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L'élection présidentielle française vue du Rocher

Dans quelques jours, la France votera pour élire son président de la République, à l'issue d'une campagne rocambolesque. Qu'en pensent les habitants de la Principauté ?

Ludovic Mercier Publié le 18/04/2017 à 05:05, mis à jour le 18/04/2017 à 05:05
Michael Alesi

Un matin, au marché de la Condamine. À quelques centaines de mètres de là, la campagne bat son plein. Entre les étales de fruits et légumes, l'élection présidentielle française n'est pas le premier sujet de conversation. Pourtant, les badauds, simples résidents ou de nationalité monégasque, ont un avis sur la question. Et on ne peut pas dire que le blason tricolore en sorte plus reluisant. Ekaterina, 32 ans, est une résidente monégasque russe : « Je m'intéresse à la campagne parce que mon mari est français, mais c'est très difficile à comprendre cette année. Lui ne sait toujours pas pour qui il va voter. »

Peur des extrêmes

« Pour moi, cette élection est un désastre. J'ai très peur d'un second tour des extrêmes », s'emballe Sophie, une Monégasque de 78 ans. Un avis partagé par Yves, 63 ans, un ex-Français, naturalisé monégasque : « Cette campagne est tragicomique, mais surtout, pas du tout professionnelle. Et c'est très grave, car les extrêmes, de droite et de gauche, sont aux portes du pouvoir avec des schémas surréalistes. Et je n'ai pas l'impression que ces candidats sont honnêtes avec eux-mêmes. »

 

En ligne de mire : l'Europe. Pour Yves, en sortir serait « tellement à contre-courant ». Sophie redoute les conséquences sur le Rocher : « Quand on voit la sortie de l'Europe ou de l'euro dans le programme de certains candidats, ce serait le chaos ! Nous sommes en négociation pour intégrer le marché commun : si l'Europe a des difficultés, nous serons forcément touchés. » C'est d'ailleurs pour cela que Marie, 62 ans, suit la campagne avec intérêt : « Je suis britannique, et mon mari est italien. Et bien sûr que l'élection aura des conséquences sur nous. En plus, notre fils travaille ici et en France. Et certains candidats veulent taxer les travailleurs étrangers, ça sera difficile pour lui. »

La plupart des personnes interrogées ont un candidat fétiche en commun : François Fillon. Les affaires le concernant semblent ici revêtir peu d'importance.

Un programme plutôt qu'un homme

Si Martine, une Française de 50 ans, s'avoue « un peu déçue » de ces événements, pour Sophie, il faut voir plus loin, même si elle ne nomme aucun candidat : « Les gens vont voter pour une personne, c'est un tort ! C'est pour un programme qu'il faut voter. » C'est aussi l'avis d'un couple d'octogénaires monégasques, qui a préféré garder l'anonymat : « Les affaires ont totalement occulté les programmes, dont on ne commence à parler que maintenant. La conséquence, c'est que 30% des électeurs ne savent toujours pas pour qui ils vont voter. C'est gravissime. Le programme est plus important que l'homme. François Fillon a un programme courageux. » C'est ce qui a conquis Jean-Pierre, 63 ans, résident français : « L'affaire Fillon, ça ne me gêne pas. De toute façon, ils le font tous. Et nous ferions tous la même chose à leur place. Je voterai pour lui jusqu'au bout. Et s'il n'est pas au second tour, je voterai blanc ou pas du tout. »

 

Jean-Louis, Français de 60 ans, ira aussi, mais en se bouchant le nez : « Cette élection, c'est comme une pâtisserie où il n'y aurait que des gâteaux pourris. Nous allons être obligés d'en choisir un, et de le manger jusqu'au bout, en sachant qu'il nous rendra malade. »

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