“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

L’industriel Coty-Lancaster va licencier 24 personnes

Mis à jour le 07/11/2019 à 10:35 Publié le 07/11/2019 à 10:35
Les salariés ne comprennent pas que l’entreprise n’ait pas attendu les effets du plan de restructuration annoncé par le groupe en janvier. Ils craignent pour l’avenir de l’entreprise.

Les salariés ne comprennent pas que l’entreprise n’ait pas attendu les effets du plan de restructuration annoncé par le groupe en janvier. Ils craignent pour l’avenir de l’entreprise. L.M.

L’industriel Coty-Lancaster va licencier 24 personnes

La série noire dans l’industrie continue à Monaco. Cette fois, c’est la maison de cosmétiques Lancaster, du groupe américain Coty, qui lance un plan social qui touchera 10 % des effectifs

C’est une histoire de fous ! » s’exclame-t-on sur le parvis du stade Louis-II. Hier matin, une soixantaine d’employés de la société Coty-Lancaster étaient réunis dans le quartier de Fontvieille pour protester contre l’établissement d’un plan social visant 24 salariés, sur les quelque 230 basés en Principauté. Une information confirmée par un porte-parole de l’entreprise : « L’ancienneté et le savoir-faire unique du site de production de Monaco sont importants, notamment pour notre marque Lancaster. C’est dans ce cadre que nous confirmons avoir débuté avec les instances représentatives du personnel un processus de concertation en vue de maintenir la compétitivité de ce site stratégique pour notre entreprise, ainsi que d’en garantir la pérennité. »

Remerciés puis licenciés

L’ambiance est tendue. La nouvelle est récente et les employés la vivent comme une baffe. Un affront. « Comme on est à la production, on voyait bien que des choses n’allaient pas, mais on nous répondait que tout allait bien », confie une salariée. « On demandait chaque semaine aux managers si l’entreprise rencontrait des difficultés, et on nous répondait que non. Que tout allait bien », poursuit l’un de ses collègues. Pourtant, en janvier 2019, le groupe Coty annonçait une restructuration. Et depuis des mois, on leur demande des efforts. « On nous a demandé de décaler nos pauses, on l’a fait. D’augmenter les cadences, on l’a fait. Tous les efforts qu’on n’a pu faire, on les a faits. Pour quels résultats ? »

La semaine dernière, ils ont cru avoir la réponse. « On nous a annoncé que l’on avait eu des performances exceptionnelles à Monaco. Alors, on nous a organisé un couscous pour nous remercier. Moi, j’ai refusé d’y aller. Et heureusement, parce que la merguez, je l’aurais bien en travers », clame celle-ci, le doigt pointé sur sa gorge.

Le début de semaine lui aura donné raison. Une femme, employée depuis dix-huit ans, raconte : « Quelqu’un est venu nous voir pendant notre travail, et nous a demandé d’aller à l’accueil immédiatement. Quelqu’un voulait nous parler. On y est allés. On nous a donné une lettre et on nous a dit que l’on allait être licenciés. Ça a pris 10 minutes et c’était fait. » En guise de compensation, on lui propose environ 20 000 euros. Environ 18 mois de salaire. « Je vais faire quoi avec ça ? Je suis supposée vivre combien de temps avec ça ? »

« On n’est pas dupes »

C’est bien pour cela qu’ils manifestent et qu’ils sont plus nombreux. Il y a bien sûr la solidarité. Mais il y a autre chose. Le fond de leur rage est tapissé d’angoisse. Une peur sourde mais lourdement ancrée dans leurs tripes. Comment retrouver un travail dans l’industrie alors que la plupart ont plus de 50 ans ? Et si les mines sont résignées, si les larmes coulent, si les cris fusent, c’est qu’ils ont vu le tissu industriel de Monaco se détricoter d’année en année. « On nous dit aujourd’hui que c’est pour sauver les emplois, qu’on ne doit pas s’inquiéter. Mais on n’est pas dupes. On a bien vu ce qui s’est passé chez Mecaplast. Ils ont reclassé les gens chez Foreplast et maintenant ça ferme », analyse une employée. « On nous a annoncé une restructuration en janvier et on nous a juré les yeux dans les yeux qu’il n’y aurait pas de licenciement supplémentaire. Et aujourd’hui, c’est 24 personnes qui sont virées », lance une autre.

Hier en fin de matinée, les représentants du personnel ont été reçus par l’inspection et la direction du Travail, « pour aborder la mise en place des négociations du plan et apporter une analyse », apprend-on de source syndicale. Les échanges entre direction et partenaires sociaux ne font que commencer.

C’est une entreprise dont l’image est étroitement liée à Monaco. En 1946, un industriel et un chimiste chevronné anticipent les besoins des femmes, qui veulent à présent prendre soin d’elles. Ils créent Lancaster, qu’ils installent à Monaco, sur ce qui deviendra l’avenue Princesse-Grace. La princesse contribuera d’ailleurs largement à la renommée de leurs produits. De la « Crème embryonnaire » aux légendaires produits solaires orange, la marque fait aujourd’hui référence. Elle a intégré en 1996 le géant mondial des cosmétiques Coty, qui a en portefeuille des marques comme Adidas, Burberry, Calvin Klein ou Gucci.

Sur le site de Fontvieille, l’entreprise produit les cosmétiques de la marque Lancaster, et certains produits d’autres marques du groupe, comme Rimmel, ainsi que les gels douches ou crèmes qui accompagnent les parfums dans les coffrets cadeaux vendus en parfumerie. Après une coûteuse acquisition de marques il y a trois ans (12 milliards de dollars), Coty a annoncé une importante restructuration en janvier dernier.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.