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Ils testent des balises low cost pour suivre et protéger des tortues en Martinique

Mis à jour le 20/10/2018 à 12:02 Publié le 20/10/2018 à 11:00
Corinne Copie, responsable scientifique pour les Explorations de Monaco, et Philippe Brousse, chef de la mission Martinique.

Corinne Copie, responsable scientifique pour les Explorations de Monaco, et Philippe Brousse, chef de la mission Martinique. EDM

Ils testent des balises low cost pour suivre et protéger des tortues en Martinique

Les équipes des Explorations de Monaco rentrent d'une mission menée aux Anses d'Arlet qui a permis de tester, pour la première fois, des balises low cost sur des tortues vertes.

Les Explorations de Monaco ont effectué leur rentrée en Martinique. Pour entamer la deuxième année de ce vaste programme scientifique lancé par le prince Albert II en 2017, cap a été mis vers l'Île aux Fleurs. Du 2 au 12 octobre, les équipes monégasques ont apporté un important soutien logistique à une mission scientifique menée par deux institutions de la recherche française, le CNRS et l'Ifremer (1), aux Anses d'Arlet.

Cette sublime baie de l'ouest martiniquais accueille de nombreuses tortues vertes. Pour les protéger dans un secteur très touristique qui attire des armadas de bateaux de plaisance, il est crucial de bien connaître les déplacements, les moments et lieux de pontes, ainsi que les habitudes alimentaires des tortues marines.

C'était tout l'objet du travail colossal qui a été mené pendant deux semaines, à raison de quinze heures par jour.

Comme les objets connectés

Jérôme Bourjea est rentré épuisé à Sète, son port d'attache, le week-end dernier. Ce biologiste des pêches, responsable des programmes sur les tortues marines à l'Ifremer, était à la barre d'une partie de cette mission.

Tout est parti d'un constat bassement financier: "Nous en avions marre de dépenser 4.000 € à chaque fois que nous devions équiper une tortue d'une balise GPS. C'est le prix dans le commerce. Cela signifie que pour suivre les déplacements de dix tortues, il fallait acheter pour 40.000€ de balises. Et suivre dix tortues est insuffisant pour nos recherches. Nous avons donc décidé de développer nos propres balises low cost."

Début octobre, ces scientifiques ont précisément testé, pour la première fois, ces balises qui coûtent dix fois moins cher, permettant, pour le même prix, de suivre 100 tortues. L'astuce, c'est que ces balises n'ont plus besoin des satellites.

"Elles transmettent les informations par ondes radios. Nous nous sommes inspirés des objets connectés et de leurs puces électroniques à faible consommation d'énergie."

Soit. Mais comment suivre ces balises sous l'eau et, de surcroît, au-delà d'une certaine distance? Grâce aux quatre antennes disposées dans cette grande anse. Et comme les tortues remontent à la surface pour respirer, le signal est capté par les antennes qui, par triangulation, permettent de suivre le déplacement des tortues.

"Nous avons fait le test sur trois tortues, explique Jérôme Bourjea. C'est la première fois que cette technique est utilisée sur un animal sauvage."

Pourquoi suivre les tortues?

Maintenant que les données ont été recueillies en conditions réelles, les scientifiques vont devoir les traiter. Et déterminer si l'expérience est concluante et, le cas échéant, peut ouvrir la voie à un développement massif de cette technologie.

Bien entendu, elle ne peut s'appliquer que dans un espace réduit. Les antennes, en effet, ne couvrent qu'un rayon d'environ 40 km. Pas gênant pour l'étude des tortues qui restent en général trois ou quatre ans sur un même site, avant de migrer ailleurs. Alors là, seulement, lors de ces grandes migrations, les balises par satellites redeviendraient nécessaires.

Et pourquoi, au fait, suivre les déplacements des tortues est-il aussi crucial? "Beaucoup de bateaux mouillent dans cette anse de Martinique. Savoir où se nourrissent les tortues, plutôt à gauche ou plutôt à droite de la baie, peut permettre de prendre des décisions pour interdire le mouillage à certains endroits, par exemple."

Autre exemple: "On peut interdire la pêche dans les couloirs migratoires qu'utilisent les tortues, dès lors qu'ils sont identifiés." Crucial, en effet.


1. Centre national de la recherche scientifique et Institut français de recherche intégrée en sciences marines.


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