La Collection de voitures du Prince de Monaco change d'écrin, on vous dévoile les coulisses

Après un déménagement depuis Fontvieille, la Collection de voitures de S.A.S le Prince de Monaco ouvrira ce vendredi à 10 heures au public avec une scénographie de grande qualité.

Thibaut Parat Publié le 07/07/2022 à 14:15, mis à jour le 07/07/2022 à 13:57
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Après 30 ans passés à Fontvieille, la Collection du Prince se trouve désormais au 54, route de la Piscine, pile poil sur le tracé du Grand Prix de Monaco. Photo Cyril Dodergny

Après avoir déserté les Terrasses de Fontvieille, après trois décennies à faire rêver les férus d’automobile, la Collection de voitures de S.A.S le Prince de Monaco ouvre un nouveau chapitre de son histoire.

Au 54, route de la Piscine, pile poil sur le tracé du Grand Prix de Monaco. Comme un symbole.

Ces dernières semaines, une centaine de prestigieuses voitures, quasi exclusivement la propriété du souverain hormis quelques prêts de collectionneurs privés, avaient migré dans ce nouvel écrin. Plus restreint, certes, mais davantage épuré avec une scénographie soignée.

Ce mercredi, l’heure était au peaufinage et au nettoyage avant l’inauguration officielle par le prince Albert II, ce jeudi matin à 11 heures. Ce vendredi, dès 10 heures, ce sont les visiteurs qui pénétreront dans ce temple de l’automobile où la famille princière occupe une place centrale.

 

Petit tour du propriétaire.

1. Une scénographie
plus soignée

La scénographie permet d'oublier la superficie des lieux plus restreinte qu'à Fontvieille Photo Cyril Dodergny.

Avec un espace lumineux et épuré, sublimé par le tracé sinueux de la mezzanine et des éclairages faisant penser aux courbes d’une route, on oublierait presque que la superficie des lieux demeure plus restreinte qu’aux Terrasses de Fontvieille: 3.500 m² contre 5.000 m².

"Avec cette scénographie (la mise en scène a été confiée, après appel d'offres, au cabinet de scénographie Expositif, ndlr ), on a l’impression d’être sur un circuit. C’est vivant et cela met en mouvement la Collection", résume Valérie Closier, la directrice.

D’ailleurs, dès l’entrée dans les lieux, notre regard est happé par ces deux monoplaces de F1 harnachées aux murs : la McLaren MP4-22 de Lewis Hamilton et Fernando Alonso en 2007 puis la Renault R28 pilotée par ce dernier l’année suivante. À l’instar de la Lotus E21 de Kimi Räikkönen en 2013, elles donnent cette fabuleuse impression de rouler à toute vitesse le long des façades, selon l’endroit depuis lequel on les observe.

 

La passion du prince Rainier III est palpable tout le long du parcours. Des projections sur grand écran, commandées par les visiteurs depuis de grands pupitres tactiles, contextualisent les voitures qu’il affectionnait tant et pour lesquelles il n’hésitait pas à mettre les mains dans le cambouis.

Un doigt qui effleure l’écran et voilà l’histoire qui défile sous vos yeux. Celle de la famille princière, bien sûr, mais aussi celle sportive qui s’est jouée en Principauté.

À l’étage supérieur, trois écrans montrent plusieurs décennies de podiums et de batailles du rail sur le tracé urbain monégasque, mais aussi le rallye de Monte-Carlo avec de savoureuses images d’archives des courses de côte de La Turbie.

2. deux petites nouvelles
font leur entrée

A gauche: la première est une monoplace Sauber prêtée par Charles Leclerc. A droite: la Toyota Yaris WRC pilotée par Sébastien Ogier Photos Cyril Dodergny.

Les habitués de l’ancien écrin de Fontvieille ne mettront guère longtemps à repérer l’arrivée de deux petites nouvelles au cœur d’une Collection du Prince métamorphosée.

À l’étage supérieur, où ont été agencés les bolides de course d’aujourd’hui et d’antan (F1, rallye, sportives…), la première est une monoplace Sauber prêtée par Charles Leclerc, qui la cravachait en 2018 du temps où il portait encore la tunique de l’écurie suisse.

Cette année-là, le pilote monégasque de F1, dont c’était les balbutiements dans la discipline reine du sport automobile, avait achevé la saison en 13e position avec 39 points au compteur.

"Sur celle-ci, il manque juste le moteur", précise Valérie Closier. Le deuxième bolide concerné, une Toyota Yaris WRC, a été piloté par un monstre du rallye, en la personne de Sébastien Ogier, huit sacres mondiaux à son actif.

