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La Fondation Albert II en mission sur le Mont-Blanc

Mis à jour le 23/08/2016 à 05:08 Publié le 23/08/2016 à 05:08
La chaîne du froid doit être préservée jusqu'en Antarctique. Les prélèvements vont être stockés dans une cave naturelle, à -54°. Avec la fonte des glaciers, ce sont des pages uniques de l'histoire de notre environnement qui disparaîtront à tout jamais au Mont-Blanc.	(© Sarah Del Ben / Wild Touch / Fondation UGA)

La Fondation Albert II en mission sur le Mont-Blanc

Des carottes de glace, de 130 m chacune, sont extraites au col du Dôme, à 4 300 m. Elles vont être stockées en Antarctique et constitueront un patrimoine pour les futurs scientifiques

La Fondation Prince Albert II de Monaco collabore, depuis le 15 août et jusqu'au 22 septembre, à une mission de sauvegarde du patrimoine glaciaire mondial.

Dans le massif du Mont-Blanc, des chercheurs du CNRS, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l'Université Grenoble Alpes prélèvent de la glace au col du Dôme afin notamment d'en stocker des échantillons en Antarctique.

« Dans les prochaines décennies ou même les prochains siècles, ce patrimoine englacé aura une valeur inestimable : pour des trouvailles scientifiques totalement inédites ou pour comprendre les évolutions locales de l'environnement », explique Jean Jouzel, climatologue et vice-président de la commission scientifique du GIEC de 2002 à 2015, prix Nobel de la Paix en 2007.

Une bibliothèque mondiale

Depuis le 15 août, une équipe internationale d'une dizaine de glaciologues et ingénieurs - français, italiens, russe et américains - prélève des « carottes-patrimoine » au col du Dôme (4 300 m, massif du Mont-Blanc). L'objectif est de constituer la première bibliothèque mondiale d'archives glaciaires issues de glaciers menacés par le réchauffement climatique.

Trois carottes de glace, de 130 mètres chacune, sont extraites, puis descendues par hélicoptère dans la vallée. Elles sont ensuite transportées à Grenoble au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LGGE), tout en maintenant une chaîne du froid rigoureuse.

L'une d'entre elles sera analysée en 2019 pour constituer une base de données disponible pour l'ensemble de la communauté scientifique mondiale.

Les deux autres seront acheminées par bateau puis par véhicules à chenilles sur les hauts plateaux de l'Antarctique, en 2020, pour être stockées à la base Concordia, gérée par l'Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV) et son partenaire italien le Programme national de Recherche Antarctique (PNRA).

Stockées à -54° en Antarctique

À terme, ce sont des dizaines de carottes de « glace-patrimoine » qui devraient être stockées dans une cave, creusée sous la neige, par -54 °C, le congélateur le plus sûr - et naturel - du monde.

Pourquoi constituer cette archive maintenant ? À 10 ans d'intervalle, la température à proximité des glaciers du col du Dôme s'est élevée de 1,5 à 2°. Avec la fonte, ce sont des pages uniques de l'histoire de notre environnement qui disparaîtront à tout jamais. « Nous sommes la seule communauté de scientifiques travaillant sur les climats à voir disparaître une partie de ses archives. Il était devenu urgent de constituer ce patrimoine pour le futur, à l'instar du patrimoine mondial de semences conservé au Spitzberg », explique Jérôme Chappellaz, l'initiateur français du projet.

« Notre génération de scientifiques, témoin du réchauffement climatique, porte une responsabilité particulière vis-à-vis des générations futures. C'est pourquoi, nous ferons don de ces échantillons de glace des glaciers les plus fragiles à la communauté scientifique des décennies et siècles à venir, quand ces glaciers auront disparu ou perdu la qualité de leur enregistrement », conclut Carlo Barbante, initiateur italien du projet, directeur de l'Institut des dynamiques des processus environnementaux, CNR, Université Ca'Foscari de Venise.

De nombreux mécènes parapublics et privés contribuent au financement de ce projet d'envergure, dont la Fondation Prince Albert II de Monaco, dédiée à la protection de l'environnement et au développement durable.

Ces carottes de 130 mètres de long seront donc des témoins d'aujourd'hui pour les futures générations  de scientifiques.

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