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INTERVIEW. Stéphane Valeri: "l’intérêt de Monaco et des Monégasques avant tout"

Mis à jour le 02/10/2017 à 09:15 Publié le 02/10/2017 à 08:00
Stéphane Valeri, leader de Priorité Monaco, veut « servir le pays, servir l'État ».

Stéphane Valeri, leader de Priorité Monaco, veut « servir le pays, servir l'État ». DR

INTERVIEW. Stéphane Valeri: "l’intérêt de Monaco et des Monégasques avant tout"

« Priorité Monaco » enregistre déjà plus de 20.000 connexions sur son site internet selon Stéphane Valeri. Le leader de ce nouveau mouvement explique les raisons de son engagement politique

Stéphane Valeri est entré en campagne, ou en pré-campagn... appelons finalement comme on veut la démarche du leader de Priorité Monaco, Primo ! décidé à rassembler les Monégasques et remporter les élections nationales du 11 février.

Toujours est-il que celui qui a passé sept ans à la tête du Conseil national puis encore sept, pour le gouvernement, à la tête des Affaires sociales et de la Santé, veut redevenir le président des représentants des Monégasques. Proche des Monégasques ? Incontestablement. Le plus proche parmi les candidats en lice ? Très probablement. Certains y voient une force, d'autres une faiblesse. Et comment se positionnerait-il, élu, face à ses anciens collègues de l'exécutif ?

Stéphane Valeri s'explique dans une interview où il n'élude aucune question.

Un Président du Conseil national qui vient du gouvernement… Les Monégasques ne peuvent-ils pas craindre les connivences?

L’esprit de nos institutions, c’est la recherche du pas vers l’autre. Ce qui permet les solutions les plus équilibrées pour le bien du pays. C’est ma conception des institutions. Si je suis de nouveau président du Conseil national, j’en referai une institution forte et indépendante bien sûr. Je suis étonné que certains puissent opposer le Prince et le peuple monégasque. Servir le Prince au sein de son gouvernement ou servir les Monégasques, c’est toujours servir le pays, servir l'Etat. Je suis un homme libre dans mes pensées et mes actes. J’agirais donc en toute liberté.

Comment faites-vous la part des choses alors que vous savez les choix et les volontés de l’exécutif?

Durant sept ans, alors que j’étais au gouvernement, je me suis imposé un devoir de réserve sur un certain nombre de sujets. Aujourd’hui, j’ai la possibilité de nouveau de m’exprimer et de critiquer des positions du gouvernement que je n’approuve pas.

Vous, président du Conseil national, les jeux ne seraient-ils pas faussés dans la relation avec le gouvernement?

Il ne faut pas fantasmer non plus: les positions du gouvernement sont parfaitement publiques, officielles et exposées. Les volontés du gouvernement ne sont pas secrètes. Alors, oui, si je suis élu, ça va changer. L’Assemblée, à cause de ses divisions, à cause du manque de leadership ou de ligne politique de ses présidents, n’a pas vraiment joué son rôle de partenaire fort et indépendant qui doit aussi, parfois, faire bouger les positions du gouvernement. Avec moi entouré d’une majorité forte et unie, ça sera de nouveau comme ça. Il est normal qu’il y ait des approches parfois différentes entre un gouvernement non élu et une assemblée élue. Le débat contradictoire public est sain. Je m’engage à remettre les Monégasques au cœur des débats et le Conseil National au cœur des institutions du pays.

Vous êtes déjà parti en cours de mandat. Cela est-il envisageable?

J’ai été président de 2003 à 2010. Après 7 ans, j’avais atteint la plupart des objectifs pour lesquels je m’étais engagé. A la demande du Prince Souverain j’ai continué à servir Monaco autrement et je ne pense pas que mon passage au gouvernement ait été inutile. J’ai contribué à préserver et renforcer encore le modèle social et de santé. Aujourd’hui les choses sont autres. Je suis en train avec une équipe soudée, venue d’horizons différents, avec beaucoup de jeunes, de rencontrer les nationaux pour élaborer un programme pour et avec les Monégasques. Ce projet sera extrêmement riche et aura besoin de cinq années d’engagement total pour le faire prendre en compte par le gouvernement. Si je suis élu, j’irai donc au terme de mon mandat.

La qualité de vie revient sur toutes les lèvres.

J’ai conscience de cette dégradation. Je n’arrive pas avec des solutions préétablies, toutes faites et allant jusqu’à dire avant même d’écouter les Monégasques quel doit être le prix du ticket de parking [N.D.L.R. : référence est faite ici à une proposition de Jean-Louis Grinda]. Ce dossier est très important. Il fait parti des douze enjeux essentiels que nous avons définis à partir des « peps » de Primo! (pôles d’écoute de proposition). C’est par un grand élan de démocratie participative et aussi en écoutant l’avis d’experts, que nous allons, nous, proposer les meilleures solutions.

