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Ils achètent du cannabis aux Moulins à Nice et se font arrêter à Monaco alors qu'une forte odeur s'échappe de leur véhicule

Y avait-il "jour de marché" ce lundi 27 mai 2019 au quartier des Moulins, à Nice?

JEAN-MARIE FIORUCCI Publié le 01/06/2019 à 20:15, mis à jour le 01/06/2019 à 20:19
Le croupier et l’agent immobilier avaient acheté de la résine de cannabis à Nice avant de la fumer dans leur voiture. Connus des services de police, ils risquaient des peines fermes. (Illustration MM) Photo MM

Deux jeunes Monégasques avaient-ils mis à profit cette alternative afin d’acheter 64 grammes de haschich pour leur consommation personnelle? Peu malins toutefois, après avoir fumé quelque joint dans l’habitacle, ils rentraient en Principauté, vers 18 heures, par la voie du Jardin exotique. C’est-à-dire le lieu le plus surveillé du territoire monégasque par les policiers et 24 heures sur 24! Autant se jeter dans la gueule du loup…

L’arrivée de la petite Fiat 500, pourtant immatriculée à Monaco, attirait, non sans raison, le regard vigilant des fonctionnaires. Au moment de contrôler les occupants, une forte odeur caractéristique de cannabis émanait du véhicule. Dès les premières questions, le conducteur et son passager sortaient spontanément des sachets de substance brunâtre. L’agent immobilier et le croupier, 25 ans en moyenne, ont comparu, avant-hier mardi, devant le tribunal correctionnel.

"Depuis hier, je vis un cauchemar"

Menotté, ils apparaissent à l’audience de flagrance la mine déconfite. Au cours de l’instruction, le président Florestan Bellinzona ne va pas ménager les deux prévenus. « Outre l’interdiction, l’importation, petite cerise sur le gâteau : une information vous concernant est en cours. Vos téléphones portables ont été saisis pour constatation et des perquisitions ont été menées dans vos logements. Depuis quand consommez-vous ? Ça ne date pas d’hier… »

Le croupier annonce une période de « quatre ans et toutes les fins de semaine. Au total, une dizaine de grammes par mois. » L’agent immobilier parle d’une « consommation depuis l’âge de 16 ans sans trop de précision. Aujourd’hui, c’est occasionnel : un week-end sur deux. Depuis hier, je vis un cauchemar… »

 

"Vous n’êtes plus accessibles au sursis"

À les écouter aujourd’hui, aucun des deux détenus poursuivrait l’inhalation du chanvre. D’où la petite colère du magistrat: "Vous êtes allés dans un coffee-shop en Espagne il y a un mois pour acheter du cannabis et vous nous assurez que vous ne fumez plus? Vos casiers respectifs montrent des condamnations pour stupéfiants et ivresse au volant pour un; conduite alcoolisée et outrages à officier ministériel pour l’autre. Vous n’êtes plus accessibles au sursis…"

Même exaspération pour le procureur Alexia Brianti. "Ces deux-là minimisent leur consommation. On ne peut plus accepter pareil comportement pour un délit qui concerne un trafic de stupéfiants. Aujourd’hui, malgré les mesures de mise en garde, on les retrouve au tribunal." Cinq mois de prison ferme seront requis pour le croupier et deux mois pour l’agent immobilier.

"Ni mule, ni réseau, ni dealer…"

Dans la précipitation de la comparution, la défense a eu juste vingt minutes pour prendre connaissance du dossier. Un tour de force pour Mes Christophe Ballerio et Thomas Brezzo. Car ils ont obtenu la liberté de leurs clients par le biais des condamnations assorties de la liberté d’épreuve pendant trois ans. Seules les amendes respectives de 1.000 euros et 500 euros ne bénéficient pas du sursis.

 

Il a suffi à Me Ballerio de démonter la notion de trafic. "C’est un terme disproportionné. Dans ce dossier, il n’y a ni mule, ni réseau, ni dealer. 11 grammes? C’est une quantité quelconque pour votre tribunal. Offrez à mon client une dernière chance. Évitez l’incarcération. Une autre alternative existe…" Me Brezzo préférera calquer la stupidité de son client sur l’innocence de l’enfance.

"Il sort encore de chez papa et maman. Il découvre le monde avec ses problèmes. Tous les deux, c’est un peu 'Dumb et Dumber' qui sont partis aux Moulins. N’obérez pas leur avenir. Ce serait catastrophique pour leurs ambitions professionnelles…" Dans le secret du délibéré, le tribunal en a tenu compte.

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