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La plainte qui vise Marineland déclenche la polémique, le parc contre attaque et dénonce des "fake news"

Mis à jour le 11/04/2019 à 08:24 Publié le 11/04/2019 à 08:20
Sur le net, la polémique enfle autour de la santé d’Inouk.

Sur le net, la polémique enfle autour de la santé d’Inouk. Dylan Meiffret

La plainte qui vise Marineland déclenche la polémique, le parc contre attaque et dénonce des "fake news"

En annonçant porter plainte contre le parc marin d’Antibes, l’association One Voice affiche son inquiétude quant à la santé de l’orque Inouk. Le site se défend bec et ongles.

Dans le genre sujet clivant, on ne fait pas mieux. Il suffit de se perdre sur la toile pour s’en rendre compte : l’association des termes « Marineland » et « captivité » enflamme les passions. Dans un camp, comme dans l’autre. C’est donc sans surprise que la communication de One Voice au sujet de sa volonté de porter plainte contre le parc marin antibois, fait grand bruit.

C’est à travers un article sur son blog et une pétition en ligne que l’association alsaco-mosellane affiche ses revendications.

Son souhait ? Que l’orque Inouk soit transférée dans un sanctuaire marin.

Pour soutenir cette demande, l’organisation avance des arguments en se basant notamment sur un rapport mené à bien par trois scientifiques (Ingrid Visser, Jeffrey Ventre et John Jett).

Sans surprise là encore, cela génère une réaction du côté du parc antibois à travers la voix de son directeur général, Pascal Picot.

>> RELIRE. VIDÉO. Marineland visé par une plainte pour "cruauté" concernant l'une de ses orques

Les deux camps livrent leur vérité

Suite à la dénonciation de l'association One Voice, accusant Marineland de maltraiter Inouk, un des quatre orques du parc, nous sommes allé prendre de ses nouvelles.
Suite à la dénonciation de l'association One Voice, accusant Marineland de maltraiter Inouk, un des quatre orques du parc, nous sommes allé prendre de ses nouvelles. Dylan Meiffret

« Son système immunitaire affaibli par les conditions de détention l’expose aux maladies », alarme l’association. Ce qui fait bondir le parc marin qui réfute en bloc ce qui est présenté comme un constat par One Voice : « Il n’existe aucune preuve scientifique du fait que la captivité causerait une baisse du système immunitaire chez les animaux nés en structure zoologique. » Pascal Picot poursuit : « A ce jour, Inouk n’a aucun problème médical. »

Les défenseurs de la cause animale évoquent plus précisément la santé dentaire du cétacé : « Jour après jour, il ronge les parois des minuscules bassins. Tant et si bien que ses dents s’émoussent, se cassent… exposant leur pulpe à vif. La douleur dentaire est la même chez les orques et chez les humains. Une douleur à hurler. Inouk a mal à chaque seconde, jour et nuit. »

Marineland nie en criant à la « fake news » : « Ce n’est un secret pour aucun de nos visiteurs, que parmi nos quatre orques Inouk et Wikie, nées respectivement en 1999 et 2001, présentent des dents élimées depuis plus de dix ans. Le phénomène est régulièrement observé en milieu naturel et recensé parmi les causes récurrentes de mortalité en mer. Les dents coniques, une fois élimées, laissent apparaître la pulpe présente dans le canal. Les dents d’Inouk ont été dévitalisées afin d’éviter la douleur que ses congénères sauvages subissent dans de pareils cas. Chaque séance de soins dentaires repose sur sa participation volontaire. »

Pour illustrer ses propos, le parc a ouvert ses portes aux médias. Katia Chaperon, responsable des soigneurs, qui a vu Inouk grandir au sein du site, détaille le suivi du cétacé : « Il a deux soins dentaires par jour, matin et soir. Nous repérons les possibles problématiques sur ses dents et le reportons sur un fichier de suivi. Il a également une radio dentaire annuelle. On ne peut pas nous accuser de cruauté envers les animaux. Nous les aimons, nous en prenons soin, nous jouons avec eux. D’ailleurs, ils ne voudraient pas interagir avec nous s’ils souffraient. »