Des idées?

Il n’y aura pas de propositions démagogiques mais réalistes et équilibrées. Il y a rupture d’équilibre aujourd’hui entre le développement de la Principauté et la qualité de vie des Monégasques et des résidents. Ce n’est plus acceptable. De plus, cette diminution de la qualité de vie peut être nuisible au développement économique. Au nom d’une course effrénée à l’immobilier, on peut aussi porter atteinte à l’attractivité. Je note une prolifération des chantiers privés alors qu’il serait souhaitable de voir davantage de constructions d’appartements domaniaux.

Là, les Monégasques sont depuis quelques années au feu rouge quant à l’accès au logement. Je voudrais une promotion immobilière privée davantage régulée. C’est au gouvernement de diriger la politique immobilière du pays. Il est temps que les choses soit reprises en main. Il faut étaler dans l’espace et dans le temps un certain nombre de chantiers privés, voire publics.

C’est un peu tard maintenant…

On sera plus efficace pour la planification des futurs chantiers. Mais il n’est pas trop tard pour mieux coordonner les chantiers déjà en cours.

Monaco est ébranlé par des affaires qui touchent à l’indépendance et l’intégrité des institutions. Comment peut agir le Conseil national pour lutter contre cela? Légiférer? 

Je n’ai aucun commentaire à faire sur des affaires en cours. En revanche, je défends clairement les institutions monégasques qui ont fait leurs preuves et sont parfaitement adaptées à la taille de notre pays. Je ne vois pas ce qu’il y a à légiférer ou à changer là-dedans.

Professionnaliser le Conseil national, est-ce toujours votre souhait?

La question est de savoir si on doit s’occuper à plein-temps de la vie des Monégasques et du pays quand on est président du Conseil national ou doit-on continuer, en plus, en même temps, à avoir des activités professionnelles diverses. Nous allons écouter les Monégasques sur ce sujet. Le débat mérite d’être ouvert. Mon opinion, fondée sur mon expérience, est qu’il est nécessaire que le président soit totalement investi dans sa fonction, pour les Monégasques et pour le pays. Si j’étais élu, c’est ce que je ferais pleinement. A-t-on idée de la tâche du président ? Il est l'interlocuteur naturel des Monégasques, il doit étudier tous les projets de loi, il doit étudier les budgets primitifs et rectificatifs, il doit être en lien régulier avec le ministre d’État et le gouvernement, il doit animer toutes les réunions, les commissions plénières d’études,... Peut-on sérieusement prétendre être un président efficace pour faire tout cela et avoir à côté une activité professionnelle ? Ce n’est pas mon point de vue.

Quand comptez-vous présenter votre liste? Est-elle en partie faite?

Nous avons une cinquantaine de référents. Et nous continuons de recevoir le soutien de nouvelles personnalités. Il est évident que nos candidats seront issus de ces référents. Mais pas seulement. Nous n'aurons aucun problème pour rassembler une équipe de vingt-quatre candidats de qualité.

Pour vous, c’est "L’Europe à pas prudents».

L’Europe est une question complexe. Nous ne voulons pas, comme d’autres, faire de doctrine. Nous serons « europragmatiques » et ferons passer l’intérêt de Monaco et des Monégasques avant tout. Sur un sujet aussi complexe, qui entraînera des conséquences considérables voire irréversibles pour l’avenir du pays, il faut se garder de toute précipitation. Nous serons vigilants et méfiants car il s’agit de défendre les intérêts essentiels de la Principauté qui est et doit rester une nation souveraine. Je vois un modèle économique et social qui se porte bien: on a le plein-emploi, des excédents budgétaires, un fonds de réserve qui croit sans cesse, une augmentation régulière du nombre de résidents étrangers, donc il n’y a aucune urgence. Ca marche bien Monaco aujourd’hui. Le modèle européen, lui, ne marche pas aussi bien, c’est une évidence !

Les deux modèles politiques seraient-ils incompatibles selon vous?

Notre pays repose sur des notions qui sont totalement éloignées du modèle européen, c’est-à-dire la priorité nationale, les discriminations positives pour ceux qui ont des attaches avec Monaco, une économie régulée (autorisation préalable de création d’entreprise, de résidence). Notre modèle est donc très différent voire antinomique sur certains points avec celui de l’Europe. Comment concilier cela ?

Pourtant, nombreux sont les chefs d’entreprise qui s’impatientent.

C’est vrai que quelques chefs d’entreprise expriment le souhait d’avoir une sécurité juridique pour pouvoir exporter leurs produits, essentiellement pharmaceutiques et cosmétiques, en Europe. Mais de façon très pragmatique, nous avons trouvé des solutions. Aujourd’hui, ces secteurs sont toujours en Principauté, peuvent exporter et ils ont pour la plupart des importateurs français. J’entends en revanche aussi de nombreuses professions et secteurs d’activités qui craignent cette négociation.

