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En première ligne ou en renfort: comment les hôpitaux des Alpes-Maritimes ont géré la catastrophe de la tempête Alex

Mis à jour le 09/10/2020 à 08:21 Publié le 09/10/2020 à 07:06
Selon Charles Guépratte, directeur général du CHU de Nice, on entre aujourd’hui dans une deuxième phase. « La gestion de la catastrophe, très intense au cours des premiers jours, tend à se normaliser. On a aujourd’hui une plus grande visibilité qu’à 12 ou 24 heures… ».

Selon Charles Guépratte, directeur général du CHU de Nice, on entre aujourd’hui dans une deuxième phase. « La gestion de la catastrophe, très intense au cours des premiers jours, tend à se normaliser. On a aujourd’hui une plus grande visibilité qu’à 12 ou 24 heures… ». doc Ax.T.

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En première ligne ou en renfort: comment les hôpitaux des Alpes-Maritimes ont géré la catastrophe de la tempête Alex

Qu’ils soient en première ligne, comme le CHU de Nice, ou en renfort, tous les établissements hospitaliers sont mobilisés pour prendre en charge les patients dans les zones sinistrées.

Mobilisé depuis samedi, avec l’évacuation par les équipes locales des résidents de l’Ehpad Saint-Lazare et leur transfert vers l’hôpital de Tende, le centre hospitalier universitaire de Nice, établissement support de tous les hôpitaux publics azuréens, reste en première ligne dans la gestion de la crise. "On continue d’amener les moyens permettant à l’hôpital de Tende de fonctionner à peu près normalement, et on va alléger la charge de travail par des évacuations ciblées qui permettront d’ici ce vendredi d’avoir 60 patients en moins sur ce site. Ces transferts se feront vers l’ensemble des établissements du GHT (Groupement Hospitalier de Territoire des Alpes-Maritimes) est composé de Centre Hospitalier Universitaire : le CHU de Nice (établissement support), des 4 Centres Hospitaliers : Antibes, Cannes, Grasse et Menton et de 7 Centres Hospitaliers de proximité : Breil-sur-Roya, Entrevaux, Puget-Théniers, les hôpitaux de La Vésubie, Saint-Maur de Saint-Étienne-de-Tinée, Sospel, Saint-Lazare de Tende et d’un Pôle Santé : Vallauris-Golfe Juan) pour éviter, dans le contexte de Covid, d’augmenter les besoins en lits du CHU de Nice", résume Charles Guépratte, son directeur général.

Avec soixante patients en moins, le site de Tende n’accueillera “plus que” 190 patients, un chiffre toujours important, mais plus conforme à la jauge capacitaire de cet hôpital.

60 malades transférés

Mais il s’agit aussi, avec ce transfert, de mettre des dizaines de patients en sécurité, rappelle le patron du CHU.

"Tous ces patients ont en commun d’avoir régulièrement recours à des plateaux techniques, comme des structures de dialyse par exemple. La situation ne leur permet toujours pas d’accéder aux hôpitaux azuréens, il est important de les transférer afin qu’ils puissent être pris en charge à proximité des équipements dont ils dépendent."

Pendant ce temps, et chaque jour depuis dimanche dernier, du personnel des hôpitaux niçois (médecins, infirmiers, équipes logistiques, cuisiniers, aides-soignants, directeurs…) intervient à Tende.

Soit une vingtaine de personnes. "On a organisé une rotation. Chaque jour, une dizaine de professionnels du CHU de Nice monte à bord des hélicos, en direction de Tende, pendant qu’une dizaine d’autres rejoint Nice, après avoir porté main-forte aux équipes de Tende."

Des malades qui décompensent

Le personnel des autres hôpitaux azuréens sera bientôt mis lui aussi à contribution : "Nos collègues du GHT ont établi une liste de leurs professionnels de santé prêts à partir ; nous allons les solliciter, notamment pour venir en renfort des autres vallées. S’il faut aider la Tinée ou la Vésubie - la situation à Tende n’est pas isolée - le CHU ne peut être seul à faire face."

Dans quel état de santé se trouvent aujourd’hui toutes les personnes hospitalisées suite aux intempéries ?

Très peu d’entre elles souffrent de pathologies directement liées à la catastrophe, selon le directeur général du CHU. "Les interventions de type médecine de catastrophe ont été très rares. Par contre, beaucoup plus nombreux sont les habitants des vallées atteints de maladies chroniques qui, dans ce contexte de stress intense, ont décompensé, et ont été victimes d’accidents médicaux, de type infarctus, ayant justifié un transfert par le Samu vers l’hôpital…"

Lenval à l’écoute des enfants choqués

La Cellule d’Urgence Médico Psychologique (CUMP) déclenchée le week-end dernier auprès des sinistrés a mobilisé aussi les professionnels de la fondation Lenval. La situation d’urgence que traversent les familles de l’arrière-pays nécessite un soutien psychologique adapté.

