“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Festivals télé : la guerre n'aura (peut-être) pas lieu

Mis à jour le 24/10/2017 à 05:30 Publié le 24/10/2017 à 05:30
« Notre président d'honneur est un chef d'État, notre prince souverain. Ça fait toute la différence », lance Laurent Puons, à droite sur la photo.

« Notre président d'honneur est un chef d'État, notre prince souverain. Ça fait toute la différence », lance Laurent Puons, à droite sur la photo. Jean-François Ottonello

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Festivals télé : la guerre n'aura (peut-être) pas lieu

Après Lille, qui présentait en juillet dernier son futur festival, c'est Cannes qui a dévoilé le sien cette semaine. Rien qui ne bouleverse Laurent Puons, à la tête du Festival de télévision de Monte-Carlo

Cette nouvelle concurrence, je l'aborde sereinement », lance d'entrée Laurent Puons, directeur général du Festival de télévision de Monte-Carlo, dans le petit salon de son bureau. D'autant plus sereinement que, d'après lui, Cannes « ne se présente pas comme un concurrent direct ».

Le monde de la petite lucarne n'est pas bien grand. Tout le monde se connaît. Il a donc eu tout le loisir de discuter avec l'organisation de Canneséries : « Je les ai rencontrés, et il y a une volonté de travailler en collaboration. Leur positionnement n'est pas le même. Leur festival est plus long, ils attribuent moins de récompenses et se concentrent sur les programmes à venir ; alors que nous, nous récompensons les programmes déjà installés. En travaillant en toute intelligence, il y a une possibilité de vivre en bons termes. Si tout le monde reste sur son positionnement, notamment au niveau des dates, il ne devrait pas y avoir de soucis. »

Dates à risques

Car la différence essentielle se situe là : Canneséries se déroulera du 4 au 11 avril 2018, soit plus de deux mois avant celui de Monte-Carlo qui se tiendra du 15 au 19 juin 2018. Un créneau risqué, puisqu'il intervient avant l'incontournable L.A. Screenings, le marché international où se décide la prolongation ou l'arrêt d'une série télé.

Mais Cannes n'est pas la seule à convoiter le trône de l'institution monégasque. Lille aussi veut sa place au soleil avec son Séries Mania, qui se déroulera du 27 avril au 5 mai. Et Xavier Bertrand, le président de la région Hauts de France, sort l'artillerie lourde : puisqu'on sait que le plus compliqué, c'est de se faire un nom, il en a choisi un qui a déjà sa petite notoriété. Séries Mania est, à l'origine, un événement parisien dont il a débauché la directrice, et obtenu l'appellation par le maire de la capitale française. En plus de cela, la région qu'il préside injectera 3,5 millions d'euros, qui viennent s'ajouter à 1 million de l'État, soit 4,5 millions de subventions publiques. De son côté, Canneséries ne s'est pas trop étendu sur son financement, mais il pourra bénéficier de l'appui financier de la commune, du Département et de la Région, pour un budget total de 3 à 4 millions d'euros.

Volonté politique

Des subventions qui témoignent d'un engagement politique de toutes les institutions. « J'espère que nous aurons la même en principauté de Monaco », glisse Laurent Puons, dont le festival bénéficie d'une aide de 3 millions d'euros de la part du gouvernement princier (soit moins que l'aide versée par la seule région Hauts-de-France à Lille Séries Mania).

« D'autant qu'un festival de renommée internationale, ça coûte cher : Maintenant que nous avons gagné la confiance des studios, nous avons la possibilité d'inviter des talents de très haut niveau. Et pour cela, il faut du budget. Les prix des billets d'avion de première classe ne sont plus les mêmes aujourd'hui. Le prix des chambres d'hôtel à l'Hermitage ou au Monte-Carlo Bay a aussi changé. Nous sommes aujourd'hui le plus important festival de télévision d'Europe. Je le dis sans aucune prétention. Pour le rester, il faut que l'on nous donne les moyens. »

Poursuivre dans l'excellence

Des moyens d'autant plus nécessaires que, d'après nos confrères de La Voix du Nord, Xavier Bertrand se dit « intimement convaincu qu'à terme, il n'y aura qu'un seul grand festival de référence, qui sera celui de Lille Hauts-de-France ». De son côté, Benoît Louvet, directeur général de Canneséries, affirme à l'AFP vouloir « la plus grande semaine de la télévision dans le monde », même si sa présidente, l'ex-ministre française de la Culture Fleur Pellerin concède : « Je suis persuadée qu'il y a de la place pour les deux, la production de séries est tellement riche et foisonnante. »

Et si le directeur du Festival de télévision de Monte-Carlo partage cette ouverture, il n'en perd pas moins la volonté de se maintenir, voire de se surpasser : « Notre festival est la plateforme idéale de communication et de promotion pour tous les studios, chaînes de télévision, plateformes digitales pour communiquer et promouvoir leurs séries et leurs talents auprès du public et des médias, dans des conditions platinium. »

Le festival Canneséries a recruté un ancien ponte de Canal+, et le festival a noué un partenariat avec la chaîne cryptée, gros pourvoyeur de contenus. Mais alors, pourquoi le Festival de Monte-Carlo n'en ferait pas autant ? Laurent Puons ne le souhaite pas : « Mon but n'est pas de m'associer avec une chaîne de télévision ou un groupe. Nous avons beaucoup de chaînes, l'immense majorité des studios américains et anglais. Je préfère travailler avec toutes les chaînes en bons termes, plutôt que de donner une exclusivité à une chaîne. À une époque, nous avons eu des discussions avec Netflix, mais ça n'a pas abouti. L'année dernière, nous avons présenté une série d'Amazon, l'autre plateforme digitale. Si nous avions eu un partenariat avec Netflix, ça n'aurait pas été possible. Je préfère continuer à chercher des sponsors, comme nous l'avons fait cette année. »

Helen Mirren et 50 Cent : ce moment du tapis rouge a fait le tour du monde, repris dans des magazines et journaux tirés à des millions d'exemplaires. Sacré coup de pub pour Monaco.
Helen Mirren et 50 Cent : ce moment du tapis rouge a fait le tour du monde, repris dans des magazines et journaux tirés à des millions d'exemplaires. Sacré coup de pub pour Monaco. J.-F.O.

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.