Négocier avec l’Europe, c’est semble-t-il la possibilité de développer l’économie nationale ?

Je ne voudrais pas qu’on limite la question de l’Europe à une question de comptabilité. C’est un sujet qui touche à notre identité, à notre histoire, aux droits fondamentaux des Monégasques et à l’avenir de nos enfants. Nous pèserons les avantages et les inconvénients. Mais mon sentiment est que les inconvénients risquent d’être beaucoup plus importants. Si pour faire mieux circuler des boîtes de médicaments en Europe il faut renoncer à une part de souveraineté, à une partie des droits des nationaux et partager ces droits avec des citoyens européens, alors très clairement tous les élus de Priorité Monaco s’opposeront avec tous leurs moyens institutionnels à la signature d’un tel traité.

Après avoir eu l’image de progressiste, ne craignez-vous pas celle de conservateur?

Votre question est un compliment! Sur certains sujets, je suis progressiste, et sur d’autres conservateurs. Pourquoi? Parce que je suis d’abord Monégasque et que je défendrai toujours l’intérêt de mon pays et des nationaux. Priorité Monaco est un grand mouvement d’unité nationale. Nous avons réuni des compatriotes qui viennent des deux courants historiques - progressiste-réformateur et conservateur - qui ont fait l’histoire de la principauté. Aujourd’hui, face aux défis du futur, ces vieilles grilles de lecture politique ont fait leur temps. Nous dépassons aujourd’hui ces clivages dans notre mouvement.
 
Le logement, une de vos priorités ?
 
Priorité Monaco sera le mouvement qui va refaire du logement la priorité nationale absolue. Parce que nous considérons qu’il n’y a pas de plus juste redistribution de la richesse nationale que de fournir à chaque famille qui en a besoin un appartement de qualité correspondant à ses besoins. Nous ne voulons pas faire d’économies sur les dépenses de logement. Certes nous avons eu beaucoup d’excédents budgétaires ces dernières années. Il faut rappeler que cela s’est fait notamment au détriment du nombre et de la qualité des logements construits. Croyez-moi, si nous sommes élus, ça va changer.

Des logements oui, mais où ?

Il y a de grands projets devant nous. D’abord le projet du Grand Ida ou encore L’Annonciade II. Dans quatre ans environ, on déplacera le collège Charles-III sur l’îlot Pasteur. Ca veut dire que nous aurons l’ancien bâtiment du lycée technique, le bâtiment du collège, ainsi que certains terrains alentours qui vont nous donner un énorme espace à aménager.

Et les Enfants du pays ?

En 2003, je m’étais engagé à voter une loi qui stoppe la libéralisation totale des loyers du secteur protégé qui devait disparaître en 2006. Ce fut fait en 2004 avec la loi 1291. Je constate aujourd’hui que cette loi est insuffisante. Car ce secteur est progressivement détruit par les promoteurs qui reconstruisent des tours privées à des prix inaccessibles réservées à des riches étrangers qui sont, je tiens à le dire, les bienvenus car ils nous aident à financer le modèle social. Mais nous ne voulons pas qu’ils chassent peu à peu la population stable de Monaco. Il s’agit donc d’envisager une nouvelle législation qui, quand on détruit un immeuble protégé de trois ou quatre étages, et qu’un promoteur construit ensuite 10, 12 ou 14 étages, impose de manière juste et utile que l’équivalent des surfaces détruites soit relouable uniquement aux Monégasques et aux Enfants du Pays, au prix du secteur protégé. En accordant des dérogations de volume à reconstruire, l’État peut ainsi permettre à la fois aux petits propriétaires de ce secteur de retrouver tous leurs droits à travers des appartements neufs, et aux locataires Monégasques et Enfants du Pays de bénéficier d’appartements de qualité à loyer modéré.

Laurent Nouvion, administrateur d’état de la SBM. Qu’en pensez-vous ?

Certains m’ont reproché ce que j’ai toujours souhaité: que le gouvernement joue son rôle d’actionnaire majoritaire qui doit fixer les grandes orientations stratégiques de l’entreprise. Il ne faut pas oublier qu’il y a environ 500 familles de Monégasques qui vivent grâce aux métiers des casinos. Vous savez ce que je reproche aujourd’hui à la gestion de l’entreprise: c’est de ne pas suffisamment mettre les Jeux au cœur des priorités. J’ai été accusé à tort de politiser la SBM. Je prends acte des nouvelles fonctions de Laurent Nouvion qui a été conseiller national jusqu’au jour de sa nomination. On connaît au fil des années l’évolution des positions qu’il a prises publiquement au sujet de la gouvernance de ce monopole concédé de l’État. Sa nomination n’est donc pas surprenante. 


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