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L’Amerigo Vespucci fait escale au port Hercule

Le fleuron de la marine militaire italienne est amarré jusqu’à ce soir au quai Rainier-III. Une escale inscrite dans les festivités du centenaire de l’Organisation hydrographique internationale.

Thibaut Parat Publié le 21/06/2021 à 20:30, mis à jour le 21/06/2021 à 20:37
L’, fleuron de la marine militaire italienne, est amarré sur le quai Rainier-III au port Hercule jusqu’à ce soir. (Photos Jean-François Ottonello)

À la vue de ce (fameux) trois-mâts carré, impossible de ne pas fredonner la ritournelle d’Hugues Aufray. Depuis son amarrage ce dimanche au quai Rainier-III, la robuste silhouette de l’Amerigo Vespucci affiche une certaine prestance et détonne au beau milieu de la modernité et du luxe que dégagent les yachts du port Hercule.

Depuis la digue, ils sont nombreux à mitrailler ce mastodonte aux mensurations démentielles: 101mètres de longueur, mât de beaupré inclus, et 4.300 tonnes à la balance. Et ce, faute de pouvoir visiter ce fleuron de la marine militaire italienne érigé en 1931, comme c’est le cas d’ordinaire quand il fait escale dans un port étranger. "Même si tout l’équipage est vacciné, on veut éviter que le virus pénètre sur le bateau", explique Stefano Picchi, le lieutenant de vaisseau.

36km de cordes

À bord, l’architecture est presque entièrement composée de bois et de frises dorées. Sur le pont intermédiaire, une phrase écrite dans la langue de Dante attire mécaniquement l’œil: "Pas celui qui commence, mais celui qui persévère". Une devise à l’intention des élèves officiers. "Ici, [après une première année à l’académie navale de Livourne, ndlr], ils découvrent tous les aspects de la formation de base traditionnelle d’un matelot", détaille-t-il.

Cela va des manœuvres des voiles – 36 kilomètres de cordes au total – à l’astronomie, en passant par la lecture des cartes marines, l’utilisation du sextant ou encore le tracé des itinéraires.

 

"Tout est manuel, comme les bateaux d’antan, poursuit Stefano Picchi. Depuis sa naissance, il y a 90 ans, il y a eu seulement six fois où le bateau n’a pas pu partir en campagne d’été. Soit à cause de travaux de modernisation, soit à cause de la Seconde Guerre mondiale."

"Une sorte d’ambassade qui tourne autour du monde"

Présent à l’occasion du centenaire de l’Organisation hydrographique internationale (lire notre édition de ce lundi), l’Amerigo Vespucci a reçu la visite du prince Albert II et quelques-unes des plus hautes personnalités de l’État monégasque. "C’est un bateau itinérant, une sorte d’ambassade qui tourne autour du monde. Ce bateau a un devoir institutionnel de représentation très important. Il représente l’Italie à l’étranger", insiste le lieutenant de vaisseau.

Les institutionnels monégasques ont ainsi pu découvrir la vie à bord et la densité de l’effectif: 260 personnes dont quinze officiers, auxquels s’ajoutent les élèves officiers durant l’été. "Cela peut aller jusqu’à 400 personnes avec le staff. L’espace disponible n’est pas énorme. Malgré cela, les élèves ont des locaux dédiés pour manger et étudier. La nuit, ils montent des hamacs pour dormir. Il est nécessaire de rationaliser l’espace", sourit-il.

 

Ce soir, l’Amerigo Vespucci lèvera l’ancre pour voguer vers d’autres horizons. Encore quelques heures, donc, pour observer de près cette merveille des océans.

Le prince Albert II a été accueilli à bord de l’Amerigo Vespucci par l’amiral Giuseppe Cavo Dragone, chef d’état-major de la marine nationale italienne.

À quelques mètres de l’Amerigo Vespucci, ce vieux gréement de la marine italienne amarré au quai Rainier-III (lire ci-dessus), une sorte de mini-sous-marin rouge multiplie les allées et venues sur le plan d’eau du port Hercule, suscitant la curiosité des badauds. Une démonstration orchestrée par la société française de hautes technologies iXblue, dans le cadre des cent ans de l’Organisation hydrographique internationale. À Monaco, où le prince Albert Ier avait jadis implanté le siège, l’entité intergouvernementale retraçait hier un siècle d’histoire. Elle avait, aussi, à cœur de lever le voile sur ces outils futuristes capables de glaner de précieuses données hydro-océanographiques.

Cartographier les fonds marins

C’est un drone autonome de surface. Grâce à ses sondeurs de très haute résolution, il va scanner le fond des océans. Son rôle principal est de réaliser des cartographies marines, notamment pour des instituts hydrographiques, dévoile Olivier Moisan, responsable des opérations du drone. Soit on met à jour d’anciennes cartes, soit on va acquérir de nouvelles données dans des endroits inexplorés. Une grande partie des océans n’est pas cartographiée. »

L’engin permet aussi de pénétrer la couche de sédiments pour étudier les sous-sols marins en vue, par exemple, de l’implantation d’éoliennes en pleine mer.

Ces capteurs lui permettent aussi d’éviter tout obstacle – bateaux, bouées ou même cétacés – qui se trouverait sur la trajectoire de sa mission.

Un jour d’autonomie à 3km de profondeur

L’autre drone présenté a des allures d’ogive et, lui aussi, ne requiert pas de pilote pour glaner de précieuses datas pour la recherche océanographique. Conçu par le groupe ECA, ce navire autonome peut tenir 24 heures en autonomie à 3 kilomètres de profondeur.

 

"Cela permet aux scientifiques de consacrer plus de temps à l’analyse des données fournies par le drone qu’à passer du temps en mer pour les récupérer. En planant à 10mètres au-dessus des fonds marins, on obtient des images inégalées dans le domaine océanographique, explique Thomas Roure, business manager dans le groupe ECA. Il cartographie les fonds marins, reconnaît des objets (épaves, récifs, coraux…) ou boîtes noires, mesure les gaz. Tout cela pendant une même mission, et parfois dans des conditions extrêmes, ce qui permet d’économiser du temps et de l’argent."

Les deux drones autonomes ont été présentés au prince Albert II, hier matin.

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