Dès samedi, le Centre d’Évaluation Pédiatrique du Psychotraumatisme (CE2P) est allé à la rencontre des enfants rapatriés en urgence à l’aéroport de Nice.

Huit professionnels de l’hôpital universitaire pédiatrique Lenval, sous la responsabilité de Michèle Battista, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent, spécialisés dans les risques psychotraumatiques sont à pied d’œuvre.

Ils ont déjà rencontré une cinquantaine de jeunes, durement éprouvés par la catastrophe.

"Nous sommes face à une situation particulièrement traumatisante. Les enfants ont été les témoins des violences météorologiques et subissent également des situations anxiogènes. Au-delà des deuils et des blessures, devoir quitter leur domicile, abandonner leurs affaires personnelles, ne pas pouvoir retourner dans leurs établissements scolaires - qui parfois ont disparu - et reprendre leurs habitudes sont quelques exemples des situations douloureuses tout autant que la peur qu’ils ont ressentie pendant ce terrible week-end. Il est important de les accompagner et d’apporter tout le soutien nécessaire facilitant la mobilisation des résiliences", résume le Dr Michèle Battista.

L’équipe reste en alerte afin d’agir dans les meilleurs délais dès que des enfants, adolescents et/ou parents sont identifiés et en situation d’urgence.

Un numéro de téléphone est mis à disposition de 9 heures à 18 heures (04.92.03.00.66), les Centres Médico-Psychologiques (CMP) des différents secteurs sont eux aussi mobilisés afin d’accueillir les familles.

La Palmosa, en soutien logistique

Le Centre hospitalier de La Palmosa à Menton a prêté main-forte aux établissements de santé victimes des intempéries dans la Roya.

Parmi les nombreuses actions, il est intervenu auprès des personnes sinistrées qui ont besoin de soins. "Nous assurons une liaison dans l’attente du rétablissement de la situation, résume la directrice Odile Capitani-Dollo. Il s’agit d’individus qui n’étaient pas hospitalisés mais qui doivent bénéficier de soins quotidiens. Par ailleurs, nous assurons la prestation pharmacie à Sospel et Breil."

L’établissement mentonnais s’est aussi mobilisé pour venir en aide aux professionnels de santé habitant dans la vallée de la Roya.

C’est lui également qui, depuis le début de la semaine et jusqu’à dimanche au moins, assure la restauration pour les aînés de l’Ehpad et des deux maisons de retraites de Breil. "Notre service restauration les livre en liaison froide tous les jours, le temps que les équipements soient nettoyés et remis en service sur place", précise Odile Capitani-Dollo.

Beaucoup d’élèves de l’institut de formation d’aides-soignants habitent dans la vallée. Or, ils sont actuellement en stage. "Nous avons revu leurs affectations en fonction de leur domicile et de leur état psychologique. Certains souhaitaient s’éloigner de la vallée et d’autres au contraire y aller pour prêter main-forte".

Enfin, la direction et les représentants du personnel ont validé le fait qu’ils interviendraient en soutien logistique dans la Roya dans un second temps - lorsque le besoin s’en fera sentir.

Et d’ici 15 jours, l’établissement ouvrira une collecte pour récolter les dons lorsqu’ils commenceront à s’épuiser via d’autres circuits.

Le CHPG prêt à intervenir

Le Centre hospitalier Princesse-Grace (CHPG) est en liaison étroite avec les établissements de santé de la Roya, l’ARS (Agence régionale de santé) et le CHU de Nice.

Dès ce week-end, il a proposé son aide. La directrice de l’hôpital, Benoîte de Sevelinges, ainsi que Laure Santori, directrice adjointe du CHPG et directrice du Centre Rainier III (la filière gérontologique), sont en contact avec l’hôpital de Tende et l’Ehpad de Breil. L’objectif : optimiser les renforts.

Le CHPG a par ailleurs lancé un appel à destination des aides-soignants et infirmiers récemment retraités.

Ceux qui le souhaitent sont ainsi invités à donner un coup de main pour relayer les équipes de soignants de la Roya qui ont besoin de se reposer un peu.

Vous pouvez retrouver les informations sur la page Facebook du CHPG. Si vous êtes concernés, vous pouvez envoyer un mail à dirsoins@chpg.mc en précisant vos nom, prénom et coordonnées téléphoniques.

L’hôpital monégasque a par ailleurs apporté son concours à la Croix-Rouge Monégasque (CRM) en se constituant point de collecte pour les dons qui seront ensuite acheminés dans la Roya.

Si vous souhaitez participer et obtenir plus d’informations, contactez la CRM au 00377.97.97.68.00.


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