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Ferrari, Maserati, Audi, Lamborghini, BMW, Mercedes... Trop bruyants ou trop rapides: saisies massives de bolides en marge du salon Top Marques à Monaco

Mis à jour le 03/06/2019 à 07:03 Publié le 03/06/2019 à 07:00
La digue du port Hercule s’est transformée en fourrière. Et celle-ci était presque trop étroite pour le butin de la police monégasque.

La digue du port Hercule s’est transformée en fourrière. Et celle-ci était presque trop étroite pour le butin de la police monégasque. Thibaut Parat et Cyril Dodergny

Ferrari, Maserati, Audi, Lamborghini, BMW, Mercedes... Trop bruyants ou trop rapides: saisies massives de bolides en marge du salon Top Marques à Monaco

La digue du port Hercule a été réquisitionnée par le gouvernement pour y installer une fourrière, où ont été "stockées" les supercars trop bruyantes ou rapides. On en comptait 93, ce dimanche midi.

L’an passé, les puissantes cylindrées qui paradaient trop bruyamment (ou trop vite) dans les ruelles de la Principauté, en marge du salon Top Marques étaient immobilisées par la Sûreté publique sur la digue de Fontvieille. Une fourrière éphémère, à deux pas de l’héliport, rapidement saturée tout comme les parkings réquisitionnés. Cette année, avec un arsenal répressif sérieusement renforcé, celle-ci a été délocalisée au port Hercule, au pied de la digue. Pour des besoins évidents de place. Mais, là encore, l’espace, délimité par d’imposants blocs de béton, semblait presque trop étriqué. Il faut dire que la police monégasque n’a pas chômé depuis jeudi, jour où les propriétaires de ces clinquants bolides ont commencé à débouler.

"Une exposition à ciel ouvert" 

Vers 14 heures hier, on comptabilisait pas moins de 93 voitures immobilisées pour une durée de 120 heures incompressible. On ignore si d’autres lieux ont été réquisitionnés
pour l’immobilisation de ces bolides. Sollicité samedi matin, le gouvernement n’a pas donné suite.

Et pas une marque ne manquait à l’appel. Ferrari ? Là. Maserati ? Présente. Audi ? Pareil. Lamborghini ? Également. BMW et Mercedes ? Idem.

Une concentration impressionnante de supercars au mètre carré qui suscite forcément la curiosité des badauds et, surtout, des passionnés de mécanique. « C’est une exposition à ciel ouvert, plaisante Armand. Avant, on se plaçait dans la ville pour les voir. Maintenant, on n’a plus qu’à venir ici. » Le jeune homme, venu d’Aix-en-Provence au volant de sa robuste Mustang GT rouge, s’est tenu sage cette année. « Je savais que les autorités allaient être plus sévères. Donc, j’ai roulé vraiment tranquillement dans Monaco pour ne pas me faire saisir la voiture. »

À quelques mètres, Erwan, un Youtubeur, filme une à une les « prises de guerre » de la Sûreté publique, dont 62 % sont immatriculées en France et en Suisse. Le reste ? Des plaques allemandes, italiennes ou encore monégasques. Face caméra, devant ses abonnés, l’homme s’affiche remonté contre les autorités locales. « Certes, cela participe à la tranquillité des Monégasques. Mais c’est triste de les voir à la fourrière. On préférerait les voir en ville », explique-t-il.

Ses amis, Pierre et Vincent, embrayent : « Une connaissance s’est fait saisir sa Seat Leon Cupra. Il a juste rétrogradé dans le tunnel et ça fait un « pan ». Il roulait en mode confort ! Il aurait roulé à 150, j’aurais compris. Mais là… Les autorités n’ont rien fait pendant des années et depuis l’an passé, c’est trop autoritaire. Il n’y a pas de juste milieu ! » L’an passé, déjà, 95 véhicules avaient été immobilisés et 30 000 euros d’amendes récoltés. Preuve que l’action du gouvernement n’a pas baissé en intensité. Tout comme l’affluence des supercars. « On constate que tout le monde se donne rendez-vous en Principauté. C’est presque un fait sociétal : il faut venir à Monaco pour parader. chaque année ça prend une ampleur supplémentaire », expliquait, l’an passé, Richard Marangoni le directeur de la Sûreté publique.

Du "bleu" pour enrayer les excès

C’est par ces routes sinueuses offrant un panorama époustouflant que les propriétaires de supercars entrent et sortent de Monaco. Et comme ceux-ci ne sont guère les bienvenus dans une Principauté au territoire étriqué, les dérives de certains chauffards férus de vitesse se délocalisent, de facto, sur les communes françaises avoisinantes.

Depuis jeudi, les gendarmes de la compagnie de Menton, des réservistes ainsi que des motards de l’escadron départemental de sécurité routière patrouillent autour de la Turbie, épicentre de la concentration de ces bolides qui lâchent bien volontiers les chevaux. À la Tête de Chien, où bon nombre aimaient se retrouver pour faire pétarader les pots d’échappement et exécuter des burn, des arrêtés d’interdiction de circulation ont été pris jusqu’à ce matin. « Cela permet d’éviter les nuisances sonores pour les riverains, commente le chef d’escadron Nicolas Tasset, commandant la compagnie de Menton. En marge du salon Top Marques, on mixe les points fixes avec radar et les patrouilles mobiles. On cherche à avoir de la mobilité sur la route de Peille, la moyenne et grande corniches, la route de la Turbie... Rester au même endroit ne serait pas efficace (...) Ce serait juste des Youtubeurs qui voudraient faire des vidéos devant de beaux paysages, ça irait. Mais on a, face à nous, de grosses cylindrées qui roulent sur routes ouvertes. Pris dans le plaisir de la conduite, les conducteurs oublient qu’ils peuvent avoir des cyclistes et d’autres usagers de la route en face d’eux. »

D’autant que la moyenne d’âge des conducteurs excède rarement la trentaine. « Ces voitures puissantes sont assez sûres sur la route mais elles ne se conduisent pas, elles se pilotent sur des circuits. Or, les gens à bord sont jeunes et ne sont pas des pilotes... », poursuit le gendarme haut gradé.

Du « bleu », donc, pour dissuader d’éventuels comportements excessifs sur l’asphalte.

Et si le bilan répressif des quatre jours n’est pas fourni, cela n’est pas dû au fait que les chauffards sont passés entre les mailles du filet mais bien que la présence très visible des militaires sur les routes a été dissuasive. Aucun accident n’a été constaté, ni désagréments nocturnes dans le secteur de la Tête de Chien, comme ce fut le cas dans le passé. « On comptabilise une dizaine d’infractions pour excès de vitesse, ce qui est raisonnable au regard du nombre de supercars. Et une dizaine d’autres infractions diverses, liste le commandant. Notre action et le discours offensif de la Principauté ont été entendus des deux côtés de la frontière. »

Des conducteurs de supercars contrôlés sur la route de la Turbie.
Des conducteurs de supercars contrôlés sur la route de la Turbie. C.D.

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