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Hommage à l'organiste René Saorgin

Il fut, de 1984 à 2005, organiste de la cathédrale de Monaco.

André PEYREGNE Publié le 27/06/2016 à 05:10, mis à jour le 27/06/2016 à 05:10
Vibrant hommage rendu, hier, à la cathédrale de Monaco, à René Saorgin, par une pleïade de musiciens organistes, qui étaient tous ses anciens élèves. Cyril Dodergny

Combien de fois l'a-t-on vu se glisser dans la pénombre de la cathédrale et se diriger humblement vers l'escalier qui monte vers l'orgue ! Tout dans sa démarche, dans sa personne, dans la manière de s'exprimer traduisait sa modestie. Il gravissait l'escalier en colimaçon, s'installait aux claviers de l'instrument et là, l'artiste déchaînait des sons qui faisaient trembler les murs de l'édifice. L'artiste était aussi monumental que l'homme était discret. Tel était René Saorgin, qui fut organiste de la cathédrale de Monaco de 1984 à 2005.

Pendant plus de vingt ans, il a accompagné les grandes cérémonies de la Principauté. C'est lui qui, en 2005, a joué lors des funérailles du prince Rainier III.

En 1984, il avait succédé, en tant qu'organiste, au chanoine Henri Carol. L'instrument n'était pas le même qu'aujourd'hui : c'était celui qu'avait inauguré en 1975 l'organiste de Notre-Dame de Paris Pierre Cochereau et qui fut remplacé en 2011 par l'orgue ultra-moderne que l'on connaît aujourd'hui, aux claviers duquel se trouve Olivier Vernet.

 

René Saorgin est mort en décembre dernier à l'âge de 87 ans.

Douze de ses anciens élèves sont venus jouer hier à sa mémoire, lors d'un concert qui s'est déroulé en présence de MM. Curau, directeur des Affaires Culturelles, Cellario, conseiller du gouvernement, Boéri, représentant le Conseil national.

D'entrée, Dominique Joubert, organiste de la cathédrale de Valence, qui est l'un des meilleurs organistes improvisateurs français, a improvisé sur le thème formé avec les lettres du nom de René Saorgin dans l'alphabet musical anglo-saxon : si-mi-fa-mi-do-la-sol-si-sol-la-fa. On fut bouleversé.

On entendit Jeanine Paoli, qui fut l'adjointe de René Saorgin à l'orgue de la cathédrale de Monaco, Stéphane Catalanotti et Jean-Cyrille Gandillet, que René Saorgin fit nommer à l'orgue de chœur de la cathédrale. On entendit également Michel Colin, Marie-Hélène Geispieler, Claudine Grisi, Catherine Hyvert, Elisabeth Pastorelli, qui exercent tous le métier d'organiste dans notre région jusqu'à Marseille. Liliko Fukai, organiste japonaise de renom, et Philipp Sawyer, professeur à l'université d'Edimburg, étaient là eux aussi.

 

Des œuvres de Bach s'enchaînèrent aux œuvres classiques françaises, ainsi qu'au répertoire si particulier des orgues de la vallée de la Roya que René Saorgin fit restaurer dans les années 1970 et qu'il fit découvrir jusqu'en Amérique grâce à ses enregistrements.

Tandis que le concert se déroulait, on se demandait en fermant les yeux, si, l'espace d'un dimanche, ce n'était pas René Saorgin qui, par on ne sait quel miracle, était revenu pour jouer pour nous. Magie de l'orgue et de la musique !…

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