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L’épicerie solidaire, comme une famille depuis 10 ans

Mis à jour le 04/02/2020 à 11:04 Publié le 04/02/2020 à 11:04

L’épicerie solidaire, comme une famille depuis 10 ans

Depuis 2009, l’association « Les Cœurs du Campanin » tient une épicerie sociale promenade du Val de Menton. Une soixantaine de bénévoles sont aux petits soins des personnes dans le besoin

Au cœur de la vieille ville, à quelques mètres de la chapelle de la Miséricorde, se cache un petit local. Lorsqu’il est fermé, un rideau de fer est baissé, décoré de cœurs sur fond orangé. Lorsque le rideau tombe, c’est tout un petit monde qui s’ouvre. Cageots de légumes, étagères de gâteaux et briques de lait tentent de se faire une place dans l’humble site de l’épicerie solidaire des « Cœurs du Campanin ». Du lundi au samedi, le hangar lève son store à 14 heures pour distribuer des produits aux personnes dans le besoin. Entre les rayons de produits frais, l’équipe du jeudi se démène. « On doit se dépêcher pour servir tout le monde » avoue Pierre Desplats, une cagette de salades dans les bras. L’étudiant de 18 ans n’est pas seul à s’activer, « on est soixante dans l’association » dévoile Alain Bonsignore, trésorier des « Cœurs du Campanin ». Une soixantaine de petites mains qui sont fidèles depuis le début, « c’est un noyau solide, une petite famille qui s’est créée en 2009 » assure-t-il. Chaque après-midi, une équipe quotidienne se réunit pour la distribution, « c’est un plaisir de contribuer à aider les gens. La plupart d’entre nous sommes retraités, on essaie de se rendre utile » admet Alain Bonsignore. À Menton, l’épicerie reçoit 13 000 passages chaque année, « il y a 354 foyers et 794 personnes qui sont bénéficiaires de nos services » déclare le trésorier.

Une épicerie, mais plusieurs épiciers

Il n’y a pas que les bénévoles qui participent au mouvement, c’est un travail collectif. Depuis sa création en 2009 par son président Pierre Gerace, « notre abbé Pierre à nous » rigole Alain, l’épicerie a reçu le soutien de nombreux établissements. « Au début, on collaborait avec les supermarchés de Menton surtout » se souvient Patricia Bonsignore, vice-présidente de l’association. « Le mouvement a pris de l’ampleur en 2013, quand on a signé un partenariat avec l’hypermarché de Nice Lingostière » raconte Patricia en regardant Alain, son époux. Celui-ci reprend, « on fait le tour des grandes distributions. Mardi et jeudi, on va à Nice, lundi, mercredi et vendredi à Monaco. » Mais depuis le début de l’année, les choses ont changé. La loi anti-gaspillage pousse les supermarchés à optimiser un maximum la durée de vie de leurs produits.

« Ils ont même des rayons et des promotions pour les produits proches de la date de péremption » regrette Alain, « du coup, on récupère moins de stock. » L’association peut tout de même compter sur le soutien de la banque alimentaire des Alpes-Maritimes, basée à proximité de Nice Lingostière et qui donne « près de 700 kg d’alimentation chaque mardi. » L’épicerie survit grâce aux subventions, les dons de particuliers, de clubs services (Lions et Rotary Club), mais également grâce à la générosité de l’école de danse Marie-France Ceschel. « Ils organisent un spectacle tous les mois de janvier et reversent les revenus à notre association » révèle Patricia Bonsignore, « ça correspond à près de 10 000 euros chaque année. »

L’association est donc le fruit du travail de chacun, où chaque petite main est primordiale. « Même les Galeries Lafayette nous laissent des vêtements neufs parfois » s’amuse la vice-présidente, « on fait des ventes solidaires avec des prix très bas, 2 euros pour un pull...»

Si les « Cœurs du Campanin » font le nécessaire pour aider et attirer les personnes en difficultés, certains ont encore honte de bénéficier de ces aides.

Un service réservé aux plus démunis

« Je connais des personnes qui n’osent pas se montrer, par peur du jugement des autres » témoigne Antoine Maulandi, membre de la première heure. « Il y a aussi des personnes âgées ou handicapées qui ne peuvent pas se déplacer, il y a une dame qui venait de Sospel rien que pour la distribution. » Pour remédier à cela, Antoine a décidé de livrer les portions à domicile. Dans l’humanitaire depuis une quarantaine d’années, l’ancien pompier se réjouit de la solidarité affichée par les Mentonnais, « on ne la voit pas, mais on la ressent. »

Cependant, « il faut être éligible à plusieurs critères pour en bénéficier » informe Alain (lire ci-contre).

« Normalement, on écoule tous les stocks de la journée » affirme Patricia en rangeant les cageots, « aujourd’hui, il reste encore quelques produits, on va les donner à d’autres associations. »

Si le local reçoit moins d’aliments qu’auparavant à cause de la loi anti-gaspillage, Alain ne se plaint pas de la quantité. « C’est vrai qu’il y a 4-5 ans, les bénéficiaires repartaient avec trois sacs remplis » se remémore-t-il, « ils n’arrivaient pas à les transporter. Aujourd’hui, c’est un peu différent, mais on espère qu’ils ont assez pour manger à leur faim. »


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