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La navette des Sablettes n'a pas que des adeptes

Mis à jour le 22/09/2018 à 05:09 Publié le 22/09/2018 à 05:09
« Nous nous sommes adaptés grâce à la gentillesse et au dévouement des chauffeurs de la navette et des équipes de la capitainerie mais les solutions apportées ne sont pas pérennes », dénoncent les usagers du quai Eugénie.

« Nous nous sommes adaptés grâce à la gentillesse et au dévouement des chauffeurs de la navette et des équipes de la capitainerie mais les solutions apportées ne sont pas pérennes », dénoncent les usagers du quai Eugénie. Jean-Sébastien Gino Antomarchi

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La navette des Sablettes n'a pas que des adeptes

Après un test cet été, des usagers du port dénoncent ce nouveau système mis en place pour compenser l'interdiction de circulation des véhicules sur l'esplanade. Jugé contraignant et inadapté…

C'est sûr, l'équipe de chauffeurs est dévouée pour aider et accompagner les plaisanciers jusqu'à leur bateau, mais les contraintes sont trop grandes pour nous ! » s'exclame Katherine Dumas, l'une des fidèles du port de Menton avec son mari Patrick. Ils sont une quinzaine d'usagers, comme eux, à pointer du doigt la navette mise à leur disposition au début de l'été, depuis que l'esplanade des Sablettes a été rendue intégralement piétonne.

Ayant leur bateau sur le quai Impératrice-Eugénie, ils ne peuvent plus y accéder avec leur véhicule. Les 65 places marquées au sol sont désormais vides, interdites à tout véhicule, excepté cette navette électrique et écologique, qui dépose les gens désireux de se rendre jusqu'à l'extrémité des quais (Gordon-Bennett et Eugénie) ou à la plage.

Il suffit d'en faire la demande et les deux chauffeurs, basés à la capitainerie du vieux port, se mettent aussitôt à la disposition des personnes.

« Une perte de temps phénoménale »

« Vous savez, ce quai a une spécificité : pour la plupart, les plaisanciers viennent sur leur bateau très régulièrement, certains quasiment tous les jours, explique Gilbert Furlan, qui fréquente le port depuis les années 80. Une dizaine habite ici, y compris l'hiver, depuis longtemps. Ils ont de gros bateaux qui nécessitent beaucoup d'équipements et de manutention. Transporter une batterie, c'est compliqué sans véhicule ! Moi, je suis là tous les week-ends… Et aujourd'hui, ce système de navette est une perte de temps phénoménale pour nous ! »

Il ajoute : « Le comble, c'est de devoir attendre que la navette reconduise des gens de la plage ! »

« C'est bien beau d'avoir une politique très axée sur le tourisme, mais on aurait aimé être pris en compte, car les bateaux font aussi l'animation de la ville ! » s'emporte un autre plaisancier.

Issu d'une famille mentonnaise, Gilles Plessy a son bateau sur le quai Eugénie depuis 1999 : « Le bateau, ce n'est pas une plus-value, c'est un choix de vie, l'essentiel de ce qu'on a, surtout pour les retraités. On y est content et on n'a jamais écrasé personne ! C'est sûr, avoir vidé l'esplanade des Sablettes des voitures, c'est une bonne chose, mais toucher au port… Nous sommes finalement victimes du phénomène de la minorité. »

Même son de cloche pour Nicole Lefèbvre, qui a son bateau sur le port depuis vingt-cinq ans - dont quatre passés sur les mers pour un tour du monde -, et qui se dit aujourd'hui désœuvrée face à cette situation « difficile à vivre ». « On n'est plus autonomes, car on ne va pas appeler les chauffeurs pour un oui ou pour un non… »

Un constat partagé par tous, d'autant plus négatif que, selon les plaignants, au démarrage du projet, on leur avait assuré, lors d'une réunion de présentation, qu'ils continueraient à avoir un accès pour leur véhicule.

Inquiétude pour l'hiver

« Si seulement ça avait été pensé avec nous. Pendant les travaux, on passait le long du quai, et rien n'est arrivé. Et à ceux qui invoquent le motif de la pollution ou les contraintes de sécurité, ce sont pour nous des causes irrationnelles qui ne tiennent pas ! Il faut trouver une solution mieux adaptée et pérenne pour la vie des plaisanciers », s'enflamme Gilbert Furlan.

D'ailleurs, ils souhaiteraient pouvoir rencontrer le maire pour évoquer avec lui leurs difficultés après ce premier été-test et lui faire des propositions. « Nous allons rentrer dans une période où l'esplanade sera beaucoup moins fréquentée, et les horaires de la navette vont être réduits. On a besoin de mobilité. Et quand il va pleuvoir ? On pourrait envisager de faire une distinction entre les périodes été et hiver. »

Un bilan positif selon le maire

Et leurs questions restent nombreuses : « Quand des commerces feront leur apparition sous les voûtes des Sablettes, comment seront-ils livrés ? Avec la navette ? Nous ne voudrions pas qu'il y ait deux poids, deux mesures… »

Jean-Claude Guibal reste perplexe face aux réactions d'une minorité. « L'esplanade des Sablettes a vocation à ne pas être un lieu de circulation, mais un espace de déambulation conviviale, dit-il. En cette fin d'été, le bilan est positif pour la majorité des plaisanciers, pêcheurs et professionnels installés sur la cale de halage, qui ont apprécié ce moyen de transport gratuit sept jours sur sept, de 8 h à 20 h. C'est sûr, la fréquentation a été intensive autour du 15 août, mais le temps moyen d'attente était de 5 minutes », précise-t-il, ajoutant que les plaisanciers mentonnais ont une tarification annuelle moindre comparée à d'autres villes azuréennes : « 8 604 euros à Menton contre 35 000 à Beaulieu, par exemple… Et un parking gratuit .» En effet, pour compenser la perte du stationnement qu'offrait le quai Eugénie, une centaine de places gratuites ont été créées de l'autre côté, sur le quai Napoléon-III, mais les plaisanciers estiment que cela fait trop loin pour eux. « On nous a proposé aussi des emplacements pour les bateaux annexes pour traverser le port, mais tout le monde n'en a pas ! »

La situation serait-elle inextricable ? Au premier abord, chacun semble camper sur ses positions, mais Christian Tudès, adjoint en charge des Ports et président de la SPL « Ports de Menton », affirme prendre en compte cette situation : « Nous sommes en train de travailler sur ce dossier délicat, au cas par cas, pour tenter de limiter les nuisances de chacun, selon qu'ils habitent ou non sur leur bateau et de réfléchir à l'organisation de la navette. Mais ça prendra un peu de temps… »

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