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Focus sur la situation des migrants mineurs

Mis à jour le 11/10/2016 à 05:13 Publié le 11/10/2016 à 05:13
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Focus sur la situation des migrants mineurs

A la frontière franco-italienne, habitants et associatifs constatent, impuissants, que des jeunes étrangers non accompagnés vivent des situations dramatiques, alors qu'ils bénéficient d'un statut particulier

Des migrants pourchassés par des militaires armés. Et parmi eux, des mineurs effrayés. Dans la vallée de la Roya, les témoignages évoquant de telles scènes se multiplient. Scandalisent, souvent. Rappelant à chacun la mort, anonyme, d'un jeune homme tombé du viaduc de l'autoroute à Sainte-Agnès, début septembre. Les mineurs : un cas particulier dans une crise déjà très compliquée.

Cédric Herrou, agriculteur et membre de l'association « Roya citoyenne », a assisté à deux arrestations, dernièrement. L'une, le 25 septembre. « Une vingtaine de mineurs étaient là. Ils sont venus vers moi en confiance, et ont couru quand ils ont vu les forces de l'ordre - alors que ce sont elles qui sont supposées les protéger », raconte-t-il. Précisant que six des jeunes, âgés de 13 à 16 ans, ont été arrêtés. En larmes. « Je les ai retrouvés le lendemain à Vintimille. On affirme souvent que ce ne sont pas les mêmes mais il n'y avait pas de doute possible : ils avaient gardé une étiquette avec mes coordonnées. »

« Formés à arrêter des terroristes »

Deux jours plus tard, Cédric constate, depuis son habitation, en hauteur, que des soldats de Sentinelle coursent des mineurs. « Quelques-uns ont sauté dans l'eau. J'ai vu l'excitation des militaires. Ils ne sont pas formés à cela : ils ont appris à arrêter des terroristes, pas des gamins. Les gendarmes, eux, sont restés béats… » Quand les « gamins » viennent ensuite se réfugier chez lui, il essaye de les emmener dans un autre département. « Une fois sortis, ils ne peuvent plus être renvoyés. » D'autant qu'ils ont droit de demander l'asile, rappelle Cédric. « Que l'État accepte ou non, après, cela ne nous regarde pas. » Pour protester contre la politique migratoire dans les Alpes-Maritimes - amis des enfants selon l'UNICEF - l'association « Roya citoyenne » devrait porter plainte contre la préfecture, sous peu. Alors que « le travail qu'on fait est gratuit pour l'État, souligne Cédric. On sélectionne les migrants selon qu'ils ont, ou non, des chances d'avoir des papiers, etc. »

Comme de nombreux autres membres associatifs, il s'inquiète par ailleurs du fait qu'une fois renvoyés, souvent de nuit, les jeunes se retrouvent en danger. « Ils doivent dormir dans la rue. Ou tombent sur des passeurs, anciens vendeurs d'armes ou de cam'… »

Dans une étude publiée en 2015 par La Revue des droits de l'homme, intitulée « La protection des mineurs migrants non accompagnés en Europe », l'auteur, Nisrine Eba Nguema, évoque le risque pris par les autorités nationales qui expulsent ces mineurs migrants de leur territoire : « Il s'agit du meilleur moyen de les faire disparaître dans les rues et donc de les rendre encore plus « volatiles » et plus vulnérables (...) En France, de nombreux mineurs errent dans les rues et rejoignent des réseaux clandestins, à la recherche d'une source de revenus. » Et de s'appuyer sur un rapport de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales faisant état d'un nombre croissant de mineurs étrangers déférés devant la justice ces dernières années.

« État d'urgence ou pas, les mineurs doivent être accueillis et scolarisés », embraie un autre membre de « Roya citoyenne ». Qui assure avoir entendu dans les locaux de la gendarmerie « qu'ils n'étaient pas très contents de l'activité des brigades Sentinelle ». Selon lui, il est grand temps que la France prenne ses responsabilités. L'Italie ayant déjà « largement fait sa part ». Et même si le maire de Vintimille a « pondu un arrêté » interdisant de donner à manger aux migrants, il affirme que les maraudes régulièrement organisées par des habitants de la Roya se poursuivent, sans que les policiers n'interviennent.

Alors que la journée des droits de l'enfant, fixée le 20 novembre, se profile, la présidente nationale de « Médecins du monde », Françoise Sivignon, ne se prive pas non plus d'attaquer violemment l'État français : « La situation des mineurs étrangers isolés est choquante. Ils sont dans une très grande précarité. L'État ne leur assure aucune prise en charge et viole de manière assumée la convention internationale des droits de l'enfant. »

Alors que « personne ne met ses enfants sur un bateau, sauf si l'eau est plus sûre que la terre ». Et c'est une poète somalienne - Warsan Shire - qui le dit.


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