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La gestion d’Apolline inspire une solution Quid des logements domaniaux inoccupés ?

Devant le succès du programme de relogement des résidents des Jardins d’Apolline, l’Etat reproduit la méthode pour plusieurs programmes de démolition et reconstruction, à commencer par le Bel-AirLes Monégasques logés par les domaines occupent-ils tous leur appartement ? Pour Stéphane Valeri et Serge Telle, la question ne se pose pas, car les abus seraient très marginaux

L.M. L.M. Publié le 12/03/2019 à 10:11, mis à jour le 12/03/2019 à 10:11
Comme aux Jardins d’Apolline, le déménagement sera pris en charge, et le relogement totalement personnalisé.
Comme aux Jardins d’Apolline, le déménagement sera pris en charge, et le relogement totalement personnalisé. Michael Alesi / archive Monaco-Matin

Vous vous souvenez sans doute du jeu qu’on appelait le taquin. Vous savez, ce petit cadre avec 15 taquets dans 16 cases que l’on faisait glisser de haut en bas et de droite à gauche pour reconstituer une image. C’est exactement ce principe que les autorités de Monaco comptent employer pour mener à bien l’une des phases les plus délicates du grand plan logement annoncé hier par le prince Albert II, le Ministre d’État Serge Telle et le président du Conseil national Stéphane Valeri (voir pages précédentes).

On casse tout et on refait

En clair, plusieurs immeubles vont être vidés de leurs occupants, qui seront relogés. Les logements seront démolis, reconstruits, et réinvestis par les titulaires des logements. Un système qui trouve son origine dans une crise : « Ce troisième volet, qui constitue l’aspect le plus novateur, s’inspire des solutions trouvées pour reloger les 237 foyers des Jardins d’Apolline, notamment en termes de mesures d’accompagnement pour des relogements provisoires. À terme, le retour de ces foyers permettra de disposer d’un nombre important d’appartements, notamment dans le secteur privé, dont l’État pourra profiter pour loger temporairement les résidents d’autres immeubles domaniaux dans le cadre d’opérations de reconstruction », a déclaré Serge Telle.

 

Premier immeuble concerné : le Bel-Air. Situé au-dessus du Centre hospitalier Princesse-Grace, et de son chantier colossal, cet immeuble de 1966 comporte actuellement 88 logements domaniaux. Ses occupants ont commencé à recevoir le courrier du Ministre d’État leur annonçant la démolition de leur immeuble, qui devrait démarrer au premier semestre 2020.

Le Ministre d’État y précise : « Cela implique votre relogement tout au moins provisoire dans les conditions les plus favorables pour vous. Je suis parfaitement conscient qu’un relogement n’est pas sans incidence, toutefois, la récente expérience des Jardins d’Apolline démontre qu’avec une assistance sur-mesure et un accompagnement humain individualisé, le déménagement d’un immeuble entier est possible sans trop porter atteinte au bien-être de ses occupants. »

Des mesures incitantes

Quid de ceux qui ne voudraient pas déménager ? C’est une situation que Serge Telle n’envisage pas : « On est là dans une situation ou l’intérêt individuel devrait rencontrer l’intérêt général. Aujourd’hui, les résidents du Bel-Air se plaignent quotidiennement des nuisances générées par le chantier du CHPG. La raison pour lesquelles nous commençons par cet immeuble, c’est parce qu’il est vétuste, parce qu’il est dans une zone de très fortes nuisances qui vont durer encore trois ou quatre ans, et enfin parce qu’il nous permet des possibilités d’accroissement qui sont considérables. Évidemment, cela ne se fera pas sous la contrainte, mais comme pour Apolline, par l’explication, par la possibilité offerte de choisir leur appartement dans le privé. Ils seront exonérés de loyer pendant toute la durée du relogement, et à leur retour, ils auront la possibilité de choisir un logement plus confortable. »

La personnalisation à fond

Stéphane Valeri est aussi très confiant, même si les SMS ont commencé à agiter son téléphone : « J’ai déjà eu quelques messages des résidents. Mais je ne suis pas inquiet. Il y a toujours une peur du changement chez l’être humain, particulièrement quand il s’agit de son logement. La solution passe par un accueil personnalisé, une réponse personnalisée, et un accompagnement personnalisé. Certains sont inquiets de voir leur loyer augmenter à leur retour. Bien sûr, puisqu’ils n’ont pas choisi de déménager, le loyer à leur retour sera adapté. Il va y avoir des inquiétudes pendant quelques semaines, mais dans quelques mois, tout cela sera apaisé, j’en suis certain. »

 

En attendant, pour expliquer au mieux et apaiser les esprits, une réunion d’information est organisée ce soir au Lycée technique et hôtelier de Monaco.

Après le Bel-Air, ce seront les immeubles Herculis, Les Cèdres et Les Mélèzes.

Tout le monde en parle. On connaît tous quelqu’un qui connaît quelqu’un. Les réseaux sociaux le mentionnent. Certaines personnes titulaires d’un logement domanial n’y vivraient pas en réalité. À la rédaction de Monaco-Matin, nous avons eu des témoignages, sans preuve : des logements qui ne sont jamais allumés le soir, des compteurs d’eaux qui ne bougent que de quelques litres par an.

Question de bon sens

Alors quand il s’agit de construire des centaines de logements pour pallier une pénurie, la question se pose. Et ça a été le cas hier, lors de la conférence de presse d’annonce du Plan national pour le logement des Monégasques.

Pour Serge Telle, le Ministre d’État, ce n’est pas un sujet : « Je ne suis pas sûr qu’il y ait un intérêt à entrer sur ce sujet. L’administration des domaines fait très attention à ce qu’il n’y ait pas d’abus, car cela coûterait trop cher à l’État. Nous n’avons pas de chiffre, mais nous n’avons pas non plus l’intention de devenir une monarchie policière pour vérifier si les gens occupent leur appartement. Nous comptons sur le sens des responsabilités des Monégasques, et je pense qu’à quelques exceptions près, les gens qui ont des logements domaniaux les occupent. »

Invérifiable

 

Des propos appuyés par Stéphane Valeri, le président du Conseil national : « C’est un sujet sensible. Cela jette une suspicion injustifiée sur la communauté des Monégasques et cela n’aboutit à rien. Que faudrait-il faire ? Mettre un policier derrière chaque porte ? Mettre une puce électronique dans le bras des Monégasques pour vérifier s’ils passent la frontière comme dans les horreurs d’Orwell ? Cela n’a pas de sens. J’ai un peu d’expérience de la question du logement dans ce pays : s’il y a quelques cas de tricheurs, ils sont très minimes. Et s’il y a quelques cas avérés, il faut les sanctionner. »

Serge Telle et Stéphane Valeri ont la même position sur la question des logements domaniaux non occupés : c’est une situation marginale.
Serge Telle et Stéphane Valeri ont la même position sur la question des logements domaniaux non occupés : c’est une situation marginale. Dylan Meiffret.

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