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Georges Grinda, ancien chef de cabinet du prince Rainier-III succombe à la Covid-19

L’ancien chef de cabinet du prince Rainier III et ministre plénipotentiaire chargé des questions européennes est décédé de la Covid à l’âge de 86 ans au Centre hospitalier Princesse-Grace

Joelle Deviras Publié le 02/02/2021 à 10:25, mis à jour le 02/02/2021 à 11:51
Georges Grinda est décédé dimanche matin au Centre Hospitalier Princesse-Grace. Photo DR

Il a consacré sa vie à la Principauté; et son pays est sous le choc depuis qu’il a appris le décès d’un de ses plus illustres serviteurs, Georges Grinda. L’ancien chef de cabinet du prince Rainier III et ministre plénipotentiaire chargé des questions européennes était atteint de la maladie de Parkinson depuis une dizaine d’années.

Il s’est éteint à l’âge de 86 ans, dimanche matin au Centre hospitalier Princesse Grace, des suites de la Covid. Celui que son épouse Denise, sa fille Brigitte, ses petits-enfants et
arrière-petits-enfants appelaient "Parrain" parce qu’il incarnait à leurs yeux merveilleusement la figure du chef de famille, a fait de l’honnêteté, de la discrétion et du sens de l’État les fondements de son parcours, tant auprès des siens qu’il a su guider avec bienveillance qu’aux côtés du prince Rainier III, du gouvernement et du Conseil national.

"Il incarnait l’honnêteté, la fidélité et la conviction"

"Papa aimait autant sa famille que son pays. C’était une passion viscérale", souligne sa fille unique Brigitte. "Mon grand-père était sincèrement habité par un  grand sens de l’état et du service public", poursuit Georges Gambarini-Grinda.

"Il incarnait l’honnêteté, la fidélité et la conviction", insiste son cousin Jean-Louis Grinda, directeur de l’Opéra de Monte-Carlo et conseiller national. Lui qui fut le premier Monégasque diplômé de Sciences Po Paris, a laissé à tous le souvenir d’un homme exemplaire de droiture et de tolérance.

 

Un homme de passion, amoureux de son pays et de ses institutions pour lesquels il s’est pleinement consacré. Il a commencé sa carrière en 1957, dans la diplomatie, comme
secrétaire de légation, successivement à Rome, au Vatican, puis à Paris.

Mais il est rapidement revenu poursuivre sa vie professionnelle à Monaco. Il a d’abord été secrétaire général du Conseil national de 1965 à 1976. Puis fut nommé directeur de la Fonction publique durant trois ans et contrôleur général des Dépenses jusqu’en 1990.

Le prince Rainier III le prend alors à ses côtés et Georges Grinda occupera les postes de conseiller puis chef du cabinet du prince souverain jusqu’en 2003. Il avait 74 ans quand il a quitté le Palais princier. Il finira enfin sa carrière comme ministre plénipotentiaire chargé des questions européennes; un poste qui s’inscrit alors dans la droite ligne de sa contribution à la renégociation des accords bilatéraux avec la France, à la révision constitutionnelle et à l’entrée de Monaco au Conseil de l’Europe.

Brigitte Gambarini Grinda se souvient: "Papa avait une très belle passion: la généalogie. En 2005, il avait fini l’arbre de la famille qui avait nécessité treize ans de recherches. Il avait amené son travail au Conseil de l’Europe lors de l’adhésion de Monaco pour montrer que notre petite famille avait des origines dans toute l’Europe."

 

Un grand sportif

Fidèle aux princes de Monaco, il adorait le prince Albert avec lequel il partageait notamment une passion: le sport. Il faisait des doubles de tennis au Monte-Carlo Country Club
jusqu’à 70 ans. 

Montagnard chevronné, il a grimpé quelques 4.000 mètres, dont le Mont-Blanc, et refonda le club alpin pour en devenir président dans les années 70.

Il était aussi fidèle supporter de l’AS Monaco, ne manquait aucun match et aimait emmener ses petits-enfants au stade Louis-II. "Il nous a donné l’amour du dépassement de soi", s’accordent à dire ses enfant et petits-enfants.

