"Il aimait les gens et était aimé de tous": les fidèles pleurent et se souviennent de Mgr Barsi

En la chapelle de la Miséricorde, où une chapelle ardente a été dressée, des dizaines de fidèles se sont succédé auprès du cercueil de l’ancien archevêque de Monaco. Ils racontent le personnage.

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Thibaut Parat Publié le 03/01/2023 à 10:30, mis à jour le 03/01/2023 à 11:38
Les fidèles peuvent encore se recueillir aujourd’hui, de 9h à 19h, auprès du cercueil de Mgr Barsi à la chapelle de la Miséricorde. Photo Jean-François Ottonello

Au compte-gouttes, les fidèles pénètrent au cœur de la chapelle de la Miséricorde, nichée sur le Rocher. Certains prennent place sur les chaises, croisent leurs mains et prient de longues minutes en silence. D’autres s’avancent directement vers le cercueil installé au pied de l’autel, saisissent le goupillon et l’aspergent d’eau bénite, avant d’aller noircir les pages du registre de condoléances.

Depuis 14 heures ce lundi, place de la Mairie, l’affluence est continue pour rendre hommage à Mgr Bernard Barsi, ancien archevêque de Monaco de 2000 à 2020, disparu subitement le 28 décembre à Nice.

"C’est une belle initiative, salue Thibault, résident monégasque et paroissien à l’église Sainte-Dévote. C’est important de pouvoir lui dire au revoir. On n’a pas souvent l’occasion de veiller les morts. J’ai eu une prière pour lui, pour le Pape Benoit XVI et tous ceux qui nous ont quittés dans ce monde."

Les fidèles se recueillent devant le cercueil de Mgr Barsi installé au cœur de la chapelle de la Miséricorde. Photo Jean-François Ottonello.

Des hommages dithyrambiques

Les regards s’embuent au moment de distiller une anecdote et d’aborder la personnalité affable de ce Niçois, qui fut la troisième personnalité de l’État monégasque, après le Prince et le Ministre d’État. "Je ne connais personne qui dirait un mot de travers sur lui, sourit Arlette, résidente de la Principauté depuis 35 ans et membre de la paroisse Saint-Nicolas. Il aimait les gens et était aimé de tous. Nous le garderons dans nos cœurs et le considérions comme un membre de notre famille."

Pour certains, comme Anastasia Gressent, Niçoise et fille de diacre, arrivée parmi les premiers dans la chapelle ardente, Mgr Bernard Barsi avait justement partagé bon nombre de moments familiaux. "Il a baptisé mon frère à Grasse, est venu à la maison au chevet de mon père mourant. Il venait parfois manger chez nous. C’était un grand homme, quelqu’un de profondément gentil. C’est une perte immense pour tous les catholiques."

Jean-Noël Piana, paroissien au monastère de Cimiez et responsable pastoral de l’école Saint-Joseph à Nice, se montre tout aussi dithyrambique dans son discours d’hommage et use volontiers de superlatifs pour dépeindre celui qu’il considérait comme un ami. "Il était vivant, enthousiaste, humble, aimant, empathique, fidèle en amitié. La bonté et la joie de vivre émanaient de sa personne, décrit-il, citant, au passage, une anecdote personnelle truculente. On a passé plusieurs réveillons ensemble. Je me souviens de lui portant un sombrero et chantant des musiques espagnoles. Si vous le croisiez à cet instant précis, vous n’imaginiez pas qu’il était l’archevêque de Monaco. C’était un bon vivant."

"Il était proche de nous"

C’est un épisode plus institutionnel qu’ont choisi Dario et Nicoletta Rapelli pour raconter l’homme d’Église. Ce jour de 2011, aux côtés de Mgr Bernard Barsi à FANB, ils rencontrent les parents de Chiara Luce Badano, une jeune Italienne décédée d’une tumeur à 18 ans, en 1990, et béatifiée en 2010. "Nous avions été touchés par son humanité, par l’intérêt qu’il avait porté à ce poignant témoignage. Il posait des questions, mettait à l’aise. Sa bienveillance, son ouverture d’esprit et son contact facile étaient la caractéristique d’un homme du Sud."

Membre de la Vénérable archiconfrérie de la Miséricorde, Philippe Bertagnin, ne peut s’empêcher de verser une larme à la vue du cercueil. "Il était proche de nous. On était comme ses enfants, estime-t-il. Malgré son statut, on pouvait discuter avec lui comme avec n’importe qui. Il ne se sentait pas au-dessus. Alors que c’était presque un Dieu."

On l’aura compris, l’archevêque émérite de Monaco laissera un vide immense dans le cœur des fidèles, lesquels ont encore aujourd’hui, de 9h à 19h, pour veiller sur sa dépouille en la chapelle de la Miséricorde. Avant les obsèques programmées ce mercredi en la cathédrale de Monaco.

Un registre des condoléances est disponible sur place. Photo Jean-François Ottonello.

La chapelle ardente encore ouverte aujourd’hui pour les fidèles

Au fil des heures en la chapelle de la Miséricorde, les pages du registre des condoléances ont été noircies par des dizaines et dizaines de fidèles désireux d’adresser une ultime pensée au défunt. La chapelle ardente reste accessible aujourd’hui, de 9h à 19h, avant les obsèques et l’inhumation programmées ce mercredi en la cathédrale.

Jean-Claude: "Monseigneur Barsi, un noble prélat qui donnait vie et force à sa religion."

Claude: "J’aimais votre simplicité. Merci pour votre exemple. "

Famille Romani: "Avoir eu la chance de côtoyer un grand homme toujours disponible, un mot pour chacun. Le Rocher restera sa famille. Toujours présent dans nos pensées."

Carla: "Une personne très importante du diocèse nous a quittés, il avait fait beaucoup pour Monaco et, bien qu’à la retraite, venait nous rendre visite à chaque occasion."

Sylvie: "Hommage à un homme de foi, de paix et d’humanité. Il nous manquera."

Diacre Robert Ferrua: "Monseigneur, merci pour tout. Vous m’avez ordonné diacre et je suis un diacre heureux. Merci pour toutes les missions que vous m’avez confiées. Elles m’ont fait grandir dans ma foi, dans mon espérance, dans ma charité. Je ne vous oublierai jamais."

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