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Hommage à Jean-Cocteau dans sa salle restaurée

Mis à jour le 25/03/2018 à 05:08 Publié le 25/03/2018 à 05:07

Hommage à Jean-Cocteau dans sa salle restaurée

Dans le cadre des soixante ans de la salle des mariages, des visites de l'œuvre monumentale sont organisées tout le long du week-end. Assorties d'un spectacle déambulatoire sur le thème

Au terme de la visite organisée hier après-midi en mairie de Menton, une bande de joyeux trublions fait irruption dans la salle des mariages. Manteau rouge et robe à fleurs pour les femmes. Chemise noire pour les hommes (ou blanche pour le guitariste).

Sur les chaises où se sont paisiblement assis les témoins, c'est l'étonnement. Qui sont ces gens qui entrent ainsi dans la danse ? Les comédiens de la troupe B.A.L., mesdames et messieurs. Viennent-ils s'opposer à l'union ? Bien au contraire. Ils se présentent, soudés, pour réinterpréter les plus grands textes de Cocteau. À commencer par Drôle de ménage, histoire de donner le ton : « Vous deviendrez des grandes personnes. Voilà qui est drôle. Mais prenez garde à rester des enfants », déclament les comédiens. Mi-figue, mi-raisin.

Aimer et être aimé

Vient naturellement la référence aux Mariés de la Tour Eiffel. Bel hommage, alors qu'on célèbre les soixante ans de la Salle des mariages. Un ancien tribunal, austère, auquel Cocteau sut donner un côté théâtral. On ne s'étonnera donc point que 60 ans plus tard le théâtre s'immisce dans cet espace. Comédiens et musiciens ayant pris le parti de respecter le scénario pensé par l'artiste polymorphe : un couple de jeunes mariés déjeune sur l'une des plateformes de la Tour Eiffel, un 14- juillet. Un photographe invite à « regarder le petit oiseau sortir ». Mais son appareil est détraqué, et, sortent une autruche, puis un enfant aux pulsions destructrices. Nous étions prévenus : l'enfance et son imaginaire ne sont jamais bien loin. De même que l'espièglerie dont Cocteau fait preuve, même en tant qu'adulte. Jugeant qu' « aimer et être aimé, c'est l'idéal. Pourvu que ce soit la même personne ». Affirmant aussi - toujours par l'entremise des acteurs - que « le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif, et son futur est toujours conditionnel ».

Le public sourit. B.A.L. surenchérit. « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur » , lâchent les comédiens. Avant d'ouvrir grand les portes de la salle pour se jeter dehors. Car « le théâtre est dans la rue, la rue est un théâtre ». Alors que la petite procession file jusqu'au musée Cocteau au son du flûtiau et du tambour, une femme les observe. Vêtue d'un manteau léopard identique à celui qui tapisse la salle des mariages. Mise en abyme…


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