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"Je croyais qu’il avait pris une arme": un banal accrochage vire en bagarre entre deux chauffeurs

Mis à jour le 10/05/2019 à 09:33 Publié le 09/05/2019 à 06:46
Illustration de la police.

Illustration de la police. Photo François Vignola

"Je croyais qu’il avait pris une arme": un banal accrochage vire en bagarre entre deux chauffeurs

Une altercation avec coup de tête et coups de poing a failli virer au drame le 23 mai 2018 entre deux chauffeurs niçois.

C’est un banal différend routier entre un déménageur et un chauffeur qui a échauffé les esprits.

Vers 10h30, les deux routiers manœuvrent leurs véhicules respectifs sur le parking de la SMA. Ils se rapprochent un peu trop et les rétroviseurs s’entrechoquent. L’accrochage se transforme rapidement en point de friction.

Car au moment de constater les éventuels dégâts, les incivilités verbales virent rapidement en bagarre…

Deux versions opposées

À la barre, les deux prévenus, soupçonnés de violences réciproques, se constituent également partie civile. Pour définir au mieux les responsabilités de chacun et dans un souci d’équité, le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle ne se limite pas à la seule description relatée dans le procès-verbal de police.

Il demande aux deux intéressés de donner leur propre version. On assiste à un véritable récit de la démesure quand ils évoquent à tour de rôle les raisons de leur conflit.

Le déménageur: "J’ai donné un coup de tête quand le chauffeur adverse est revenu vers moi. Je croyais qu’il avait pris une arme, un pistolet dans son camion. J’ai eu très peur. Outre les insultes, menaces, représailles et deux coups de poing, je me devais de réagir. J’ai d’ailleurs porté plainte."

Le contradicteur: "Je me suis comporté comme une personne qui a subi un accrochage. Je n’ai proféré aucune insulte. En revanche, celui qui m’accuse s’est approché de moi avec son frère pour m’agresser. J’ai réagi en allant dans mon camion pour récupérer mon téléphone portable et avertir mon patron du problème. Après avoir reçu le coup de boule, je n’ai pas répliqué. Comment aurais-je pu taper? J’ai des doigts de la main cassés. Peut-être ai-je lâché une insulte… J’ai eu le nez cassé. J’étais un peu sonné et je saignais beaucoup."

Le magistrat relève des imperfections dans les déclarations du déménageur par rapport aux écrits de l’agent de police, en plus d’antécédents judiciaires pour vols, violences, stupéfiants, refus d’obtempérer, conduite en état d’ivresse…

Il fait également des reproches au chauffeur sur deux condamnations et note sur le rapport "la détention d’un cutter". Réponse: "C’est un outil qui me sert pour couper la ficelle des paquets." Et de réclamer "la somme de 3.247 euros engagée pour les soins".

L’un condamné, l’autre relaxé

Les explications de l’un comme de l’autre apparaissent disproportionnées pour un simple accrochage, d’après le procureur Alexia Brianti. "Leurs antécédents judiciaires démontrent qu’ils sont défavorablement connus des services de police. Malgré tout, ils recommencent à se faire remarquer sur la voie publique en pleine journée."

 Une peine de quinze jours de prison avec sursis sera requise contre les deux.

Les défenseurs, venus de Nice eux aussi, réclament la relaxe respective. Me Marie-Clémence Roman considère que le chauffeur "est une victime. Il a déposé plainte le jour des faits. Or, la partie adverse effectue la même démarche une semaine plus tard. Je vois mal mon client être un agresseur avec trois personnes en face. Les hématomes relevés dans le certificat médical de l’adversaire ne sont pas la conséquence d’un coup reçu."

En écho, Me Mathurin Lauze estime le déménageur en état de légitime défense. "Mon client a réagi quand il voit revenir l’autre individu simulant la détention d’une arme. La version de ce dernier est différente par rapport à sa première mise en cause. Il n’accepte pas la situation et démontre une attitude de surexcitation…"

 Après en avoir délibéré, le tribunal condamnera le déménageur à huit jours avec sursis et le versement de 2.500 euros au chauffeur plaignant qui sera relaxé des violences au bénéfice du doute.


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