et ce passé ne freine plus les amateurs. Coaching and Pole entraîne aujourd’hui environ 80 élèves ayant entre 9 et 56 ans. En plus de la diversité des âges, Cassandra retrouve une variété de profils qu’elle explique simplement: "Tout le monde peut venir faire de la pole. Comme tu dois soulever ton corps, tu vas te muscler en fonction de toi".

Parmi les nouveaux profils, le club constate une hausse d’intérêt pour ce sport chez les enfants. Alors qu’elle ne peut accueillir que six élèves par séance, Cassandra a été obligée, pour son plus grand plaisir, de rajouter un cours enfant à son planning.

À seulement 15 ans, Oscar Vita pratique la pole dance depuis presque cinq ans. Photo Jessica Granato.

Créer des vocations

"Ça plaît parce que c’est un mélange de danse et de gym très ludique. En plus, il y a le fait de voler, c’est un rêve d’enfant. Les petites que j’entraîne tournent très vite avec la barre alors que les adultes vont plus être dans le contrôle."

 

Et cette discipline crée de réelles passions. "Il y a une petite, Lou, qui a demandé une barre à la maison et elle s’entraîne tous les soirs en rentrant de l’école", affirme Cassandra avec fierté.

Sur tous les élèves de Cassandra à Monaco, seulement deux sont des garçons. Deux collégiens, Oscar et Lorenzo, qui participent aux cours adolescents. C’est Oscar qui a proposé à son ami Lorenzo de venir essayer la pole dance il y a quelques mois.

"J’en fais depuis cinq ou six ans", raconte Oscar, qui a découvert la pole grâce à une autre discipline, le mât chinois. Ce sport pratiqué dans les cirques plaît tout de suite au jeune homme qui s’est alors rapidement inscrit dans un club de pole dance en arrivant en Principauté.

À son arrivée au collège, Oscar se faisait taquiner par ses camarades par rapport au sport qu’il pratique. "On me disait: "ah tu fais du strip-tease"mais ça me passait au-dessus parce que je savais qu’ils plaisantaient."

Oscar ne prend pas en compte l’avis des autres et évolue dans sa discipline. Il participe au Pole Art Italy en 2020, une compétition de pole dance à Turin et termine 16e de sa catégorie.

Marion Crampe pratique la pole dance depuis près d’une quinzaine d’années. Photo DR.

Artiste et enseignante de pole dance, Marion Crampe pratique ce sport depuis près d’une quinzaine d’années. Installée en Espagne, cette Française a participé en 2020 à La France à un Incroyable Talent et a performé en 2017 aux Ballets de Monte-Carlo.

Qu’est-ce que la pole dance représente pour vous?
Pour moi ça représente tellement de choses. C’est une communauté, mon métier, c’est ma vie entre autres. Je voyage à travers le monde pour enseigner la pole dance. Je suis une vraie passionnée et je cherche à savoir jusqu’où mon corps peut m’amener.

Y a-t-il des clichés autour de ce sport?
Il y a 10 ou 15 ans en arrière, oui. Aujourd’hui les gens connaissent et je ne crois pas que des clichés restent. Je ne me souviens d’ailleurs pas de la dernière fois qu’on m’a fait une remarque par rapport à mon métier. Maintenant il y a de la pole partout, plein de gens la pratiquent, que ce soit des femmes, des hommes et des enfants. Et quand quelqu’un ne sait pas je lui dis la vérité, oui ça vient du striptease. Étant donné que l’engouement perdure, ça montre que ce n’est pas qu’un effet de mode.

Que pensez-vous de l’essor de la pole dance à Monaco?
J’avais été invitée pour la fête de la danse par les Ballets de Monte-Carlo. J’ai fait une représentation et j’ai donné des cours. C’était complètement fou, il y avait de l’inclusion, de l’ouverture d’esprit, j’ai adoré l’événement. Et le fait que les Ballets donnent cette place à la pole, ça montre bien que les choses changent. Ce qui se passe à Monaco se passe à travers le monde.

"malgré mon piètre niveau, je ne me suis pas sentie jugée" Photo DR.

J'ai testé pour vous la pole dance

J’ai rendez-vous à 14h30 pour un cours "tous niveaux" de pole dance. Je suis accueillie par Cassandra Carpinelli, la directrice du club. Au total, nous sommes cinq à participer au cours du jour : Enora, Océane, Mirta, Camille et moi. L’échauffement débute en musique, le cours est directement très sportif: abdos, gainage, pompes, étirements... Je m’essouffle assez vite, il faut dire que je ne fais pas beaucoup de sport.

On passe ensuite au véritable entraînement sur les barres, comme tous les niveaux sont différents, Cassandra prend le temps de donner des exercices différents aux filles. Pour moi, elle me demande de commencer par deux postures de base. Je dois m’agripper sur la barre avec mes mains et le pli de mon genou pour tourner sur la barre. C’est assez difficile au début, mais je finis par y arriver. Je ne suis pas très gracieuse mais au moins je tourne.

Pendant une heure, les filles avec moi s’entraident et se poussent vers le haut (littéralement) sous les encouragements de Cassandra. Lorsqu’une d’entre elles rate sa figure et tombe sur le tapis installé au sol, les rires éclatent avant un nouvel essai. Cette ambiance me met en confiance rapidement et malgré mon piètre niveau, je ne me sens pas jugée. En observant le niveau de chacune, je suis impressionnée. Je me rends compte de la difficulté des figures et j’ai envie d’atteindre ce niveau.

J’apprends deux autres figures et essaie de les enchaîner. Ce qui est sûr, c’est que je me suis dépensée puisque j’ai eu des courbatures pendant plusieurs jours. D’après Cassandra, c’est à cause de mon "manque de muscles dans les bras qui peut se combler avec d’autres entraînements".

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