“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Soutenez l’info locale et Monaco-Matin > Abonnez-vous

Il a soigné Pirès, Vieira, Mandanda... On a rencontré le médecin préféré des sportifs à Saint-Raphaël

Mis à jour le 28/11/2020 à 23:19 Publié le 29/11/2020 à 07:00
Le Dr Fichez.

Le Dr Fichez. Photo Philippe Arnassan

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Il a soigné Pirès, Vieira, Mandanda... On a rencontré le médecin préféré des sportifs à Saint-Raphaël

Rhumatologue de renom, le Dr Fichez a placé Saint-Raphaël sur la carte de la médecine du sport.

Des fichiers au nom de sportifs connus classés sur un écran. Ceci n’est pas l’ordinateur d’un jeune fan collectionnant des photos de ses idoles en action. Plutôt celui d’un passionné, devenu rhumatologue. Ici, les dossiers renferment des images d’athlètes… de leurs pathologies décelées puis soignées.

Posé sur son bureau de la place Coullet depuis 1996, l’ordinateur d’Olivier Fichez est ainsi organisé. Eunice Barber, Vincent Clerc, Richard Gasquet, Steve Mandanda, Victoria Ravva ont visité ce cabinet ouvert à tous, pas qu’aux vedettes.

Installé à Saint-Raphaël depuis 1991

L’ambition de l’immeuble ‘‘Le Saint-Louis’’ était de "créer avec des confrères associés un centre médical d’imagerie et de diagnostic complet. Ce qui permet à certains patients de venir de loin".

Le praticien a élu domicile à Saint-Raphaël en 1981, bien avant d’être le ‘‘rhumatologue des stars’’ mais avec déjà les compétences. À cette époque, il arrive de l’Université Paris-Descartes avec en poche un Diplôme d’études spécialisées (DES) en rhumatologie (1979).

Le major de promo pense alors que "Paris ne sera pas une bonne ville pour [ses] enfants". Ainsi, direction le sud de la France – "le meilleur choix de ma vie", savoure aujourd’hui l’intéressé. Dans une commune qu’il connaît bien pour avoir pris l’habitude de s’y retrouver, chaque vacances d’été au sein de la maison secondaire des parents, "entre cousins d’une famille explosée partout dans le monde, de Tahiti à Djibouti".

Sa maman a vécu à Saint-Raphaël plus jeune. Son papa, dont une rue porte son nom à Valescure, gérontologue de métier, a créé, en 1948 dans la banlieue parisienne, le centre Jean-Moulin, destiné à la réadaptation post-cure des déportés de guerre atteints de tuberculose et autres infections pulmonaires et osseuses.

Fichez fils débarque, cette fois, définitivement dans la cité de l’Archange. Avec sa femme, une Américaine née en Caroline du Nord passée par la Sorbonne et rencontrée au lycée, à Paris. L’histoire et le destin retiendront que pour leur première balade sur la plage du Débarquement, la fille de ‘‘GI’’ a marqué un temps d’arrêt.

Une amitié née avec Gourcuff

Le lieu ne lui était pas inconnu. Très vite une image lui revient en tête. Celle forgée des souvenirs contés par son paternel, soldat américain parachuté en 1944 au pied de l’Esterel. Un massif que le sexagénaire (69 ans) adore parcourir en VTT.

Seul ou parfois accompagné d’un certain Yoann Gourcuff, visiteur régulier du secteur, qu’il a longtemps suivi et soutenu – parfois médiatiquement "mais toujours avec son aval" – durant sa carrière, "jusqu’à devenir amis". 

Médecin jusqu’à l’os, le spécialiste a également forgé son carnet d’adresses épais comme un Vidal par la relation qu’il parvenait à tisser avec les ‘‘bêtes’’ – blessées au moment de la consultation – mais ‘‘bêtes’’ de compétition avant tout.

"Au-delà du médical, ma nature me pousse à appréhender au mieux l’homme. Au-delà du caractère strict du diagnostic, la communication est essentielle pour faire comprendre clairement, vulgariser la blessure".

Suffisant pour alléger, quelque peu, le poids de la décision, lorsqu’une absence à une grande compétition est en jeu.

"Annoncer à Robert Pirès qu’il ne fera pas la Coupe du Monde 2002 pour une rupture des ligaments croisés, ce n’est pas facile. Mais quand il se les refait en 2006, il vient tout de suite me voir." Cette même connexion l’a poussé à accueillir sur son épaule, dans le vestiaire seul avec lui, un grand gaillard de boxeur en pleurs avant un combat.

Autre atout sorti de sa blouse, outre les connaissances médicales, sa pratique sportive. Rugbyman au Carf du temps du président Rossi à son arrivée dans le Var, le demi-d’ouverture s’est lié d’amitié avec Jean-Pierre Prat, ‘‘son’’ demi de mêlée, comme il l’appelle encore, les yeux embués. "Il est décédé sur l’un des rares entraînements que j’ai loupé. Numéro 9 et 10, c’est fusionnel, une liaison à part". 

Après avoir également touché au football, c’est désormais au tennis que le passionné s’adonne une fois par semaine.

"Pour connaître la technicité de chaque sport et ses technopathies, ces blessures dues à la répétition d’un geste, c’est important. Un revers, même réussi, sollicite le tendon. Mais ce ne sera pas pareil pour un professionnel ou un amateur à la technique différente", argue celui qui expose discrètement, dans le coin de la pièce, les équipements offerts et dédicacés par les sportifs.

Chouchou des Gunners

"Le diagnostic est le même. Seul le traitement va différer entre un pro et un amateur. C’est cette adaptation qui m’a le plus plu, encore plus que de m’intéresser à l’os, cet organe vivant, qui est à l’origine de ma spécialisation".

Jusqu’à s’imposer en spécialiste et précurseur de la rhumatologie du sport, en lien avec ce qui deviendra le Cers, réputé en France et à l’étranger. Des ‘‘Invincibles d’Arsenal’’ années 2000 (Vieira, Petit, Ljungberg...) à Olivier Giroud fidèlement venus de Londres pour jouir de son expertise. "Ce qui fait le bonheur des chauffeurs de taxi au départ de l’aéroport de Nice", sourit l’expert qui a autant acquis l’oreille d’Arsène Wenger, ex-boss des Gunners, que de Jean-Michel Aulas, patron de l’OL.

Sans ne jamais perdre de vue une phrase que lui répétait son père: "La médecine c’est donner des années à la vie et donner de la vie aux années". C’est en ce sens que ce "rigoriste cartésien", selon ses mots, continue ses recherches pour "mettre les chirurgiens à la retraite, rigole-t-il. Autrement dit, limiter le recours à l’opération, comme avec le PRP que j’ai introduit, d’abord pour les sportifs et aujourd’hui pour tous, en France dès 2008."

Pas question donc de penser à la retraite. Les sportifs le remercient. Les taxis aussi.

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.