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Face à la vague de froid, le Mentonnais s'organise

Mis à jour le 28/02/2018 à 05:12 Publié le 28/02/2018 à 05:12
Les sans-abri de Menton trouvent refuge où ils le peuvent. Comme ici, à la gare.
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Face à la vague de froid, le Mentonnais s'organise

Les villes de Menton et de Roquebrune mettent tout en place pour aider les sans-abri. Dans l'arrière-pays, la neige a perturbé les routes et l'agriculture... Tous soumis à un phénomène inédit

Avec son microclimat à tendance subtropicale, la ville de Menton a bien du mal - dans l'imaginaire collectif - à rimer avec frimas. Même en plein cœur de l'hiver. Davantage habituée aux épisodes caniculaires, la cité du citron n'en demeure pas moins capable de réagir en cas de déclenchement de « plan grand froid ». Une mesure prise lundi par la préfecture des Alpes-Maritimes, en l'occurrence.

Si de telles alertes sont évidemment rares sur le secteur, les centres communaux d'action sociale (CCAS) de Menton et de Roquebrune - qui travaillent en partenariat - s'y préparent ainsi longtemps en avance. Dès septembre, souligne l'adjointe au maire de Roquebrune en charge des affaires sociales, Solange Bernard.

Le « plan grand froid» rarement déclenché

« Il s'agit d'être prêt si jamais le préfet donne des consignes en ce sens, explique l'élue. L'an dernier, le plan grand froid n'a pas été déclenché. D'autres années, il ne l'a été que pour quelques nuits. Il ne faut pas forcément que les températures soient négatives pour cela, un vent fort peut suffire. C'est aussi une question de ressenti...»

Reste que de l'avis de tous, un tel froid de loup n'avait pas été observé sur la Côte depuis bien longtemps. Pour faire face à une météo résolument capricieuse, diverses mesures ont ainsi été prises à destination des publics fragiles des deux communes riveraines. En premier lieu, le centre d'accueil de jour de Menton, situé dans le Suillet, bénéficie dans de telles conditions d'horaires étendus. Les personnes sans domicile stable peuvent s'y rendre jusqu'à 19 h 30 pour trouver chaleur et quiétude. Pour ce qui est de la nuit, où le froid est le plus mordant, un centre d'accueil est exceptionnellement proposé au gymnase Pierre Mazeaud de Menton. Disposant de vingt places.

Et si les équipes de l'aide humanitaire des pompiers, missionnées pour la maraude de lundi - « parce qu'il n'y avait personne d'autre pour s'en charger » (1) - ont dénombré une bonne trentaine de sans-abri tout le long de leur trajet, seule une dizaine d'entre eux a accepté de se rendre dans l'accueil d'urgence.

«La plupart des personnes que nous avons croisées ont refusé, commente Gérard Menta, responsable de l'antenne mentonnaise. Elles répondent qu'elles auront chaud ce soir mais que la galère reprendra demain. Alors elles estiment que ça ne sert à rien… » L'association avait malgré tout prévu un deuxième véhicule pour pouvoir conduire ceux qui le souhaitaient dans le refuge d'urgence, sur les hauteurs de Menton. Quant aux autres, hors de question de les laisser pour compte. À renfort de thé, de café et de viennoiseries - sans oublier le poulet et sa jardinière de légumes préparés par le cuistot - les bénévoles ont tout mis en œuvre pour rendre leurs heures passées dehors, en pleine caillante, un peu moins rudes.

Et si l'aide humanitaire des sapeurs pompiers vient en aide aux plus défavorisés à longueur d'année, Gérard Menta dit craindre la «colère» de ces derniers dans de telles conditions météorologiques extrêmes. «Ils se montrent parfois mécontents que des gens viennent les voir juste les jours où il fait froid...», glisse-t-il. Fervent défenseur de la création d'un accueil de nuit permanent sur la commune.

L'adjointe roquebrunoise Solange Bernard souligne de son côté que dans le cadre du plan grand froid, les deux polices municipales sont mobilisées pour «vérifier que les personnes qui ont refusé d'être hébergées ne rencontrent pas de gros problèmes». Et de conclure : «On ne peut pas les incarcérer, pas les forcer, mais on essaie de faire le maximum...»

«Ils ne sont pas sous tutelle...»

Même constat pour Marie-Laure Morgado, directrice adjointe du CCAS de Menton, qui constate que la plupart des SDS (sans domicile stable) préfèrent rester là où ils sont plutôt que de se rendre dans un accueil de nuit. «Ils ne sont pas sous tutelle et on se doit de respecter l'intégrité de l'Homme. On leur fait savoir qu'il y a une possibilité d'être hébergés, mais le choix leur revient», assure-t-elle. Soulignant que la grappe de personnes venue au centre d'accueil lundi était constituée de «gens de passage». Les «habitués» ayant préféré s'en sortir par leurs propres moyens. Comme à l'accoutumée.


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