Auteur de référence

"Travailleur infatigable" comme dit de lui son cousin Jean-Louis Grinda, il a rédigé plusieurs ouvrages sur son pays, dont, en 2005 (seconde édition revue et corrigée en 2009), La Principauté de Monaco: l’État, son statut international, ses institutions. Une référence pour tous ceux qui s’intéressent au fonctionnement institutionnel si singulier du Rocher
au point que cet ouvrage soit ici communément appelé "le Grinda".

 

Georges Grinda était commandeur de l’Ordre de Saint-Charles, de l’Ordre du Mérite de la République française, de l’Ordre des Grimaldi, de l’Ordre souverain de Malte, de l’Ordre équestre de Saint-Sépulcre et de l’Ordre constantinien de Saint-Georges et officier de l’Ordre du Mérite culturel de Monaco.

Aujourd’hui, Georges Grinda laisse la devise de la famille: "Poursuivez…"

À son épouse Denise, à sa fille Brigitte Grinda-Gambarini, à ses petits enfants Pierre, Georges et Louise-Alice Gambarini, à ses arrière-petits-enfants Lucie, Marius, Manon et Candide Gambarini, Monaco-Matin transmet toutes ses condoléances.

Le prince Albert II: "Nous n’oublierons pas la passion qu’il portait à son pays"

Dès ce lundi, le souverain Albert II adressait un message de condoléances à Denise Grinda, l’épouse de Georges Grinda. 

"Georges Grinda a accompli toute sa carrière au service de la Principauté. (...) Je garde de lui le souvenir très ému de son sens aigu de l’État. Il a eu aussi le souci de transmettre aux autres serviteurs de l’État, mais également à nos jeunes et à tous ceux qui portent un intérêt au fonctionnement de nos institutions, sa connaissance de celles-ci, au travers de l’ouvrage remarquablement documenté La Principauté de Monaco, l’État, son statut international, ses institutions préfacé par Prosper Weil, membre de l’Institut de France. Nous n’oublierons pas la passion qu’il portait à son pays."

Hommages unanimes

"C’est avec émotion que le Gouvernement princier a appris le décès de Monsieur Grinda. Sa personnalité, son sens de l’intérêt général et son dévouement pour Monaco auront profondément marqué les différentes Institutions de la Principauté dans lesquelles Georges Grinda a œuvré avec beaucoup de rigueur. Il laissera le souvenir d’un homme érudit, passionné et particulièrement engagé pour son pays. Le Gouvernement princier présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches de Monsieur Grinda.", Le Gouvernement princier

"Notre compatriote Georges Grinda était un homme remarquable pour qui j’avais une profonde admiration. Il était doté d’une intelligence supérieure et d’une totale intégrité dans ses convictions. C’était un grand serviteur de l’État et du Prince. Chef de cabinet du Prince Rainier II, il l’a notamment servi et accompagné dans sa volonté d’adhérer au Conseil de l’Europe. Georges Grinda a également contribué à ce que s’instaurent des relations efficaces entre le Palais et le nouveau Conseil national issu des élections de février 2003, dans l’esprit et dans le respect de la Constitution. Pour cela, je lui en suis extrêmement reconnaissant. Je présente à sa famille et à ses proches, en mon nom personnel et en celui de l’ensemble des élus de notre assemblée, nos sincères condoléances en ces tristes et douloureux moments.", Stéphane Valeri, président du Conseil national

"Je connaissais Georges Grinda depuis vingt-cinq ans. C’était un homme discret et réservé, au service de son pays. Il avait beaucoup de rigueur, d’intelligence, de finesse d’esprit
et d’intégrité.", Le Prince Charles de Bourbon des Deux-Siciles, Grand Maître de l’Ordre constantinien de Saint-Georges

"Je conserverai le souvenir d’un homme rigoureux et compétent, intègre, grand serviteur de la famille princière et de l’État. Il était l’un des meilleurs connaisseurs des institutions
de notre pays, son ouvrage La Principauté de Monaco: l’État, son statut international, ses institutions, publié dès 1975 et réédité à plusieurs reprises est une référence. Lorsque
le prince Albert II m’a désigné pour être son premier directeur de cabinet en 2005, Georges Grinda m’a, avec beaucoup de bienveillance, fait profiter de sa grande expérience et de  sa connaissance. Il avait parfaitement compris toutes les évolutions en cours et il était fondamental pour nous de bénéficier de son expérience afin d’établir les meilleures bases pour le règne qui débutait.", Jean-Luc Allavena, ancien directeur de cabinet du prince Albert II


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