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En présence du Souverain, le Conseil national commémore le 100e anniversaire de la disparition du prince Albert-Ier

Le prince Albert II était l’hôte du président Stéphane Valeri mardi soir dans l’hémicycle. La bibliothèque de la Haute Assemblée a été baptisée du nom du trisaïeul du Souverain.

Joëlle Deviras Publié le 27/01/2022 à 13:30, mis à jour le 27/01/2022 à 14:48
Le Souverain était l’hôte du Conseil national, mardi soir, à l’occasion de la commémoration des cent ans de la mort du prince Albert Ier et des 110 ans de la première constitution monégasque. Jean-François Ottonello

La présence du Souverain au Conseil national est un événement rare. Mardi soir, le prince Albert II fut l’hôte du président Stéphane Valeri dans le cadre de la célébration du Centenaire du Prince Albert Ier et des 110 ans du passage de la monarchie absolue vers la monarchie constitutionnelle. La cérémonie a donné occasion de rappeler l’histoire des forces institutionnelles du pays, tel que voulu par le trisaïeul du Souverain.

Une bibliothèque baptisée Prince Albert-Ier

Puis la bibliothèque du Conseil national a été baptisée par le prince Albert II du nom de son trisaïeul dont un portrait a été dévoilé à l’entrée de la pièce.

Aux côtés du ministre d’État et des membres du gouvernement, devant l’archevêque, le président du Conseil de la couronne, le secrétaire d’État à la Justice, le secrétaire d’État, le président du Tribunal suprême, le maire, les anciens présidents du Conseil national, les conseillères et conseillers nationaux et les hautes personnalités de la Principauté, le président du Conseil national a rappelé l’apport du prince Albert-Ier aux Institutions de la Principauté, par l’octroi de la première Constitution et donc par la fondation du Conseil national.

"L’extraordinaire œuvre du Prince Albert Ier"

"Ces célébrations du centenaire rappellent à tous l’extraordinaire œuvre du prince Albert-Ier, a rappelé Stéphane Valeri devant le Prince. (...) Son parcours force l’admiration et dresse le portrait d’un grand homme qui avait, il y a plus d’un siècle, une vision d’une modernité incroyable et dont, Monseigneur, vous avez repris le flambeau, pour affronter les grands enjeux qui aujourd’hui, plus que jamais, se présentent à notre monde".

Et le président du Conseil national de citer les paroles de Georges Grinda, qui fut, entre autres fonctions, secrétaire général du Conseil national: "Le prince Albert Ier se préoccupe également de l’économie du pays et du bien-être de sa population. Il accepte de supprimer des taxes à la demande de ses sujets. Il prend des mesures pour soulager les pauvres gens et réorganiser le bureau de bienfaisance. Il crée l’hôpital et le lycée. Il manifeste son intérêt pour le progrès social en apportant une imminente contribution personnelle à la création des organes de la Mutualité".

 

L’équilibre des Institutions

Stéphane Valeri a également rappelé l’évolution de la Constitution de 1911 en 1945, 1962 et 2002.

"Nous sommes convaincus que l’équilibre de nos Institutions, tel que nous le pratiquons aujourd’hui, constitue le bon équilibre pour Monaco. Il consacre la prééminence de la personne du Prince et son rôle essentiel en tant que chef de l’État. Il implique parallèlement, pour l’élaboration de la loi, un accord des volontés entre le gouvernement, représentant le Prince, et le Conseil national, élu par les Monégasques. Cet accord des volontés découle aussi naturellement de ce qui est notre objectif commun : l’intérêt général du pays."

C’est ensuite le professeur Dominique Chagnollaud. Le président du Cercle des Constitutionnalistes, professeur à l’Université Panthéon-Assas à Paris, qui a pris la parole. Il a donné des éléments du contexte historique. "Cette monarchie instituée par la libre volonté du Prince ne ressemble à aucune autre, tant ses principes sont inhérents à ce que j’appelle l’identité constitutionnelle monégasque, ce dans un pays comme le rappelle l’hymne national (...) où les Monégasques sont liés depuis toujours à leurs Princes par une union personnelle."

Et s’adressant au prince Albert II: "Le Prince demeure depuis 1911, le fondement constitutionnel unique des trois pouvoirs: exécutif, législatif et judiciaire, dont la Constitution a, au demeurant, garanti la séparation. Cet héritage, nous le devons à votre ancêtre, Albert Ier."

Le Souverain prit enfin la parole. "Nous célébrons, en quelque sorte, un ancêtre commun. De fait et comme chacun sait, le Prince Albert Ier est mon trisaïeul ; mais il est aussi (...) le père fondateur de votre institution."

 

Et le Prince de rappeler, à son tour, le "précieux équilibre entre l’élection au suffrage universel des représentants des Monégasques, d’une part, et l’autorité souveraine, fédératrice et inaltérable, du Prince, d’autre part. Dans un monde en proie aux incertitudes, cet équilibre a été le garant de la stabilité de notre État."

Cette commémoration a été une occasion exceptionnelle d’écouter le Prince rendant hommage à son trisaïeul et analysant l’équilibre institutionnel de son pays. "(...) On oublie trop souvent qu’en plus d’avoir donné à Monaco, selon sa propre expression, ‘‘un relief hors de mesure avec les limites de son territoire’’, le prince Albert Ier a aussi été un souverain de terrain, engagé pour ses sujets et doté d’une profonde vision modernisatrice du pays."

Un prince qui a doté Monaco certes d’une constitution, mais aussi d’un hôpital et d’un lycée.

Le "pas vers l’autre" dans le concret

Et "ce triptyque demeure ô combien d’actualité. Ainsi, un nouvel hôpital est en chantier en vue de garantir un standard toujours plus élevé de soins. Pour ce qui est de l’éducation, l’investissement continu de l’État garantit l’avenir de notre communauté nationale en renforçant les qualifications de sa jeunesse. Quant à l’ordre constitutionnel, il a su perdurer sereinement, fort de l’harmonie entre les titulaires des trois fonctions d’État dont la séparation a été assurée par la Constitution de 1911. A ce sujet, qu’il me soit permis de me féliciter avec vous de la teneur concrète que vous avez su, avec mon gouvernement, donner à la doctrine dite du ‘‘pas vers l’autre’’ que j’avais exposée devant votre Assemblée, le 23 juin 2006."

Offre numérique MM+

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