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Il y a 30 ans, Michael Jordan et sa "Dream Team" étaient à Monaco: des privilégiés racontent leurs souvenirs

Plus grande équipe de basket jamais alignée sur un parquet, l’équipe américaine de 1992 s’était entraînée à Monaco avant son sacre olympique à Barcelone. Des témoins de l’époque se confient.

Thibaut Parat Publié le 12/07/2022 à 05:04, mis à jour le 12/07/2022 à 10:44
La "Dream Team" pose avec les ramasseurs de balles après un entraînement dans la salle Gaston-Médecin. Photo DR

On la surnommait "Dream Team" pour son agrégat de talents et son insolente facilité à déchaîner les passions. Trois décennies après son sacre olympique à Barcelone à l’été 1992, acquis après avoir infligé des roustes de 43 points de moyenne à ses adversaires, l’escouade américaine demeure dans les mémoires comme la plus grande équipe de basket-ball jamais alignée sur un parquet.

Quelques jours avant de rafler cette médaille d’or en terres catalanes, Michael Jordan, Magic Johnson, Larry Bird et consorts étaient à Monaco pour se familiariser avec l’arbitrage olympique - plus strict que celui de la NBA - et se frotter à la défense de zone de l’équipe de France, en match amical.

Du 18 au 24 juillet, cette année-là, la Principauté fut en ébullition. Particulièrement aux abords de l’hôtel Loews, doté de lits XXL, où créchaient ces colosses et monstres sacrés de la balle orange. De quoi perturber les participants à un championnat du monde de backgammon, installés au même moment dans une aile de l’établissement. "Il y avait toujours beaucoup de fans devant l’hôtel pour demander des autographes quand les joueurs sortaient", témoigne un cadre de l’hôtel de l’époque.

Les joueurs américains ont joué le jeu des photos et des autographes avec les ramasseurs de balles du club de basket monégasque. Photo DR.
Les ramasseurs de balles. Photo DR.

Les mêmes panneaux de basket qu’à Barcelone

Même scène de liesse aux abords du stade Louis-II puisque le staff américain avait privatisé la salle Gaston-Médecin pour l’occasion.

 

"Pour qu’ils ne soient pas dépaysés, on avait fait livrer et installer les mêmes panneaux de basket que ceux sur lesquels ils allaient jouer à Barcelone, se souvient Gérard Giordano, chargé de la logistique, en qualité d’attaché administratif au stade Louis-II et dirigeant de l’AS Monaco basket. Ils ont demandé à avoir des ramasseurs de balles pour les entraînements. Les joueurs ont été formidables avec eux. Ils posaient en photo à leurs côtés, discutaient avec eux. Ils leur ont même donné leurs chaussures. Mon fils, Guillaume, a eu celle de Karl Malone."

Ferxel Fourgon, alors âgé de 16 ans et désormais speaker de la Roca Team, se souvient d’avoir abreuvé Patrick Ewing de ballons pour qu’il peaufine son adresse au shoot, d’avoir défendu sur Michael Jordan le temps d’une mini confrontation improvisée entre eux, les ball boys, et ces légendes du basket. Sans oublier la discipline de fer qui régnait. "Peu importe le montant qu’ils touchaient à l’époque, quand l’entraîneur les appelait, tout le monde rappliquait. On avait pris ça en exemple dans notre équipe de cadets", sourit-il.

Durant cette semaine, la Dream Team de Michael Jordan avait affronté l'équipe de France en match amical. Résultat sans appel : 111-71 pour les Américains. Photo DR.

"Personne n’a pris la mesure de ce qu'il se passait"

De ce passage en Principauté naîtra un moment de légende, conté bien des années plus tard et relaté dans le documentaire Netflix sur Michael Jordan (The Last Dance) : une opposition musclée en fin d’entraînement entre l’équipe de MJ et celle de Magic Johnson et Larry Bird devenue le symbole d’une passation de pouvoir entre deux générations.

"Sur le moment, c’était un entraînement comme un autre. Mais cela a pris de l’ampleur sur la fin. Ils parlaient très fort entre eux ce jour-là. Personne n’a pris la mesure de ce qu’il se passait", relate Ferxel Fourgon. L’histoire a fait le reste.

 

Car, sur le moment, c’est plutôt le match amical entre la France et les États-Unis qui déchaîna les foules. 3.200 places vendues comme des petits pains, entre 300 et 400 francs. "C’est la seule fois de ma vie où j’ai vu des fans dormir devant la billetterie pour être certain d’avoir un billet", se rappelle Gérard Giordano. Certains, venus de contrées lointaines, repartiront bredouilles et frustrés.

Sur le parquet, même si le résultat importait peu au final, la Dream Team n’a pas fait dans la dentelle en mettant 40 points aux joueurs tricolores (111-71).

En dehors du match contre l’équipe de France et des entraînements, auxquels ont pu assister de jeunes basketteurs monégasques de l’époque, les joueurs de la Dream Team ont pu profiter des joies de Monaco et de la Côte d’Azur: casino et parties de golf, par exemple. Photo DR.

Jordan, amateur de golf
et de cigares

Accessibles, les basketteurs américains l’étaient aussi en dehors du terrain. "En tant qu’amateur de cigares, j’avais accompagné Michael Jordan à la Régie des tabacs pour qu’il en achète. Je l’avais aussi déposé au Monte-Carlo Golf Club pour jouer", raconte Gérard Giordano.

Sur le parcours de golf dominant la Principauté et la Grande bleue, la star des Chicago Bulls avait effectué un 18 trous avec Frédéric Ruffier-Meray, professionnel du MCGC depuis 1987.

"On avait joué plusieurs fois ensemble, deux années auparavant, alors qu’il était invité par des sponsors à Monaco. Il commençait tout juste le golf. En 2h30, contre 4h habituellement, on bouclait un 18 trous.

Il était très physique et tapait très fort dans la balle, à plus de 300 mètres, mais il n’était pas toujours précis. Ça le pénalisait un peu, sourit le golfeur. Quand il est revenu avec la Dream Team, je leur avais organisé une exhibition golf. Son jeu s’était amélioré.

 

Il m’a donné du fil à retordre. Comme il aimait parier, on a joué quelques dollars. Il m’a invité au match contre l’équipe de France puis on ne s’est plus jamais revu."

Mais le souvenir, lui, demeure. À tout jamais. Comme tous ceux qui ont croisé le chemin de la Dream Team cette année-là.

Offre numérique MM+

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