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Il a habillé les plus grands: le tailleur cannois Claude Bonucci exerce depuis 57 ans

Implanté à Cannes depuis plus de quarante ans, le tailleur niçois a rouvert sa boutique à l’issue des travaux de rénovation de la galerie du JW Marriott. Du sur-mesure pour le monde entier

Gaëlle Arama Publié le 26/10/2021 à 15:54, mis à jour le 26/10/2021 à 14:47
Tailleur à Nice puis à Cannes, Claude Bonucci perpétue le savoir-faire de la haute couture depuis presque 60 ans. Photo Patrice Lapoirie

Baskets colorées, veste bleu électrique, pochette rouge. Et sa médaille de Meilleur Ouvrier de France accroché au cou en mode cravate. Claude Bonucci, 80 ans, règne toujours sur la place cannoise comme historique tailleur pour homme.

Après plus d’un an de fermeture dû aux travaux de rénovation du JW Marriott, l’enseigne Claude Bonucci vient de rouvrir. Le couturier continue de couper dans le lin, la laine ou la soie, des costards qu’il aime colorés.

Ciseau et mètre ruban comme armes fatales. Du sur mesure qui impose 60 à 70 heures de travail. Ou du "prêt à essayer" avec retouches à la clef. "Avec un dé et une aiguille, on peut faire le tour du monde et être innovant", aime-t-il à dire.

C’est l’histoire de sa vie. Celle d’un fils de tailleur, né en 1941, qui reprend le flambeau de son père, parti trop tôt. " J’ai appris le métier avec un sourd et muet. On se parlait avec les yeux".

 

"La couleur, c’est la vie"

C’est vêtu du premier costume bleu ciel qu’il a taillé lui-même, que le jeune Claude va se former à Londres. A 19 ans à peine. "Je voyais les hommes en noir, gris et marron, C’est là que je me suis dit: j’habillerai l’homme avec de la couleur. La couleur, c’est la vie!"

Une idée innovante qui fait mouche dans sa première boutique atelier de la rue Miollis à Nice qu’il ouvre en 1964. Son premier client? Enrico Macias. "Dès qu’il venait, c’était la foule des chasseurs d’autographes" s’amuse le couturier.

En 1980, Claude Bonucci ouvre une boutique à Cannes. Fait la promotion du savoir faire français au Japon avec Edith Cresson. Voyage au Moyen Orient ou en Russie. Plaide la cause de l’apprentissage à Matignon. Ouvre des boutiques à Monaco ou Saint-Tropez. Habille le gratin.

Prince en manteau de cachemire

Ses clients? Claude François, Charles Aznavour, Adamo, Robert Charlebois, Elton John, Serge Lama... En 1985, c’est le mythique Prince qui le sollicite pour avoir dans l’urgence un long manteau en cachemire blanc pour son film "Under the cherry moon". "

J’ai commandé le tissu en Italie et travaillé toute la nuit" se souvient le styliste. Témoin de ces années de gloire, sa veste iconique-livre d’or, en bleu blanc rouge, signée par Séguela ou François Léotard trône encore dans son magasin. Les stars du cinéma (de Mickey Rourke à Robert Hossein), les figures médiatiques (d’Yves Mourousi à Philippe Bouvard) passent aussi par ses cabines d’essayage. Et entre ses doigts experts.

Denisot et Coluche: smokings à l’eau

Il a mille anecdotes. Se souvient pendant un Festival, ces smokings créés pour Denisot et Coluche. "Ils avaient plongé avec dans une piscine lors d’une émission. Dur de les récupérer pour la montée des marches..." Ou de cette jacquette en draperie anglaise destinée... au prince Rainier de Monaco!

 

La recette du succès? "J’habille les gens en fonction de leur personnalité. Bien s’habiller pour bien vivre".

Le secteur en crise? "Avant les Japonais venaient photographier pour nous copier. Aujourd’hui, il n’y a plus de fabrique française!".

Claude Bonucci, lui, est toujours là. Prêt à vendre du rêve, à partir de 2000 e le costume. La belle étoffe dans le bel ouvrage. Depuis 57 ans.

En 1996, avec Mickey Rourke lors d’essayages à l’hôtel Negresco à Nice. Photo DR.
En 1985, Prince vêtu du fameux manteau signé Bonucci.
En 1991, Charles Aznavour et le tailleur cannois au Palm Beach. Photo DR.

Offre numérique MM+

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