 

"C’est avec cette voiture, prêtée par Toyota Gazoo Racing, qu’il a remporté le Rallye Monte-Carlo en 2021 et le championnat du monde des rallyes la même année", indique-t-elle.

3. un oeil curieux dans l'atelier de mécanique

Ce mercredi, les deux mécaniciens, Dylan et Marc, avaient le nez dans le moteur d’une Deutsch-Bonnet Frua de 1953 Photo Cyril Dodergny.

Au niveau inférieur, près de grandes fresques illustrant notamment la reconstruction de la motocyclette Humber d’Albert-Ier, de discrètes ouvertures grillagées permettent aux visiteurs de jeter un regard curieux dans l’atelier où sont bichonnés les véhicules de la Collection du Prince.

Ce mercredi, les deux mécaniciens, Dylan et Marc, avaient le nez dans le moteur d’une Deutsch-Bonnet Frua de 1953 et, surtout, d’une Floride de 1959 offerte par la Régie Renault à la Princesse Grace. De couleur vert Bornéo, ce joyau affiche moins de 7.000 km au compteur.

"Ils entretiennent un pool de 15 à 20 voitures susceptibles de rouler. Cela passe par les vidanges, les freins, les réservoirs pour éviter la corrosion au fil des années, les fluides, les pneus. Ce ne sont pas des voitures modernes alors, parfois, ils se renseignent auprès de spécialistes", explique Valérie Closier.

4. La famille princière
au coeur de la scénographie

La famille princière est naturellement au cœur de la nouvelle scénographie. Photo Cyril Dodergny.

Propriétaire à 90% des voitures de la Collection, la famille princière est naturellement au cœur de la nouvelle scénographie. À l’étage inférieur, à droite de l’allée centrale, l’alignement des véhicules se veut chronologique.

On y retrouve les berlines, calèches et wagonnettes du passé, ayant appartenu au prince Charles III et au prince Albert Ier. Plus loin, la Ford GPW Jeep de 1942 rappelle l’engagement volontaire du prince Rainier III dans l’armée française qui, au volant d’un modèle similaire, était entré en Principauté.

 

Bien sûr, la rencontre puis le mariage entre le Prince bâtisseur et Grace Kelly occupent une place centrale. C’est avec la Chrysler Imperial qu’il accueille la future princesse, le 12 avril 1956 à Monaco, à la sortie du bateau Deo Juvante après une traversée de l’Atlantique.

La Sunbeam Alpine, achetée par le prince Albert II et restaurée en 1992, est un autre clin d’œil à la Princesse. C’est, en effet, l’exacte réplique de celle du film La Main au Collet d’Alfred Hitchcock quand Grace Kelly était actrice.

"Avec les images d’archives et les voitures jouets, conduites par le prince Albert II et la princesse Caroline quand ils étaient petits, on rentre aussi dans l’intimité de la famille princière. C’est ça que les visiteurs apprécient", sourit Valérie Closier. Ces voiturettes, dotées de moteur à deux temps, pouvaient aller jusqu’à 45 km/h.

5. des voitures catégorisées par type

Les voitures qui ont jadis plu au prince Rainier III ont été catégorisées par type. Photo Cyril Dodergny.

Les voitures qui ont jadis plu au prince Rainier III ont été catégorisées par type. Ainsi, les prestigieuses Rolls-Royce précèdent les élégantes des années trente et quarante, comble du luxe et du glamour à l’époque des fameux concours de beauté automobile. Les clichés en noir et blanc en attestent.

Dans la foulée, ce sont les belles italiennes des années soixante qui nous font de l’œil. Régulièrement mises en scène au cinéma, les Alfa Romeo, Maserati et autre Lancia Aurelia, souvent décapotables, incarnaient alors l’époque de l’insouciance et de la liberté.

L’info


Inaugurée ce jeudi matin, la Collection de voitures de S.A.S le Prince de Monaco ouvrira au public ce vendredi dès 10 h. Cet été, l’antre automobile fermera ses portes à 19h.  Le reste de l’année, ce sera à 18h.

Le tarif est de 10 euros par adulte et de 5 euros pour les enfants (6-17 ans) et les étudiants.

Le chiffre

100. C’est le nombre de voitures stationnées au 54 route de la Piscine, soit 30 de moins que dans l’ancien espace de Fontvieille. Faute de mètres carrés, les véhicules non sélectionnés sommeillent désormais dans le parking de La Colle.

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