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Georges Marsan Fort taux de participation, peu de panachage, le maire finit dernier Les électeurs ont finalement déjoué les oiseaux de mauvais augures réélu sans surprise

Avec 46,49% de votants, le maire sortant installe l’Evolution Communale pour les quatre prochaines années. Seul hic : il finit tout en bas de la liste des élus

Joëlle Deviras CEDRIC VERANY C.V. Publié le 18/03/2019 à 10:05, mis à jour le 18/03/2019 à 10:05
Peu après 22h30, les résultats définitifs s’affichaient sur les tableau électroniques : Georges Marsan était le dernier de la liste des élus. 255 voix le séparent de la première, Chloé Boscagli Leclercq.
Peu après 22h30, les résultats définitifs s’affichaient sur les tableau électroniques : Georges Marsan était le dernier de la liste des élus. 255 voix le séparent de la première, Chloé Boscagli Leclercq. Cyril Dodergny

Hier, les Monégasques se sont largement mobilisés pour donner leur confiance à la liste L’Évolution communale conduite par Georges Marsan. Les quinze candidats sont réélus mais, à l’heure des résultats définitifs, à 22 h 35, le maire finit tout en bas de la liste du tableau des élections communales 2019. C’est donc une victoire en demi-teinte pour le maire sortant qui rempile pour un cinquième mandat et se réjouissait pourtant, en début de soirée, que trois quarts des bulletins de vote étaient liste entière.

Alors certes, il n’y a que 255 voix qui séparent Chloé Boscagli Leclercq (élue avec 2 978 voix) de Georges Marsan (2 723 voix). C’est peu. Mais c’est tout de même embarrassant pour le maire sortant. Cette place de dernier des élus semble marquer une usure, même si les Monégasques réaffirment leur confiance pour l’équipe en place.

Dans le contexte global de démobilisation politique, et avec une seule liste en lice, l’intérêt des électeurs est par ailleurs remarquable. Les Monégasques ont une forte conscience du devoir civique. À la mi-journée, on savait déjà que la barre des 25 %, soit 1 833 votants, évitant ainsi un second tour, était atteinte. Ce fut la première bonne nouvelle de ce dimanche de vote. Ce n’était que le début d’une longue journée qui n’a fait que donner, au fil des heures, un sourire toujours plus grand au maire sortant. Après une après-midi de mobilisation réelle, à 19 heures, sur 7 332 inscrits, 46,49 % de votants étaient comptabilisés. Mieux encore, à 20 h 30, Georges Marsan lui-même annonçait une large majorité de listes entières. Il ne savait pas encore que 255 bulletins avaient son nom rayé… La liste L’Évolution communale et ses quinze candidats sont toutefois reconduits et donnent, passée cette contrariante réalité, une pleine légitimité à la mairie.

 

« À Monaco, le sport national, c’est le panachage ! lançait le maire peu après 19 heures. C’est le charme habituel de la sociologie électorale monégasque. » Un charme qui aura su abaisser le large sourire de Georges Marsan au fil de la soirée.

À l’usure du pouvoir ne correspond pas une érosion de l’électorat. Le maire ne s’en est jamais caché : le challenge était de motiver les électeurs. Et si les opérations séduction ont été limitées en nombre, le maire note qu’il a bénéficié d’« une belle couverture dans la presse. Et puis les politiques ont fait leur devoir en encourageant les gens à aller voter ».

Rétrospective de Georges Marsan. « Il y a quatre ans, nous avions fait 61 % face à la liste entière menée par Franck Nicolas. En 2011, nous réunissions 56 % face à onze opposants. En 2007, nous n’avions qu’un seul opposant et obtenions 55 % des suffrages. En 2003, portés par la mobilisation des élections nationales qui avaient installé Stéphane Valeri à la tête du Conseil national, nous avions fait 55 %. » Hier, ce fut donc un peu moins en termes de pourcentage, mais davantage en nombre de votants - le nombre de Monégasques étant en augmentation. De plus, le maire souligne qu’une seconde liste en lice stimule naturellement l’électorat ; ce qui n’était pas le cas hier. Alors, malgré une place de dernier des élus, Georges Marsan veut rester optimiste : « Je suis content pour l’institution. Cela donne davantage de poids dans l’équilibre institutionnel monégasque. » Le 16 avril, les élus se réuniront, dans la salle du conseil de la mairie, pour élire très officiellement le maire et ses adjoints.

