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Inondations 2015 : la terrible lenteur de la justice

Mis à jour le 04/10/2019 à 10:28 Publié le 04/10/2019 à 10:28
Cette photo de Denis Delaup et de son épouse Sandrine a été a été prise en 2015. Devant la fenêtre de la chambre où leur grand-mère, Jacqueline (ici 2 mois avant son décès), est morte noyée.

Cette photo de Denis Delaup et de son épouse Sandrine a été a été prise en 2015. Devant la fenêtre de la chambre où leur grand-mère, Jacqueline (ici 2 mois avant son décès), est morte noyée. archives N.-M./ Franz Chavaroche

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Inondations 2015 : la terrible lenteur de la justice

Un réquisitoire supplétif vise des faits de « mise en danger de la vie d’autrui ». Quatre ans après, les familles sont privées de la vérité. Pourquoi trois noyés à l’Ehpad de Biot ?

1 461 jours. 35 064 heures. Voilà le temps qui s’est écoulé depuis le drame de la maison de retraite de Biot. Trois résidentes, Josianne Chaix, Jacqueline Colombier et Marguerite Giunipero, y sont mortes noyées dans la nuit du 3 au 4 octobre 2015, au rez-de-chaussée. Le dossier d’instruction, lui, piétine, ou presque. Deux personnes sont mises en examen depuis mars 2017 : la maire de Biot, Guilaine Debras, « pour homicide involontaire par violation manifeste et délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité » et le responsable du service municipal « infrastructures et risques naturels ». Le service enquêteur soulignait un « quasi déni de la menace ».

1 461 jours sans réponse, c’est insupportable pour Denis Delaup. Sa femme Sandrine a perdu sa grand-mère, Jacqueline, 91 ans, dans l'inondation du rez-de-chaussée du « Clos Saint-Grégoire ». Le couple a déposé plainte contre X pour homicide involontaire. « La mairie, la préfecture, le groupe Orpea qui gérait l’établissement, tout le monde savait que le rez-de-chaussée de cette maison de retraite était dangereux. Mais personne n’a rien fait. »

L’Ehpad avait déjà été inondé trois fois par le passé, en 1999, 2005 et 2011. L'épisode de 2005 avait failli coûter la vie à six résidents. De l’eau jusqu’au buste, ils n’avaient dû leur salut qu’à l’intervention du... boulanger et d’un policier municipal. Le rez-de-chaussée avait pourtant continué à être exploité.

La maire réentendue

Dans ce dossier, sur lequel Nice-Matin enquête depuis quatre ans, il apparaît dans ces conditions que la question n’était pas de savoir s’il allait y avoir un mort dans la maison de retraite. Mais quand. Les interrogations sont nombreuses. Pourquoi la justice n’avance-t-elle pas ? Deux juges d’instruction se sont déjà succédé. Pourquoi autant de temps pour établir des responsabilités ou, le cas échéant, dédouaner ? Pourquoi a-t-il fallu trois ans pour entendre la famille Delaup ?

Pourquoi aucun cadre de la maison de retraite n’a-t-il été auditionné par le juge ? Le PV de synthèse des gendarmes, extrêmement précis, ouvrait pourtant dès le début la voie à toutes les responsabilités.

Selon nos informations, la maire de Biot, Guilaine Debras, a été de nouveau entendue en décembre dernier par la juge d’instruction, Carine Fontaine. Autre élément nouveau : au printemps, un réquisitoire supplétif a été pris. Il vise des faits de « mise en danger de la vie d’autrui ». Une qualification qui ne vise pas directement le groupe Orpéa qui gérait la maison de retraite mais ouvre la voie à de nouvelles mises en examen. Un proche de l’enquête s’interroge : « Pourquoi ne pas l’avoir fait dès le réquisitoire introductif ? Ce temps perdu est invraisemblable. »

« On va étouffer l’affaire »

Une lenteur de la justice accablante pour les familles. Les avocats de Denis et Sandrine Delaup, Mes Philippe Soussi et Mathurin Lauze, préviennent : « Nous sommes maintenant en droit d’attendre une évolution rapide de la procédure. »

La colère de Denis Delaup est froide. « Nous avons été entendus pour la première fois le 12 septembre 2018. Depuis plus rien ! La juge d’instruction s’était pourtant engagée à ce que nous ayons des réponses concrètes fin novembre 2018. Nous attendons encore. À ce rythme on va étouffer l’affaire. Mais nous ne lâcherons jamais.»

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