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Il avait accueilli des milliers de personnes en exil dans sa maison de Tourrettes-sur-Loup, Hubert Jourdan est mort

Disparition d’un solidaire. Figure de la défense des droits humains, il avait accueilli des milliers d’hommes et de femmes en exil dans sa petite maison à Tourrettes-sur-Loup.

La rédaction Publié le 17/11/2021 à 21:00, mis à jour le 17/11/2021 à 21:49
Hubert Jourdan s’est éteint à l’âge de 68 ans dans les Pyrénées où il avait rejoint sa famille. (Photo Frantz Bouton)

Hubert Jourdan est mort. Il s’est barré sans dire au revoir alors qu’il me devait une bouteille de poire ou bien, c’est moi qui lui en devais une, je ne sais plus. Tu venais de te barrer loin de Nice pour rejoindre les Pyrénées. Tu venais de nous quitter une première fois et maintenant tu nous quittes pour la dernière fois ».

Les mots de Cédric Herrou, sobres, simples, ressemblent à Hubert Jourdan. Un discret. Un humain. Un compagnon de lutte du paysan de la Roya et un frère de tous les solidaires qui ont œuvré à Vintimille.

Dans la nuit de lundi à mardi, Hubert Jourdan, 68 ans, s’est éteint dans les Pyrénées où il avait rejoint sa famille. Un dernier voyage dans ses montagnes en écho à d’autres voyages dans les montagnes de la Roya, où il a fait passer gratuitement des dizaines de migrants de Vintimille à la France.

Son salon toujours ouvert aux exilés

Dans leur ouvrage "Les sentinelles", la fondatrice de l’Association pour la démocratie à Nice (AdN) Teresa Maffeis et notre consœur de Nice-Matin Aurélie Selvi, racontent sa silhouette de grand échalas clope au bec. Et sa petite maison, cachée aux regards de Tourrettes-sur-Loup où il a accueilli des milliers d’exilés depuis 2015, début de la crise des migrants. Son salon toujours ouvert était un lieu de répit, une halte pour ces hommes et ces femmes en quête d’une vie meilleure.

De l’Afrique à Nice

Employé dix ans dans des ONG internationales, Hubert Jourdan avait arpenté des camps de réfugiés du Kosovo au Pakistan en passant par l’Albanie et l’Afghanistan avant de devenir coordinateur de l’association niçoise Habitat & Citoyenneté au côté de Nicole Scheck notamment.

"Il avait l’accueil dans le sang. Il était l’empathie même", se souvient son ami, le militant associatif, Michel Rueher.

 

"Il ne connaissait pas le mot repos", salue, de son côté, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH).

"Hubert Jourdan était un infatigable citoyen solidaire, simple et sincère", rend hommage l’association "Tous Citoyens!".

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