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"La famille chrétienne leur manquait": Comment s'est déroulée la messe dominicale en Principauté au temps du Covid-19

Mis à jour le 17/05/2020 à 20:26 Publié le 17/05/2020 à 20:24
 La communion est donnée directement dans les rangs par un prêtre masqué, lequel s’est nettoyé les mains au préalable. L’hostie n’est plus délivrée dans la bouche mais dans la main.

La communion est donnée directement dans les rangs par un prêtre masqué, lequel s’est nettoyé les mains au préalable. L’hostie n’est plus délivrée dans la bouche mais dans la main. Photo Jean-François Ottonello

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

"La famille chrétienne leur manquait": Comment s'est déroulée la messe dominicale en Principauté au temps du Covid-19

Depuis le 4 mai, jour où la Principauté de Monaco s’est déconfinée, les églises du pays accueillent de nouveau messes et célébrations. Ambiance, ce dimanche matin, à Sainte-Dévote où la distanciation sociale est de mise.

Avec un brin de retard, José passe les portes de l’église Sainte-Dévote pour la messe de 10 h 30. Ce fidèle monégasque, 82 printemps au compteur, réajuste son masque sur le visage puis trempe ses doigts dans le bénitier. Mais le bassin est vide.

À défaut d’eau bénite, il se voit proposer du... gel hydroalcoolique par un paroissien posté à l’entrée de l’édifice religieux. Une rangée sur deux est condamnée et la distanciation sociale est matérialisée par de petites étiquettes sur lesquelles il faut s’asseoir. Deux personnes maximum par banc.

"On vit la messe avec de petites restrictions. On avait un peu peur que ça bouleverse les habitudes mais ça se passe très bien", sourit Jean-Christophe Genson, curé de la paroisse Sainte-Dévote.

En Principauté, où la religion est d’État, les offices religieux ont repris dès le 4 mai, jour où le confinement a été levé. Une décision mûrement réfléchie entre le diocèse de Monaco et le gouvernement princier. A contrario de la France où les messes se célèbrent toujours par écrans interposés. "Autant dimanche dernier (lire le 10 mai, N.D.L.R.), les Français étaient toujours confinés, autant aujourd’hui, on s’attend à ce qu’ils viennent dans les églises à Monaco", poursuit-il.

"On vit, on ressent"

À l’entrée de chaque église du pays, un panneau indique le nombre maximum de personnes autorisées à pénétrer.
À l’entrée de chaque église du pays, un panneau indique le nombre maximum de personnes autorisées à pénétrer. Photo Jean-François Ottonello

À l’entrée de chaque église du pays, un panneau indique le nombre maximum de personnes autorisées à pénétrer. Cent personnes dans la cathédrale du Rocher, quarante à Sainte-Dévote, laquelle a pourtant une capacité de près de 200 places.

Moins de monde, certes, mais plus de messes célébrées. Cinq le dimanche à Sainte-Dévote, sans compter les deux anticipées du samedi soir. Ce dimanche matin, à celle de 10h30, une trentaine de fidèles buvaient les paroles de l’énergique prêtre Claudio Fasulo.

"Quelle joie de revenir ici, s’extasie Stella Koffi. On avait besoin de nourrir notre foi. À la maison, même si on suivait les messes sur Internet pendant tout le confinement, ce n’était pas pareil. Quand on rentre dans l’église, quelque chose se passe. On vit, on ressent. Il y a une âme. Je m’y sens bien même si elle est un peu plus vide."

"On retrouve notre maison", résume laconiquement Jean. Mais aussi toute la communauté catholique de la Principauté, ce qui ferait presque oublier que certaines habitudes ont été chamboulées.

Pas de livret de messe, juste des photocopies à usage unique. Le pupitre n’est utilisé que par une seule personne, le prêtre restant en retrait et prenant la parole depuis le siège de la présidence. "Le geste de paix entre les fidèles a été supprimé, c’est impossible de se serrer la main", poursuit Claudio Fasulo.

Finie, aussi, la queue dans l’allée centrale pour recevoir la communion. C’est masqué, dans les rangs et après s’être lavé les mains au gel hydroalcoolique, que le prêtre délivre l’hostie. Dans la main et pas dans la bouche. "La confession, c’est comme les coiffeurs, il faudra prendre rendez-vous", annonce avec humour le prêtre en fin de messe.

Ce n’est plus dans l’intimité tamisée du confessionnal que le pénitent sera absous. Mais dans une pièce – où le secret des confidences restera préservé – à deux mètres de distance. Face au Covid-19, la foi s’adapte.

"La plus grande maladie de ce siècle est la solitude"

Les habitudes ont été chamboulées.
Les habitudes ont été chamboulées. Photo Jean-François Ottonello

"La plus grande maladie de ce siècle n’est pas le coronavirus mais la solitude, estime le prêtre. Pendant le confinement, on a reçu beaucoup d’appels de fidèles qui s’attristaient de ne pas vivre la messe, de ne pas communier. La famille chrétienne leur manquait."

Certains paroissiens continuent toutefois à vivre virtuellement la messe dominicale, sur Monaco Info et les réseaux sociaux. Préférant ne pas s’exposer à autrui.

"C’est une question de prudence. Je préfère attendre le mois de juin pour retourner à l’église, justifie Pierre Uboldi, un croyant. Habituellement, je vais à l’église Saint-Charles où la jauge maximum est désormais de 100 personnes. C’est beaucoup de monde, il peut y avoir des conséquences. Alors je regarde les messes sur Monaco Info. Il y a une très belle réalisation et c’est agréable à suivre. C’est sûr que l’ambiance et la chaleur de l’église manquent mais il faut être patient."

Privés d’une Pâques "sur le terrain", les fidèles monégasques fêteront l’Ascension et la Pentecôte dans les églises.

Pas comme avant, mais presque.

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