« Élections 2019 : afin d’attirer le plus de monde possible, il semblerait que le QG d’Évolution communale songe à appeler les Roca Girls pour faire une haie d’honneur à toutes les personnes qui viendront voter. »

 

À 10 heures du matin hier, le tweet du compte parodique La Gachette de Monaco jouait la carte de l’humour alors que l’affluence tardait à se faire sentir au bureau de vote.

Au coup de sifflet final à 19 heures, pourtant, force est de constater que la plastique des pom-pom girls de l’ASM Basket n’aura pas été nécessaire pour assurer la venue des électeurs.

Le taux de participation pour cette journée d’élections communales affiche un score de 46,49 %, représentant 3 409 votes.

Quatorze points en deçà, tout de même, des résultats de 2015 où la participation avait été de 60,61 %. Mais un résultat honorable pour cet épilogue dans les urnes, faisant tomber les spéculations d’une participation en berne qui a plané sur toute la campagne. Jusqu’à hier matin encore où la journée était mal engagée.

Pas la foule des grands jours à l’ouverture du bureau de vote à 8 heures. Et deux longues heures se sont étirées dans la matinée avant que les isoloirs atteignent leur rythme de croisière. « Nous n’avons pas eu grand monde jusqu’à 10 heures, mais ensuite nous avons rattrapé notre retard », commente Georges Marsan à la mi-journée, en prenant connaissance des chiffres.

 

À 13 heures, le taux de participation était de 25,5 %. Même si en 2015, à la même heure, la fréquentation avait déjà franchi la barre des 33 %, le pourcentage de mi-journée reléguait déjà le scénario d’un second tour aux calendes grecques.

Dans cette entreprise, le temps s’était mis au diapason. La crainte d’une journée trop ensoleillée, voire de chutes de neige en milieu de semaine qui auraient donné l’envie à certains de filer vers les stations de ski pour le week-end était envisagée.

Mais le temps mi-figue mi-raisin d’un dimanche de mars aura finalement motivé (aussi) les électeurs.

Tradition ou conviction ? Même sans grand enjeu, la journée de vote pour les élections communales n’a pas été boudée hier… « Nous sommes là pour remplir notre devoir citoyen », sourit Monique. Il faut dire qu’aux abords de l’Espace Léo-Ferré hier, il y avait du monde à la mi-journée. Acmé traditionnel d’un dimanche de vote. La tension et la nervosité en moins, comparé au dimanche d’élection de février 2018 pour la campagne des élections nationales.

Hier, on s’arrêtait devant le bureau de vote à Fontvieille comme on se croise ; on bavarde, on s’embrasse et on commente place d’Armes. La volonté d’accomplir son devoir en prime. « Il faut se mobiliser pour avoir la majorité de votants », lance Marie-Thérèse Escaut-Marquet. Pour celle qui fut conseillère nationale de longues années durant, aguerrie aux joutes politiques, l’esprit des campagnes d’antan n’est plus vraiment le même. « Mais ça nous donne au moins l’occasion de se rencontrer. »

Un peu plus loin, une dame souffle à une candidate, avec bienveillance : « J’espère que tout ira bien pour vous. » Une démonstration de l’esprit de la grande famille monégasque… Voire de la famille tout court. Car la plus jeune participante à cette journée d’élection était un nourrisson de quelques semaines : la petite-fille de Georges Marsan. Venue soutenir son grand-père de maire en accompagnant sa maman voter dans l’isoloir.

Georges Marsan ne semblait pas très inquiet pendant le dépouillement.
Georges Marsan ne semblait pas très inquiet pendant le dépouillement.
A 13 heures, hier, le taux de participation était de 25,5 %.
A 13 heures, hier, le taux de participation était de 25,5 %.
Ambiance détendue dans le bureau de vote de l’Espace Léo-Ferré, hier à la mi-journée.
Ambiance détendue dans le bureau de vote de l’Espace Léo-Ferré, hier à la mi-journée.

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