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Françoise, la lavandière de Max-Barel tire le rideau

Mis à jour le 30/12/2018 à 05:01 Publié le 30/12/2018 à 05:01

Françoise, la lavandière de Max-Barel tire le rideau

Françoise Aussel est l'une des dernières propriétaires de blanchisserie installée en centre-ville. Après trente années d'activité, la Mentonnaise ferme définitivement les portes de son établissement

Depuis trente ans, elle est la blanchisseuse de la petite rue Max-Barel de Menton, coincée entre les artères centrales de la République et Félix-Faure. Demain, le 31 décembre, Françoise Aussel tirera définitivement le rideau de sa boutique à la devanture bleu roi « Wash and dry » avec la sensation d'une vie professionnelle bien remplie et accomplie.

Aujourd'hui, à soixante ans, cette Mentonnaise « depuis trois générations » aspire à beaucoup d'autres choses ! « Je vais (enfin) profiter de la vie et aller là où le vent me mènera ! » dit avec humour celle qui a un caractère bien trempé, et une joie de vivre à toute épreuve !

Prendre la vie avec philosophie

On peut même dire qu'elle est un personnage haut en couleurs ! Derrière sa chevelure aux reflets aubergine et ses yeux ronds pétillants d'enthousiasme, Françoise Aussel prend étonnamment la vie avec beaucoup de philosophie. « Il y a des citations qui m'ont accompagnée tout au long de mon parcours, en particulier celle-ci : « Il n'y a pas d'ascenseur pour le succès, il faut passer par l'escalier ! »

« Car, je suis bien convaincue que c'est à force de travail que l'on arrive à ce que l'on veut, parfois d'ailleurs au détriment de sa vie personnelle » dit encore celle qui avoue être devenue blanchisseuse « un peu par hasard ».

La bosse du commerce et du service, elle l'a assurément héritée de ses parents, qui étaient commerçants restaurateurs dans la rue piétonne (pour ceux qui s'en souviennent « le Café de Paris »), et c'est après avoir fait ses études à Monaco et exercé plusieurs métiers depuis la banque au commerce vestimentaire en passant par la restauration et le professorat de tennis qu'elle se lance dans un domaine complètement différent : « J'ai repris cette ancienne laverie en 1988 avec deux machines, et dix ans plus tard, j'en ai fait une blanchisserie-pressing dont je suis fière… » Une fierté cachée derrière beaucoup d'humilité tant les valeurs du travail et de l'éducation, de la rigueur et de la persévérance ont rythmé ses trente années d'activité.

« Ma vie a été faite de challenge, c'est cela ma motivation. D'ailleurs, j'ai toujours lutté contre la répétitivité des gestes et des actions pour rendre mon métier plus passionnant », explique encore cette Mentonnaise, qui ne laisse personne indifférent quand on croise sa route.

Ainsi, de client hors du commun en commande parfois insolite, Françoise s'est forgée une réputation qui l'a conduite bien au-delà des frontières mentonnaises ! « On peut faire un pressing ouvert sur le monde ! » lance celle qui a travaillé dans les hautes sphères monégasques, sur les yachts, dans les coulisses des grandes salles de spectacles et à travers d'autres pays, d'où ses clientes lui faisaient confiance.

Un métier qui s'acquiert à force d'apprentissage

« Ce qui est important, c'est de savoir rester à sa place et ne pas se prendre au sérieux. Seuls les vécus relationnels et les expériences professionnelles m'ont fait grandir et évoluer dans mon métier… »

Une sagesse qui conduit hélas Françoise à voir l'avenir de sa profession très compromis : « C'est un métier artisanal très difficile que l'on acquiert avec le temps, à force d'apprentissage, mais aujourd'hui, plus personne n'a envie de reprendre une telle affaire ! » lance-t-elle avec une pointe de regrets.

« Et pourtant, il y a de l'avenir dans tous les métiers ! À Menton, je suis l'une des dernières, malgré la recrudescence des hôtels et l'afflux d'une population plus importante qui se profile… »

Mais très vite, le pessimisme s'efface de son visage, car Françoise a toujours autant envie de profiter de la vie ! « J'aime les voyages, surtout les îles, et j'ai plein d'idées pour l'avenir ! Je souhaite aussi me consacrer à ma ville, qui ne cesse d'évoluer… » Françoise a d'ailleurs été présidente d'une association qui venait en aide aux enfants du Mentonnais. « C'est sûr, je ne resterai pas inactive, car je peux dire aujourd'hui que tout est possible ! Il suffit d'y croire et surtout de croire en soi ! Je vais aussi m'occuper de moi, aller où mon cœur m'emportera ! » Car s'il y a bien un auteur de référence que Françoise chérit, c'est Antoine de Saint-Exupéry, elle a d'ailleurs fait sienne sa maxime qu'elle applique à sa réalité : « On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux ».

Une nouvelle vie pour cette Mentonnaise qui n'a de cesse de vouloir ouvrir son cœur et ses yeux sur le monde…


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