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Il y a 370 ans : inauguration de la Chapelle de la Miséricorde

Mis à jour le 17/09/2016 à 05:05 Publié le 17/09/2016 à 05:05
La chapelle de la Miséricorde ; le tableau en céramique de Sprega sur le fronton de la chapelle ; le timbre de l'Archiconfrérie.	(DR)

Il y a 370 ans : inauguration de la Chapelle de la Miséricorde

Retrouvez chaque mois la chronique du Comité national des traditions monégasques

Le 25 septembre aura lieu la 21e édition de la Journée européenne du patrimoine. Cette année, le thème retenu en Principauté est « Le patrimoine sacré de Monaco ». À cette occasion, les pénitentes et les pénitents de la Vénérable Archiconfrérie de la Miséricorde accueilleront les visiteurs qui souhaiteraient découvrir les richesses patrimoniales de leur oratoire, la chapelle de la Miséricorde, qui fête cette année le 370e anniversaire de son inauguration.

Depuis le XVe siècle n'existait à Monaco que la confrérie des pénitents blancs qui avaient leur propre oratoire devant l'ancienne église paroissiale de Saint-Nicolas, sur l'emplacement actuel du palais de justice. Mais au début de l'année 1639, des divergences se sont manifestées au sein même des pénitents blancs, pour un motif tellement futile qu'on peut facilement imaginer que ces dissensions étaient préméditées. Toujours est-il qu'au moment des faits, une partie des pénitents quitta la confrérie et décida de s'établir séparément dans la grande rue - actuelle rue Comte-Félix-Gastaldi - pour fonder une compagnie distincte.

Ce fut là l'origine de la nouvelle confrérie dite des pénitents noirs de la Miséricorde. Le prince Honoré II approuva tout de suite cette nouvelle pieuse compagnie, accepta d'en être le premier prieur et lui permit de s'établir provisoirement dans la chapelle Sainte-Barbe, sur la place d'Armes (aujourd'hui place du Palais) où elle se réunit officiellement pour la première fois le 22 mai 1639 en attendant la construction de son propre oratoire.

De son côté, l'autorité ecclésiastique favorisa le développement de cette nouvelle association et lui permit rapidement de s'ériger en confrérie, après en avoir approuvé les statuts. Quelques jours auparavant, le 13 juin 1639, en présence du prince souverain et de son fils, après la messe chantée en l'église Saint-Nicolas, par le curé Don Dominique Pacchiero, douze coups de canon ayant été tirés en guise de salve, on se rendit processionnellement à l'endroit où se trouve actuellement la chapelle de la Miséricorde. Là, le prince Honoré II posa la première pierre de l'édifice qui devait abriter la nouvelle confrérie, placée sous les auspices de Notre-Dame de la Miséricorde.

Elle fut inaugurée le 28 janvier 1646 et l'on dit que c'est grâce aux dons généreux dictés par la piété édifiante de ses membres que ce lieu de culte a pu être progressivement aménagé et embelli. Cette année-là, le prince Honoré II avait fait prier l'évêque de Nice (avant 1887 la Principauté dependait de l'évêché de Nice), Mgr Palettis, de venir présider la fête de Sainte-Dévote, qui était, comme elle l'est encore aujourd'hui, célébrée avec beaucoup de solennité. Le lendemain matin, c'était un dimanche, à 16 heures, nous rapporte Don Pacchiero, l'évêque se rendit à l'église paroissiale de Saint-Nicolas, y célébra la sainte Messe, puis se dirigea vers la chapelle de la Miséricorde. Là, revêtu d'une chape blanche, mitre en tête, crosse en main, l'évêque bénit ladite chapelle, selon la forme prescrite par le rituel romain. Le prince, qui, ainsi que nous l'avons dit, était prieur de la confrérie, fit tirer une salve d'artillerie de douze coups de canon, puis pour la première fois, un prêtre monégasque, l'abbé Laurent Bosio, chapelain de la confrérie, célébra la messe.

On mit donc six ans et demi à bâtir cette chapelle devenue, depuis le 12 octobre 1813, après la fusion des pénitents blancs et des pénitents noirs, l'oratoire de la Vénérable Archiconfrérie de la Miséricorde où des générations de Monégasques sont venues implorer les grâces de cette Mère de Miséricorde.


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