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François : Il faut crier la vérité

Mis à jour le 03/01/2019 à 05:36 Publié le 24/12/2018 à 05:36
François Bidart, 42 ans, devant le palais de justice de Nice. Il y retrouvera bientôt le prêtre qu'il accuse.

François Bidart, 42 ans, devant le palais de justice de Nice. Il y retrouvera bientôt le prêtre qu'il accuse. Cyril Dodergny

François : Il faut crier la vérité

« Rappelle-moi, c'est urgent.

« Rappelle-moi, c'est urgent. » François Bidart séjourne en Colombie quand son frère jumeau, Thomas, lui envoie ce message. Nous sommes fin 2016, au moment du décès de leur grand-mère. Très proche de la famille, le père Schoepff est pressenti pour célébrer la messe d'enterrement. « ça a mis Thomas hors de lui. C'est alors qu'il a fait ses révélations », explique François.

Voici les deux frères face à face, via Skype, avec leur mère en pleurs. « Thomas me dit qu'il a été abusé par Jean-Marc Schoepff. Il me demande si je l'ai été aussi. » François sonde ses souvenirs. Il repense à ce cauchemar récurrent, « tous les cinq ans, où Jean-Marc Schoepff m'abusait. Je l'avais mis au fond des abysses de ma mémoire... » Un mécanisme autoprotecteur, selon François. D'autant qu'à la différence de son frère, il est resté en contact avec le prêtre.

Tout resurgit alors. Les « bruits de couloir disant qu'il aimait les garçons », la « mise à l'écart » des filles trop proches de ses chouchous. François envoie une lettre au père Schoepff, conclut par : « Il faut qu'on se voie ». Le prêtre lui répond par SMS, l'invite à venir le voir. L'entrevue a lieu le 16 janvier 2017, le soir, dans son bureau à l'église du port. « La croix de Jésus nous regardait », se souvient François.

« Il m'a dit : "Je comprends la colère de ton frère. S'il venait me casser la gueule, je ne répondrais même pas" ». Selon François, l'abbé aurait évoqué trois victimes. Dont son frère et lui-même. « Pour moi, c'était dans son chalet à Saint-Martin-Vésubie, à 5 h du matin. J'avais 12-13 ans. On était une dizaine de jeunes sur des matelas. Il s'est mis à côté de moi. Il a relevé la fermeture éclair du sac de couchage, glissé sa main sous mon t-shirt, puis le caleçon... Et il a commencé à me masturber. Je me suis tourné sur le côté gauche et ça s'est arrêté. »

Étreint par un « sentiment de honte, de culpabilité », l'adolescent garde l'épisode secret. Devenu adulte, François restera longtemps méfiant envers les autres. « C'est un traumatisme mais je n'ai pas été détruit », martèle cet artisan de 42 ans, devenu père de famille. Il veut témoigner, quitte à s'exposer. « Il ne s'agit pas seulement de nous, justifie-t-il. Les enfants abusés, ça me révolte ! Surtout en tant que père. On n'a pas le droit de salir les enfants comme ça. »

François a pourtant hésité après les révélations du père Schoepff. « Quand il m'a parlé de trois victimes, je lui ai accordé le bénéfice du doute ». D'après l'accusateur, le prêtre aurait fait son mea culpa, se disant « complètement crétin ».

Pourtant, aujourd'hui, le pédophile présumé est « en train de tout nier. Et ça, ça me révolte ! Le pire pour moi, c'est qu'il n'ait jamais demandé pardon. » François décrit un homme « brillant, très intelligent, à la culture phénoménale. J'ai beaucoup de peine pour lui. Il serait sorti grandi d'avoir parlé. »


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