Et lorsque One Voice alerte sur les conditions de vie d’Inouk en déclarant que « le plus grand des quatre bassins ne fait pas cinq fois sa taille en longueur » et qu’il y « devient fou d’ennui » en « tournant en rond, désespérément », le parc marin voit rouge : « Le plus grand bassin fait 65 mètres de long, soit 11,21 fois la longueur d’Inouk. »

Reconnaissant qu’aucun « bassin n’équivaudra l’océan », Marineland rappelle au passage « qu’Inouk et sa famille évoluent dans l’un des plus grands bassins d’orques au monde » et affirme : « Le bien-être des animaux n’est pas proportionnel aux dimensions de leurs lieux de vie. Ils bénéficient d’enrichissements environnementaux, de sessions d’apprentissage répondant à leurs besoins physiques et intellectuels, de moments de jeux avec les soigneurs et bien sûr de moments entre eux. »

Usant des réseaux sociaux, One Voice et Marineland livrent chacun leur vérité.

Avec le même souhait: celui d’être cru et écouté.

Le groupe anti captivité soutient l'action de One Voice

L'orque Inouk dans son bassin.
L'orque Inouk dans son bassin. Dylan Meiffret

L’action que souhaite mener One Voice ? « Une bonne chose » pour le Groupe anti captivité qui mène différentes actions depuis cinq ans sur notre territoire, battant le pavé à Antibes, Villeneuve-Loubet, Nice... Photos à l’appui, Corinne Bouvot, cofondatrice du collectif citoyen soutient les arguments de l’association alsacienne: « Les orques ressentent beaucoup d’ennui en captivité, ils rongent les parois, le béton au fond du bassin. S’il est vrai que dans la nature les orques ont une altération des dents directement liée au régime alimentaire, c’est notamment à cause de la peau des requins très abrasive. Font-ils partie du régime alimentaire d’Inouk ? »

Soulignant sa position quant aux conditions de vie des orques à Marineland qui ne « sont pas adaptées à leurs besoins physiologiques », la cofondatrice du GAC évoque la question de l’affaissement de la dorsale : « Le directeur général du parc dit qu’elle peut aussi s’affaisser en milieu naturel. Ce qui n’est pas faux : mais en général, c’est le reflet d’un mauvais état de santé. La profondeur et la pression jouent également mais de toute manière aucun bassin ne peut faire 150 à 200 mètres de profondeur. »

Se basant sur des chiffres notamment relayés par baleinesnedirect.org, Corinne Bouvot revient sur les propos de Pascal Picot : « Il évoque l’affaissement des dorsales en Nouvelle-Zélande. Il semblerait que ce sont 10 à 20 % des animaux qui sont concernés. De manière générale, dans la nature ce sont entre 1 et 2 % des orques libres qui sont touchés par ce phénomène. » Le collectif sera présent pour en parler et évoquer son combat dans le cadre de son action « Debout pour la liberté ».

Les membres du GAC, de Sea Shepherd et des Sans Voix PACA seront présents de 14 heures à 18 heures, dimanche, sur la place Masséna de Nice.

En plus des stands d’informations - concernant notamment les dauphins piégés dans les filets sur les côtes françaises -, les documentaires BlackFish et The Cove seront également diffusés au grand public. Point fort du rendez-vous des militants : la présence du Tilikum tank. Un camion spécialement aménagé pour « se mettre dans la peau d’un animal marin vivant en captivité. »

Le ministère interpellé

En adressant sa pétition #UneViePourInouk ! - récoltant plus de 38.000 signatures - à François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, One Voice interpelle une fois de plus l’Hôtel de Roquelaure.

L’association a attaqué l’État pour faute. La raison ? Le statu quo concernant l’arrêté dit « Royal » de mai 2017 qui a été annulé pour vice de procédure.

Pour rappel, ce texte interdisait notamment la reproduction en captivité des cétacés ainsi que les échanges et imports de nouveaux mammifères marins.

L’association souhaite une prise de position des autorités avec la publication d’un nouveau texte posant les mêmes conditions.

En clair: le début de la fin pour les delphinariums. Face à « l’inertie » du gouvernement sur ce sujet, One Voice réclame 500.000 € pour préjudice moral à l’État et précise que cette somme « sera entièrement consacrée à la création d’un sanctuaire marin pour accueillir les dauphins captifs des delphinariums ».


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