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Hugo Micallef, ce boxeur qui rêve des Jeux Olympiques

Mis à jour le 05/08/2019 à 10:01 Publié le 05/08/2019 à 10:01
Hugo Micallef (en bleu) aux Jeux européens contre le Slovaque Thomas Zoldt, en juin dernier. 	(DR)

Hugo Micallef, ce boxeur qui rêve des Jeux Olympiques

Espoir monégasque, le boxeur de 21 ans affiche une grande détermination pour se qualifier aux JO de Tokyo en 2020. Tout juste diplômé, il se consacre à 100% à sa discipline cette année

Sa tignasse blonde, son air encore juvénile et son langage châtié lui donneraient presque l’air d’un enfant de chœur. Presque. Car son visage laisse apparaître quelques cicatrices. Stigmates de joutes rugueuses sur les rings de boxe. Hugo Micallef prend des coups, comme tout boxeur. Mais le Monégasque de 21 ans, 69 kg de muscles saillants à la balance, en distille bien volontiers.

Classé cinquième meilleur boxeur européen dans la caste des super-welters, les statistiques parlent pour lui. A son compteur, 90 combats, 71 victoires, 19 « défaites ou vols » et une moisson de médailles : 19 figurent à son tableau de chasse, dont 13 en or. Un butin bien fourni pour le boxeur de l’ASM Boxe à qui l’on prédit un avenir radieux. Certes, la dernière compétition des Jeux européens à Minsk (Biélorussie), en juin dernier, ne lui a guère souri. Défait en quart par le champion en titre, Pat McCormack.

« J’ai débuté le combat avec un œil boursouflé et une épaule déboîtée. Je n’étais pas à 100 % de mes capacités et j’ai perdu aux points, à la régulière », regrette-t-il.

« Je ne me consacre plus qu’à la boxe »

Une contre-performance qui n’entache pas sa préparation à une échéance cruciale. A un dessein que tout sportif de haut niveau rêve d’embrasser. Les Jeux Olympiques. À Tokyo, en 2020. Mais, pour cela, il faut d’abord se qualifier. « Je viens d’obtenir mon bachelor en marketing de luxe après trois années d’études à l’IUM de Monaco. Désormais, je ne me consacre qu’à la boxe pour préparer les qualifications aux Jeux Olympiques. Tout a été un peu chamboulé dans les hautes sphères de la boxe amateur. On ne sait pas trop comment ça va se dérouler »

Limité logistiquement dans sa préparation à la salle monégasque Manu-Comte, Hugo Micallef est bien souvent contraint à se délocaliser pour préparer de telles échéances. Aux Mureaux, en région parisienne, très souvent. À Miami, pour le mois d’août, chez Pedro Dias, considéré comme l’un des meilleurs entraîneurs de boxe anglaise au monde. « C’est un maître. Il a entraîné des boxeurs comme Miguel Cotto et Guillermo Rigondeau. C’est lui qui nous a demandé de venir, souligne Andrei Micallef, le père du jeune boxeur et président de l’ASM Boxe. Hugo est dans une année charnière pour se donner à 100 % à la boxe. Là-bas, il va préparer les championnats du monde, prévus le 7 septembre en Russie. Peut-être plus. On a vu que sans préparation, il était déjà très performant. Pedro Dias a dit que c’était absolument possible qu’Hugo fasse une médaille aux JO. »

Dans les yeux d’Andrei Micallef, on lit une fierté non feinte. Celle du premier supporter d’Hugo. Celle d’un père pour son fils. Mais, aussi, celle de l’ancien boxeur. Lequel présentait pourtant des réticences à voir sa progéniture enfiler des gants de boxe, comme papa et tonton.

« Quand je suis né, mon père ne m’a jamais vraiment parlé de boxe. Pour apprendre à me défendre, il me faisait taper dans ses mains, se rappelle Hugo Micallef. J’ai beaucoup aimé ça, j’avais la boxe dans la tête. Mon père ne voulait pas car il connaissait les risques que cela engendrait : les blessures, les cicatrices, la dangerosité du sport. Il y a déjà eu des morts sur le ring. Un père imagine mieux que cela pour son fils. »

Le paternel retourne pourtant vite sa veste quand, lors d’une journée sport à Valberg, il observe son garçon de 8 ans se distinguer entre les cordes. « Personne n’avait les bases, c’était vraiment la baston, rigole Hugo Micallef. Moi, j’avais des bases apprises dans ma chambre. Mon père a été impressionné et a voulu me mettre dans une salle. »

Hugo Micallef a 8 ans. Pas l’âge requis à Manu-Comte qui n’intègre les boxeurs qu’à partir de 10 ans. Un peu d’insistance, une démonstration et voilà que le coach de l’époque craque devant son jeu de jambes. Il y boxe toujours depuis. Après trois ans de sparring - des combats sans décision - le Monégasque combat à 11 ans pour la première fois en amateur, en sautant la case loisir.

« C’était à Marseille. Ce jour-là, j’ai dominé l’adversaire. Mais je me suis fait voler. C’est le lot de tous les boxeurs », reconnaît-il. Pas abattu pour un sou, il enchaîne les combats, grimpe les échelons, décroche un titre de champion de France en cadet puis une médaille d’argent aux championnats de France junior. Radié de la fédération française pour avoir concouru aux championnats d’Europe sous les couleurs monégasques, Hugo Micallef rebondit à l’international.

Un mal pour un bien.

« Il a tout de suite prouvé que c’était son niveau », explique son père.

« Hugo, c’est un artiste »

S’il échoue en quart aux championnats du monde, il bat un par un quasiment tous les champions nationaux de l’Europe de l’Est. À quelques exceptions près, comme cette fois en 2018 où il s’incline au premier tour des Jeux méditerranéens pour une chaussure trop... lisse. Un épisode qu’il n’aime guère conté. Une erreur de débutant qui ne lui ressemble pas.

Preuve en est, le monde professionnel commence à lui faire les yeux doux. « Deux promoteurs étrangers m’ont déjà contacté », annonce Andrei Micallef. Pour moi, c’est un artiste. Son jeu de jambes, la propreté des coups, il avait ça dans le sang. Il est capable de faire des choses que peu de boxeurs savent faire. » Un artiste, c’est un peu comme ça qu’Hugo se perçoit. Au sens scénique du terme, sans prétention.

« Ce qui me plaît, c’est le show. Je vois vraiment le ring et le combat comme une prestation et un spectacle de danse. C’est comme si je dansais, pour que ça soit beau à voir. Avant le combat, j’ai des rituels confidentiels. Puis, je salue les juges d’un geste de la main et du pied, et je fais le tour du ring. C’est pour m’approprier le ring. C’est un ascendant psychologique à prendre sur l’adversaire avant le combat », confie le jeune homme. Un rituel qui a payé 71 fois. Et - qui sait ? - payera au moment de fouler le ring des Jeux Olympique.


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