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"Il est temps de retrouver un semblant de vie normale": un pilote d’hélico témoigne après avoir relié Nice et la Roya pendant 7 mois

Mis à jour le 10/05/2021 à 18:20 Publié le 11/05/2021 à 07:30
Xavier Idiart après un atterrissage à Tende, en janvier dernier.

Xavier Idiart après un atterrissage à Tende, en janvier dernier. (Photo Eric Ottino)

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"Il est temps de retrouver un semblant de vie normale": un pilote d’hélico témoigne après avoir relié Nice et la Roya pendant 7 mois

« L’hélico-taxi », c’est fini. Depuis la tempête Alex, la société varoise Héli Sécurité proposait des rotations entre Nice et la Roya, financées par la Région. L’un de ses pilotes raconte cette mission hors norme.

Les passagers débarquent de l’EC-130 de Héli Sécurité, en provenance du littoral.
Les passagers débarquent de l’EC-130 de Héli Sécurité, en provenance du littoral. Eric Ottino / Nice Matin

Clap de fin. L’écureuil est redescendu de la montagne. L’EC-130 affrété par Héli Sécurité a rempli sa mission: faciliter la vie quotidienne dans la Roya. Cinq pilotes, près de 200 rotations, plus de 4500 voyageurs, 190.000 euros engagés par la Région Sud: ce pont aérien hors norme s’est achevé, ce lundi, plus de sept mois après la tempête Alex.

Xavier Idiart, 36 ans, a assuré à lui seul une soixantaine de rotations. Originaire de Biarritz, Dracénois d’adoption, cet ancien de l’armée de Terre a rejoint en 2007 Heli Sécurité, à Grimaud. D’ordinaire, la société varoise transporte des passagers entre Côte d’Azur et Saint-Tropez, ou dans les Alpes du Nord en hiver. Mais dans la Roya, "l’ordinaire" a été chassé du vocabulaire.

La tempête des 2 et 3 octobre 2020 a bombardé la route et coupé la ligne ferroviaire. D’où le recours à la voie des airs. La Région a maintenu l’"hélico-taxi" jusqu’au retour du train dans la haute Roya, le 3 mai. Xavier Idiart est celui qui aura le plus volé, avec une capacité de six passagers par voyage. Il raconte.

Dans quel cadre êtes-vous intervenus dans la Roya?

La Région Sud nous a mandatés pour effectuer des navettes entre Nice et Tende, puis entre Tende et Breil. J’ai fait le premier vol, le mardi après la tempête. Au départ, nous faisions deux rotations par jour. Puis nous sommes passés à deux rotations, trois jours par semaine.

Dans quelle situation avez-vous trouvé les premiers passagers?

C’était le chaos. Ils étaient coupés de tout. Les routes avaient disparu, les ponts avaient quasi tous sauté, des maisons étaient coupées en deux, des voitures réduites à une boule de métal… Ca montrait à quel point les éléments s’étaient déchaînés. Une trentaine d’hélicoptères survolait la Roya et la Vésubie, c’était une autoroute quotidienne! Dans ce chaos, on les ramenait à la "civilisation".

Quels étaient les profils de vos passagers?

Les premiers jours, nous avons redescendu des habitants qui rejoignaient leur famille sur la Côte, avec un simple sac à dos. Au fil du temps, on montait et descendait essentiellement du personnel médical du CHU de Tende. Mais aussi quelques villageois de Tende ou Breil, qui avaient des rendez-vous médicaux sur Nice. Il leur fallait 2h30à 3h par voie terrestre; en hélico, la jonction prend 20 minutes.

Quel a été votre souvenir le plus fort?

Le moment qui m’a le plus marqué, c’est ce "papy" qui m’a remercié, les larmes aux yeux, en arrivant à l’aéroport de Nice. Il était coupé de sa famille depuis quatre jours, sans moyen de communiquer avec eux. On sentait un gros soulagement... pour ne pas dire une délivrance.

Avez-vous vu le moral des habitants évoluer au fil des mois?

Ils avaient le sentiment d’être laissés pour compte. Là, ça allait un peu mieux. Je pense qu’il leur tardait de retrouver le train, après avoir rouvert la supérette à Tende. Grâce au travail monstrueux effectué au sol, la vallée a évolué dans le bon sens, même si c’était très lent. L’arrivée du train va remettre un bon coup de boost avant la saison estivale.

A l’annonce du retour du train, avez-vous éprouvé du soulagement ou un brin de nostalgie?

Du soulagement pour la vallée. Elle n’a pas été gâtée, avec encore une mini tempête en janvier, l’incendie en avril... Il est grand temps pour ses habitants de retrouver un semblant de vie normale. Pour moi, cela restera une très belle mission. J’ai l’impression d’avoir été utile à ces gens-là, à mon niveau.

Les derniers mots que vous ont dit des passagers?

"Merci", tout simplement. Avec un grand sourire. Parfois, il ne faut pas de grandes phrases... Ils étaient un peu nostalgiques de voir [la liaison en] hélicoptère s’arrêter. La plupart n’en avait jamais pris auparavant. Ca a été une expérience pour eux aussi.

 

 

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