Hélicoptères dans le Golfe de Saint-Tropez: pourquoi les riverains craignent le pire cette saison

Imposé par la justice, le nouvel arrêté qui réglemente les survols d’hélicoptères dans le Golfe emporte la colère des associations anti-nuisances. Pour elles, le quota de mouvements ne sera pas respecté.

Clémence Dupont Publié le 25/05/2018 à 20:26, mis à jour le 25/05/2018 à 20:31
Hélicoptère dans le Golfe de Saint-Tropez. Photo doc Luc Boutria

La brûlante question des mouvements d’hélicoptères dans le Golfe de Saint-Tropez est-elle encore loin d’être réglée?

C’est ce que pensent les associations, qui dénoncent un «coup fourré» après avoir été reçues cette semaine en sous-préfecture.

Certes, l’arrêté préfectoral qui leur a été présenté et doit sortir en juin, limite à 200 le nombre de mouvements annuels autorisés par hélisurface responsable.

En cela, il se conforme aux décisions du tribunal administratif de Toulon. Le 15 février, ce dernier annulait plusieurs arrêtés préfectoraux qui réglementaient depuis 2015 la question, et enjoignait au préfet de prendre un nouvel arrêté dans un délai de deux mois.

>> RELIRE. Les mouvements d'hélicoptères dans le Golfe de Saint-Tropez limités par la justice

 

Pas de contrôle réel?

Le tribunal relevait en effet qu’aucun nombre maximal de mouvements annuels par hélisurface n’avait été établi. Et ce, en contradiction avec l’arrêté ministériel du 6 mai 1995, qui fixe ce plafond à 200 par an, l’utilisation de ces aires pas forcément aménagées étant censée présenter un «caractère occasionnel».

Or, il suffit de passer une saison estivale dans le Golfe pour constater que ce nombre est largement dépassé, avec son lot de nuisances, parfois infernales pour les riverains, comme le dénoncent depuis des années les associations.

C’est l’une d’entre elles, l’association pour la protection des sites naturels et historiques de la Moutte, qui avait fini par attaquer les arrêtés préfectoraux, lasse de réunions qui depuis des années, n’ont pas permis de trouver une solution pérenne avec les autorités.

La dernière n’a fait qu’enfoncer le clou: pour les défenseurs des riverains, la nouvelle réglementation ne règle rien.

«On nage en plein délire, dénonce Jean-Claude Molho, président de l’association Halte Hélico. Le nouvel arrêté ne fait que reprendre le précédent, en précisant que les sociétés d’hélicoptères ne doivent pas dépasser 200 mouvements par an. Comment vont-ils contrôler le respect de cette limitation, sachant que le nombre quotidien est déclaratif ? C’est impossible, avec seulement deux gendarmes de la GTA (Gendarmerie des transports aériens) pour une zone de 430 km2 et dix hélisurfaces responsables».

 

Si l’arrêté est respecté, le quota serait par exemple atteint en à peine douze jours à la Mort du Luc. Les associations n’y croient pas du tout: «on sait pertinemment que les chiffres de survols présentés sont totalement faux».

Afin d’assurer un contrôle effectif, elles ont proposé de «mettre en place un traçage automatique des mouvements par caméra et enregistreur pour chaque hélisurface». À voir ce qu’en feront les autorités.

Une autre piste aurait également été avancée par les autorités (1): «Cet hiver, les élus ont travaillé sur la recherche d’une hélistation.Les dossiers doivent être déposés en juin. L’idée serait de transformer des hélisurfaces responsables, comme les hauts de la Rouillère, en hélistation, s’inquiète Chantal Simoni, vice-présidente de l’ASSG (Association pour la Sauvegarde du site de Gassin). Nous n’en savons pas plus».

Prêtes à attaquer

Rappelons que les associations réclament une solution pérenne propre à assurer le moins de nuisances possible.

Le salut passerait par la création d’hélistations aménagées, placées de manière à ce que les trajectoires des hélicoptères soient concentrées sur les surfaces maritimes.

Elles en veulent particulièrement aux maires de Saint-Tropez et Ramatuelle, qui mettraient de la mauvaise volonté à sélectionner des aires adéquates. Ces derniers assuraient encore dans nos colonnes en février dernier, ne pas disposer de terrain pour réaliser ces hélistations sans plus de nuisances.

 

«Écœurées», les associations ne comptent pas se laisser abuser en cas de non-respect de l’arrêté, et invitent la population à leur signaler les éventuels excès dans les survols: «nous attendrons quinze jours après le dépôt de l’arrêté pour voir si la limitation est respectée. Si c’est la chienlit, on l’attaque en justice, et on prépare une action d’occupation du Golfe au mois d’août. Il est dommage d’en arriver là, mais cela fait 15 ans qu’on se bat».

À suivre...

 (1) La préfecture n’a pour l’heure pas répondu à nos sollicitations sur le sujet.

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