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La basilique Saint-Michel révèle ses trésors cachés

Deux mois après le début du vaste chantier de restauration de la basilique de Menton, un décor peint datant du XVIIe siècle a été retrouvé sous des couches d'enduits. L'histoire de l'édifice se dévoile peu à peu au grand jour

Rachel Dordor Publié le 23/11/2018 à 05:11, mis à jour le 23/11/2018 à 05:11
Jean-François Ottonello

Dans tout chantier, il y a une part d'imprévisibilité, mais quand il s'agit d'un bâtiment sacré avec une histoire séculaire, l'inattendu livre des secrets qui subliment les époques, les hommes, le temps…

C'est ce qui se passe avec le chantier de restauration de la basilique Saint-Michel Archange, où une fresque murale vient d'être mise à jour sous les différentes strates de la façade centrale, au-dessus de la porte d'entrée : « C'est un fronton peint en trompe-l'œil qui a été retrouvé, fait de volutes, avec de chaque côté des pots fleuris, et en dessous un décor classique datant au moins du XVIIe siècle » a expliqué, hier matin - lors d'une visite de chantier en présence du maire Jean-Claude Guibal - Alain-Charles Perrot, architecte en charge de la restauration de la basilique de Menton. Cette fresque murale correspond visiblement à une époque antérieure à la dernière restauration de la basilique, qui avait été faite à la fin du XIXe siècle après le séisme de 1 887.

Un décalage d'époque

 

« Nous allons examiner ces décors peints, mais l'on voit bien qu'il y a une différence d'échelle avec la configuration actuelle. Sans doute que l'architecture était alors plus modeste et rehaussée par ce décor et que la porte était plus basse » détaille le spécialiste. Il faut savoir que la construction de cet édifice situé au cœur de la vieille ville a été lente, puisqu'elle a commencé en 1 619 jusqu'en 1 639 et qu'elle a été achevée en 1 710. « Les travaux se sont poursuivis pendant près d'un siècle, et forcément la façade a évolué avec des proportions plus grandes qui n'existaient pas avant. Ainsi, la porte d'aujourd'hui casse un peu ce style antérieur ». « Mais, à cette époque, les églises, même inachevées, étaient quand même utilisées pour les besoins du culte, en se donnant le temps de se développer… » précise encore Alain-Charles Perrot.

Des siècles plus tard, des hommes, perchés sur une tour d'acier, tentent de dévoiler tous les secrets de ce bâtiment. Un retour vers le passé pour lui donner un nouvel avenir.

Mais le maire y tient : « C'est tout l'extérieur qui est restauré, mais on ne touche pas à l'intérieur, excepté pour la conformité électrique. Car on veut le laisser dans son jus, garder le souffle de ceux qui ont prié et éprouvé des sentiments entre ses murs… »

Le chantier - estimé à trois millions d'euros - bat donc son plein (lire par ailleurs) et se poursuivra jusqu'à l'été, s'interrompant le temps du Festival de musique qui célébrera ses 70 ans en 2 019.

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