Avec 237 appartements répartis en quatre blocs, livrés entre 2012 et 2013, l'immeuble « Les Jardins d'Apolline » est une des plus vastes opérations domaniales de ces dernières années.
Mais la résidence du quartier de la Condamine, premier bâtiment HQE (haute qualité environnementale) du parc immobilier monégasque construit par l'entreprise SATRI, subit depuis plusieurs mois déjà les désagréments d'un vaste problème de plomberie, qui a créé des dégâts des eaux, en cascade.
« Les deux premières années, nous avons enregistré quatre dégâts des eaux relatifs à des problèmes de canalisation, ce qui peut être courant dans un immeuble, cela ne nous a pas alertés » détaille Olivier Lavagna, directeur des Travaux publics.
Fin novembre 2015, la situation a empiré. Avec 35 appartements sinistrés : 21 dus à des problèmes de canalisation, et 14 autres, victimes collatérales des inondations.
Huit familles relogées
« La récurrence de ces sinistres nous a poussés à des investigations plus profondes » ajoute Olivier Lavagna. Et plusieurs manœuvres, dont une mise en pression dans les installations a permis de mettre en lumière les problèmes. Verdict : défaillance et fuite dans les canalisations d'eau encastrées dans la dalle.
Les services du gouvernement établissent alors une cellule de crise pour gérer le problème et trouver des solutions. « Nous avons demandé à tous les locataires d'être vigilants, s'ils remarquaient des traces d'humidité » commente Rémy Rolland, administrateur des Domaines, qui gère ce parc locatif.
Au total, 40 appartements ont été endommagés. Une situation de crise qui a poussé à déménager et reloger huit familles dont les appartements ont été le plus touchés.
« Nous avons fait en sorte d'être à leurs côtés pour les reloger temporairement aux frais des Domaines, dans d'autres appartements » continue Remy Rolland. « Certains ont déjà réintégré leur logement ».
Dans plusieurs appartements touchés, il a fallu casser les dalles pour changer des canalisations. Dans d'autres, repeindre plafonds et murs. Aujourd'hui, les travaux de réfection sont en cours pour effacer les dégâts et devraient s'achever à la fin du mois de juillet. Un chantier conséquent, couvert par les assurances, mais qui ne devrait pas rester sans conséquences juridiques, notamment pour les constructeurs.
En parallèle, la mésaventure subie par les Jardins d'Apolline devrait faire jurisprudence à l'avenir dans les constructions domaniales. « Dans celles en cours, comme l'Engelin ou la Villa del Sol, les réseaux de plomberie ne seront pas encastrés dans la dalle » explique Olivier Lavagna.
« Ce n'est pas que l'encastrement des canalisations soit une technique innovante et peu exploitée, car elle souvent utilisée, mais si nous pouvons faire autrement, ce sera plus simple, en cas de problème ».
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