“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Je veux connaître mon histoire, savoir d’où je viens

Mis à jour le 21/04/2019 à 10:23 Publié le 21/04/2019 à 10:23
Sur la couverture, Madeleine a choisi de mettre la photographie de son mariage où elle avait 20 ans. « C’est l’âge auquel ma mère m’a eue et je me suis dit que quelqu’un pourrait peut-être trouver une ressemblance. »

Sur la couverture, Madeleine a choisi de mettre la photographie de son mariage où elle avait 20 ans. « C’est l’âge auquel ma mère m’a eue et je me suis dit que quelqu’un pourrait peut-être trouver une ressemblance. » Cl. C.

Je veux connaître mon histoire, savoir d’où je viens

Née à Paris, d’un accouchement sous X, Madeleine Michèle, aujourd’hui à Cannes, cherche à retrouver sa mère biologique depuis 50 ans. Un parcours qu’elle a décidé de retracer dans un livre

À 82 ans, Madeleine Michèle devrait profiter de sa retraite qu’elle a choisi de passer avec son mari, à Cannes, il y a 8 ans. Pourtant, elle mène un combat acharné depuis près de 50 ans pour retrouver les traces de sa mère biologique qui a accouché sous X.

« J’ai été abandonnée huit jours après ma naissance, raconte Madeleine. Je suis née rue Ordoner, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, au domicile d’une sage-femme qui travaillait en libéral, il a donc été difficile de trouver le registre des naissances. »

Des recherches sans relâche

C’est à la mort de sa mère adoptive, en 1968, que Madeleine se lance dans la recherche de cette mère biologique dont elle ne connaît rien. « Je n’ai pas voulu entreprendre mes recherches avant, par respect pour ma mère », confie-t-elle envahie par l’émotion.

Elle se rend alors à Paris, pour se lancer à la recherche de cette mère dont elle ignore tout.

« Le dossier de la DASES (1) mentionne qu’elle s’appelle Madeleine, qu’elle est comptable et que ses parents sont décédés. Elle a indiqué avoir 20 ans, sans préciser sa date de naissance. »

Madeleine Michèle dispose de très peu d’informations mais elle ne se décourage pas. À l’époque, elle est divorcée et vit avec ses deux enfants.

« Cela fait 50 ans que je fais des recherches sans relâche, poursuit-elle. C’est une obsession. Je ne vis que pour ça. Je ne pense qu’à ça du matin au soir. La seule chose qui pourra arrêter mes recherches, c’est la mort. »

Un acharnement qui lui a valu de s’éloigner de certains membres de sa famille et de ses amis. Mais Madeleine ne peut s’empêcher d’espérer qu’un jour elle aura la réponse à toutes ses questions.

« On me demande souvent pourquoi je n’arrête pas. Mais c’est impossible. Je me lève même la nuit pour travailler. C’est un travail de titan. Je rumine sans arrêt, je n’arrive pas à profiter de la vie. »

Un travail qui consiste à récupérer les fiches de recensement ou d’éplucher les registres des mariages de Paris. « Une fois, j’ai trouvé une signature qui ressemblait à celle que ma mère avait faite sur la fiche de renseignement de la DASES, se rappelle-t-elle. Mais les tests ADN se sont révélés négatifs. »

Un livre pour « extérioriser la souffrance »

Il y a 10 ans, Madeleine Michèle s’est lancée dans l’écriture d’un livre, pour raconter son histoire, « mais il était un peu fouillis et ne convenait pas aux éditeurs ».

Elle s’est donc remise à l’ouvrage pour le réécrire. Son livre intitulé Madeleine comment ? vient d’être publié aux éditions du Lys Bleu. Sur la couverture, Madeleine a choisi de mettre la photographie de son mariage où elle avait 20 ans. « C’est l’âge auquel ma mère m’a eu, et je me suis dit que quelqu’un pourrait peut-être trouver une ressemblance. »

À l’intérieur, Madeleine raconte les étapes de sa vie : sa naissance, son adoption, son mariage ou encore le décès de sa mère adoptive.

Elle espère que cet ouvrage lui permettra d’avancer dans ses recherches et pourquoi pas d’entrer en contact avec un membre de sa famille.

« Ma mère est sûrement décédée mais je veux connaître mon histoire, savoir d’où je viens, insiste l’octogénaire. Je veux comprendre ce qu’il s’est passé. Je ne vis que pour ça, je n’arrive pas à déconnecter. Ce livre m’a permis d’extérioriser la souffrance mais la détresse est toujours là. »

En plus de son livre Madeleine Michèle vient de faire un test ADN aux États-Unis pour en savoir plus sur ses origines. Elle aurait des gènes italiens à 50 % et turcs ou arméniens à 50 %. Une nouvelle piste sur laquelle elle vient de se lancer.

« Je pars tous les 2-3 mois à Paris pour consulter les archives des registres d’état-civil, raconte-t-elle. Je fais également partie de plusieurs associations qui militent pour faire changer la loi pour l’accouchement sous X qui est archaïque. »

Si elle sait qu’il est trop tard pour elle, Madeleine Michèle voudrait éviter que d’autres enfants se retrouvent, à l’avenir, dans la même situation qu’elle.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct