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L'alerte, mais quelle alerte ?!

Mis à jour le 03/03/2016 à 05:16 Publié le 03/03/2016 à 05:16
L'intérieur de la maison de retraite, au lendemain du drame. En haut à droite, Anne Lechaczynski, gérante de la Verrerie de Biot. Au milieu, Philippe et Elisabeth Brion, boulangers. En bas, Jean-Pierre Dermit, ancien maire.

L'intérieur de la maison de retraite, au lendemain du drame. En haut à droite, Anne Lechaczynski, gérante de la Verrerie de Biot. Au milieu, Philippe et Elisabeth Brion, boulangers. En bas, Jean-Pierre Dermit, ancien maire. Archives Botella et Franz Chavaroche

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L'alerte, mais quelle alerte ?!

Biot, ville chantier.

Biot, ville chantier. Des camions d'entreprises de BTP s'y croisent, affairés autour des villas, des commerces. Hormis cette agitation inhabituelle, l'entrée du village offrait hier un visage à peu près normal.

Mais il subsiste dans les cœurs des cicatrices intimes. « Quand il pleut, certains enfants montent directement leurs jouets à l'étage. Ils restent traumatisés», confie le boulanger, Philippe Brion. C'est lui qui avait interpellé François Hollande le dimanche 4 octobre, au matin d'une nuit de cauchemar. Il a rouvert il y a quelques jours. Tout le mobilier n'est pas encore là, mais il travaille. Et c'est là l'essentiel.

L'ouverture d'une information judiciaire ? Comme l'ensemble des gens que nous avons rencontrés, il s'en réjouit.

Qui ne voudrait pas savoir pourquoi trois personnes âgées sont décédées ce soir-là dans la maison de retraite ? Au cœur des interrogations, le système d'alerte municipal. « Trouver un responsable m'importe peu, souligne Anne Lechaczynski, gérante de la Verrerie de Biot. En revanche je veux comprendre. Qu'on me dise ce qui s'est passé pour que cela n'arrive plus jamais.»

L'alerte ? « Mais quelle alerte ?! », s'emporte-t-elle. « La seule que j'ai reçue le 3 octobre est venue d'un four de la verrerie ! Un message électronique sur mon portable pour m'avertir d'un problème. C'est là que j'ai compris. D'alerte officielle de la mairie ou d'ailleurs, je n'en ai jamais reçu ! »

La patronne est agacée. « Madame le maire, je ne l'ai vue que le jour où François Hollande nous a rendu visite et quand Eric Ciotti est venu la semaine dernière. La mairie est aux abonnés absents depuis le début. Mais je suis rassurée, la mairesse m'a dit qu'elle prenait des nouvelles de notre société à la télévision», ironise-t-elle.

Anne Lechaczynski a été entendue il y a quelques jours, comme témoin, par les gendarmes. « On doit justice aux personnes qui sont décédées ce soir-là, souligne-t-elle. Alors oui, je veux savoir qui était responsable de l'alerte sur Biot ce soir-là. Il doit bien y avoir un cahier d'astreinte ? Et pourquoi les sirènes étaient-elles en panne ? En 2011, ce sont elles qui m'avaient prévenue en amont. Le 3 octobre, rien.»

Des questions se posent sur la disponibilité, ou non, du cadre d'astreinte, alors qu'une alerte orange était lancée depuis le matin. Ghislaine Debras reconnaît qu'il n'était pas là dans l'après-midi, mais joignable. Selon nos informations il n'était pas dans la commune ce soir-là, mais au match Nice-Nantes. Ghislaine Debras explique que ce n'était pas au cadre de déclencher l'alerte, mais à elle.

L'opposition politique municipale s'interroge sur de nombreux points. Jean-Philippe Prevost, ancien adjoint aux risques naturels sous la précédente mandature, affirme ainsi qu'il est tout simplement « improbable que toutes les sirènes aient été en panne au même moment. Ou alors, précise-t-il, si elles l'étaient, c'est que l'alerte a été donnée trop tard, quand tout était déjà inondé, y compris le local technique qui gère ces sirènes. »

L'ancien élu affirme également que, même s'il ne croit pas à ce scénario, d'autres solutions s'offraient à la municipalité. « Si d'aventure ce cas se produisait, il y a un local aux services techniques qui contient tout le matériel nécessaire. Des mégaphones pour prévenir la population, des talkies-walkies qui permettent de communiquer avec la police municipale, du barrierage, etc. Mais a-t-il été simplement ouvert ce soir-là ?»

L'ancien maire, Jean-Pierre Dermit a, de son côté, déposé plainte contre X, à titre personnel. Une cabale politique ? «Vous plaisantez ? Je n'ai plus rien, tous mes biens ont été emportés dans ma maison. La mémoire d'une vie balayée par les flots ! Je veux juste comprendre, car il y a eu trois morts. Il ne s'agit pas de trouver un coupable mais de discerner des dysfonctionnements pour ne plus que cela se reproduise.»

Jean-Pierre Dermit, ingénieur dans la prévention, rappelle qu'il a été « conseiller auprès du préfet pendant quelques années en ce qui concerne les risques majeurs dans le département.»

Selon lui, le Plan communal de sauvegarde (PCS) a fonctionné en 2011 : « Les sirènes étaient opérationnelles et elles ont permis d'alerter la population. Quant à un envoi de SMS à la population, c'est un système auquel je ne crois pas, personne ne les consulte la nuit.»

L'ancien maire (2008-2014) enchaîne les questions : « Quelqu'un est-il intervenu sur les bassins de rétention pour les soulager manuellement ?» Un point sur lequel les enquêteurs s'interrogeraient d'ailleurs avec insistance. « Que disent les bandes des caméras de vidéo surveillance sur cette soirée, sur le niveau de la Brague ? Qui étaient ceux chargés de l'alerte ? Qui Madame le maire a-t-elle prévenu ce soir-là ? Quels étaient les effectifs sur le terrain ? Comme de nombreux Biotois, je n'ai vu personne.»

Jean-Pierre Dermit réaffirme, comme il l'avait déjà fait dans nos colonnes, que l'alerte n'aurait été donnée par la mairie qu'à 23 h 07. « D'autres communes avaient agi dès 20 h ! Et Météo France avait annoncé une alerte orange dès 11 h le matin. »

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