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Et de trois : les salariés à nouveau dans les rues L’Hermitage et l’Hôtel de Paris priés de manifester en silence

Mis à jour le 18/10/2019 à 10:25 Publié le 18/10/2019 à 10:24
D’après la police, ils étaient 670 à manifester hier dans les rues de Monaco.

Et de trois : les salariés à nouveau dans les rues L’Hermitage et l’Hôtel de Paris priés de manifester en silence

Plus de 650 travailleurs ont défilé hier dans les rues de Monaco pour la troisième journée de mobilisation de l’année. Les revendications sont les mêmes, ils affirment qu’ils ne lâcheront rien

J’insiste bien, c’est la troisième mobilisation interprofessionnelle de cette année ! Ça fait bien longtemps qu’on n’a pas vu ça à Monaco. Peut-être même jamais ! » s’est exclamé Olivier Cardot, secrétaire général adjoint de l'Union des syndicats de Monaco (USM).

Ils étaient 670 salariés à défiler hier, selon la Sûreté publique. Ils étaient 600 en février dernier, et 800 en juin, selon les mêmes comptes.

Trois mobilisations, comme autant de revendications principales. Voire historiques.

Ils réclament un salaire minimum à 2 250 euros brut, ce qui correspond à un « meilleur salaire pour vivre et se loger décemment dans une des régions les plus chères de France ».

Ils veulent également que les salariés qui partent à la retraite continuent de bénéficier de la couverture maladie des Caisses sociales de Monaco, y compris pour ceux qui n’ont pas les moyens d’habiter en Principauté.

La troisième revendication, c’est l’abolition de l’article 6, qui permet le licenciement sans motif.

« Ces trois revendications, aujourd’hui, ne sont pas satisfaites. Et tant qu’elles ne le seront pas, nous continuerons les actions. Qu’ils nous entendent bien derrière les vitres au Ministère d’État, a tempêté Olivier Cardot. Encore une fois, vous avez répondu présents parce que la pression et la souffrance au travail sont intolérables. Parce que votre salaire est bloqué, parce qu’à la retraite, vous ne cessez de perdre du pouvoir d’achat, parce que vos emplois sont menacés. Pour que le gouvernement et le patronat se rendent compte qu’ils sont dans l’erreur de sous-estimer votre colère. »

Le cortège parti du stade Louis-II hier après-midi a fait une halte devant l’usine Foreplast, anciennement Mecaplast, fleuron historique de l’industrie monégasque, et qui a été l’objet d’un important conflit social cet été. Ils y ont déposé un cercueil, symbolisant la mort de l’industrie à Monaco.

Diego, représentant du syndicat chimie plastique, a pris la parole : « Si je prends la parole, c’est pour dire stop à la fermeture des usines de Monaco. Si cette usine ferme, c’est qu’elle ne faisait pas assez de profit pour les actionnaires, malgré le fait qu’elle était rentable. Toujours plus de profit, au détriment des salariés. Ça ne peut plus continuer. »

Le problème des manifestations, au-delà de faire mauvais genre, c’est que cela fait du bruit. Or, hier matin, une cinquantaine de salariés de l’Hermitage et de l’Hôtel de Paris étaient dans la rue pour revendiquer.

Au menu, d’après Michel Alaux, un délégué syndical présent sur place, une demande d’augmentation de salaires et d’amélioration des conditions de travail. « Certes, les salaires augmentent chaque année, mais moins vite que dans le pays voisin. C’est de moins en moins intéressant de travailler à Monaco, on a de plus en plus de mal à trouver du personnel à certains postes, comme en cuisine par exemple. »

Toutes les crispations se sont traduites par cette manifestation, mais il y a eu un couac. « C’est tendu ce matin, parce que ça ne plaît pas du tout à la direction qu’il y ait un mouvement social devant son établissement qui accueille des chefs d’État et des clients fortunés à Monaco. Ce matin, le DRH, Jean-François Mariotte, est arrivé et a rabroué les salariés mobilisés qui faisaient du bruit avec les vuvuzelas. On nous demande donc de ne pas faire de bruit, parce que cela pourrait être caractérisé par la Sûreté publique comme un trouble à l’ordre public, et il pourrait y avoir des interpellations. Je suis choqué qu’on muselle des manifestants qui sont en colère. On interdit aux manifestants de faire du bruit, ça ne s’est jamais vu », lance Olivier Cardot, secrétaire général adjoint de l’USM.

Du côté de la SBM, Jean-François Mariotte, le directeur des ressources humaines, tempère ces propos : « Nous avions un accord avec les représentants du personnel pour la manifestation, qui se déroulait devant l’entrée du personnel, sur le territoire privé de la SBM, pour que tout se passe dans le calme. Je ne suis absolument pas opposé aux manifestations. Mais quand on m’a alerté que les vuvuzelas étaient de sortie, je suis venu voir les salariés pour leur dire qu’ils ne respectaient pas notre deal. Alors, je leur ai demandé d’aller sur la voie publique, quelques mètres plus loin. Certes, ça fait toujours autant de bruit, mais au moins ça respecte notre accord. Là, la police est arrivée parce que la manifestation n’était pas déclarée et qu’ils faisaient trop de bruit ; je leur ai proposé de revenir devant l’entrée de service pour qu’ils puissent poursuivre, mais dans le calme. Je n’ai pas appelé les forces de l’ordre, ça aurait été contre-productif pour le dialogue social, surtout un jour de manifestation nationale. »

La Fédération syndicale mondiale, à laquelle est affiliée l’Union des syndicats de Monaco, était invitée hier à participer à la mobilisation. George Mavrikos, le secrétaire général, et Nikos Théodorakis, membre du bureau de la fédération étaient donc présents parmi les manifestants, tant hier matin à l’hôtel Hermitage qu’hier après-midi. Cette organisation, fondée en 1945, revendique 97 millions d’adhérents dans le monde. « Nous sommes ici pour soutenir l’USM qui milite pour vos problèmes. Nous exprimons notre soutien et notre solidarité internationale pour vous aujourd’hui. Pour toutes vos revendications, vous n’êtes pas seuls, nous sommes avec vous », a déclaré George Mavrikos aux salariés des hôtels de la SBM.

« Dans le monde entier, les problèmes sont les mêmes pour le salaire, la couverture sociale… C’est partout pareil. C’est pour cela que nous pensons qu’il faut des échanges d’information, et une coordination mondiale », a poursuivi le secrétaire général.

« Le secteur de l’hôtellerie emploie beaucoup de jeunes, dynamiques, souriant, sexy, qui donnent une bonne image de leurs établissements. Mais ce sont aussi ceux que l’on paie le moins. C’est préoccupant, c’est aussi pour cela que nous sommes venus » détaille-t-il en aparté. Pour autant, ils se défendent de juger les rapports sociaux à Monaco : « Nous ne sommes pas là pour donner des leçons, nous qui venons de l’extérieur. Mais les problèmes rencontrés ici, sont les mêmes que partout dans le monde. »

Olivier Cardot l’a promis, ils continueront de manifester tant qu’ils n’auront pas obtenu gain de cause.
Le cortège s’est arrêté devant l’usine Foreplast, au cœur d’un conflit social cet été. Ils ont déposé un cercueil représentant l’industrie monégasque.
Les retraités manifestaient pour le maintien aux caisses sociales.
L.M.
L.M.
George Mavrikos est le secrétaire général de la Fédération syndicale mondiale.
George Mavrikos est le secrétaire général de la Fédération syndicale mondiale. L.M.

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